L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les donneurs de sang dénoncent une escroquerie

Organisations des donneurs de sang

L'ADOSAB dénonce une escroquerie


Le milieu des donneurs de sang du Burkina Faso est encore dans la tourmente. Un responsable d'association oeuvrant dans le domaine serait aux arrêts à la police pour escroquerie et autres usages de faux. A travers l'interview suivante, le président de l'Association des donneurs de sang bénévoles du Burkina, (ADOSAB), Mathias Bayili, apporte son éclairage sur cette affaire et aborde certains aspects de la vie de sa structure.


Après les événements qui ont marqué la vie de l'ADOSAB ces dernières années, comment se porte-t-elle aujourd'hui ?


Effectivement, en fin 2003- début 2004, l'association avait connu une crise due à un mauvais élément du nom de Jean-Bosco Zoundi qui avait réussi à s'infiltrer dans notre section de Koudougou. Avec ce dernier, j'avoue que cela n'a pas été facile pour nous. Il a falsifié notre récépissé pour avoir un financement d'un montant de treize millions quatre cent vingt mille (13 420 000) F CFA auprès de la fondation Jean-Paul II. Nous l'avons poursuivi en justice et actuellement le dossier est à la Cour d'appel, et le peu de matériel qui a été saisi se trouve à la justice de Koudougou. Donc nous pouvons dire que ce dossier tire déjà à sa fin. Cependant, nous avons aussi été secoués, au mois de juillet dernier, par le décès de notre marraine, Mme Abba-Tou Irène, une brave dame qui s'est beaucoup battue pour l'ADOSAB. On est donc en train de se remettre de toutes ces émotions, et, dans l'ensemble, l'ADOSAB se porte bien. Nous essayons d'aller de l'avant. Nous avons des sympathisants, des personnes qui nous assistent actuellement, et je crois que le train a repris les rails.


Les bruits de la ville font état de ce que le milieu des donneurs de sang serait affecté par une autre crise avec, notamment, l'arrestation d'un responsable par la police. Qu'en est-il exactement?


Depuis la deuxième semaine du mois d'avril, Wenceslas Télesphore Gnoulla a été mis aux arrêts par la police de Nongr Massom suite à une escroquerie de deux portables auprès de Mme Assita Ouédraogo. Lorsque cette dernière a porté plainte, en remontant la filière, il a été découvert beaucoup de plaignants pour escroquerie : des commerçants, des imprimeurs, etc. A vrai dire, les donneurs de sang ont eu leur image sérieusement ternie par cette affaire. Lorsque nous-même allons faire des impressions, les gens voient en nous des escrocs. Le sieur Gnoulla a deux associations avec un seul récépissé. C'est-à-dire qu'il a une association qu'on appelle le Club des propagandistes du don de sang (CPDS) dont il est le président, et l'Association des donneurs burkinabè de sang (ADBS) dont il est également le président. Alors, ces deux associations, malheureusement, ont un seul récépissé. C'est ce que nous ne comprenons pas. Le récépissé, c'est le n° 2002-562/MATD/SG/DGAT/DCPAP du 31 décembre 2002. Nous ne savons pas s'il a eu ce récépissé pour ces deux associations auprès du MATD, ou bien s'il lui-même a libéré son génie créateur. Toujours est-il que, actuellement, l'image des donneurs de sang a pris un sérieux coup. Si bien que les bruits courent, les gens ne comprennent pas ce qui se passe. Nous recevons des coups de fils ici à notre siège, et les gens disent que le président des donneurs de sang a des problèmes. Je tiens à dire que le président des donneurs de sang de l'ADOSAB n'a aucun problème, il se porte très bien et circule librement. C'est plutôt la personne de Wenceslas Gnoulla qui a escroqué des honnêtes citoyens et qui se retrouve aujourd'hui entre les mains de la Justice. Nous déplorons cet état de fait mais nous n'avons vraiment pas le choix.


Récemment la presse nationale faisait état d'un cri de détresse du CNTS qui n'aurait plus de sang pour les malades. Qu'envisage l'ADOSAB face à une telle situation ?

 

Comme je l'ai dit, après le décès de notre marraine, nos moyens étaient très limités. Toute chose qui a fait que notre travail aussi était très réduit. Aujourd'hui, grâce au concours de notre nouvelle marraine, et de Lansiné Diawara qui est un brave monsieur, qui a épongé une bonne partie de nos dettes et a pris en charge le loyer de notre association, tout comme le salaire de la secrétaire, l'espoir renaît. Nous sommes en train d'élaborer un vaste programme dans les services, les préfectures, les institutions pour parer à la saison des pluies. D'ici là, nous allons démarrer avec le CNTS, et nous prévoyons un programme non stop jusqu'en septembre. Nous espérons aussi recueillir de bonnes poches de sang pour les malades.


Au regard de tout ce qui précède, avez-vous un appel à lancer à l'endroit des populations ?


A l'endroit des populations, je dirai qu'il ne faut pas se décourager. Il y a des choses qui arrivent contre lesquelles on ne peut rien. Comme il y a la liberté d'association, n'importe qui peut créer une association et en faire ce qu'il veut. La preuve est que M. Zoundi, après avoir été arrêté, a créé une association appelée "SOS sang", et il a eu un récépissé. Il peut encore faire des gaffes alors que le dossier avec l'ADOSAB n'est pas encore apuré. C'est pour dire à la population de faire très attention à ceux qui créent les associations à tout bout de champ, parce que le domaine du sang est vierge. Le CNTS a été créé en 2002 et est fonctionnel depuis deux ans. En attendant des textes pour bien réguler le secteur, tout est permis, des gens de moralité douteuse peuvent créer des associations fantoches pour tenter d'escroquer les populations. La population doit rester très vigilante et savoir à qui elle a affaire quand il s'agit de don de sang.

Propos recueillis par Ladji BAMA

Le Pays du 29 mai 2007



29/05/2007
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