L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les intérêts français vont trinquer à Pékin

Manifestations contre la flamme olympique

Les intérêts français vont trinquer à Pékin

C’est une grosse supercherie de claironner sur tous les toits que les Jeux olympiques sont uniquement sportifs. Ceux qui ne le savaient pas le savent maintenant. Et il aura fallu que leur organisation soit confiée à la Chine pour que le monde entier découvre les dimensions économiques, mais surtout politiques de cette manifestation sportive mondiale.

Pour cela, il n’y a qu’à voir les pressions de toutes sortes qui s’exercent depuis sur la Chine pour la contraindre à desserrer un peu l’étau autour du Tibet et à faire des efforts dans le respect des droits humains.

Terre des droits de l’homme, la France s’est faite forte de donner la conduite à tenir face à la Chine à travers le parcours chaotique à Paris de la flamme olympique. Les violentes manifestations ainsi que les atteintes physiques contre cette flamme, qui a été éteinte par deux fois lors de son passage à Paris sont encore vivaces dans les esprits.

Des comportements que la Chine a jugés intolérables. Depuis, on s’attendait à la réaction de Pékin. Une réaction qui ne tarda pas à venir. D’abord du côté de la population chinoise. En fait, depuis quelques jours, les Chinois s’envoient des messages sur les téléphones portables, appelant au boycott des magasins Carrefour, ce géant de la distribution française, qui compte près de 400 magasins en Chine.

Et l’argument utilisé fait mouche, car ils accusent très ouvertement « les principaux actionnaires de Carrefour de soutenir financièrement le Dalaï lama », la bête noire de Pékin. Cet appel soutient que ces actionnaires ont « fait don de beaucoup d’argent au Dalaï lama. Et si l’on ajoute le soutien des Français aux séparatistes tibétains durant le passage de la flamme olympique à Paris, il n’y a vraiment aucune raison de donner de l’argent aux Français en achetant leurs marchandises ». Côté gouvernemental, la Chine s’abstient de critiquer ou de condamner les appels au boycott des produits français.

Mais à l’évidence, Pékin s’en délecte, celle qui, depuis le début des manifestations contre la flamme olympique ainsi que les appels, de par le monde, au boycott des J.O., a toujours laissé entendre que « tous ceux qui laisseront leur chaise vide à l’ouverture seront punis ».

Des paroles qui sèment la panique dans les capitales occidentales, notamment à Paris, où règne une cacophonie à propos de l’éventuelle participation de Nicolas Sarkozy à l’ouverture des jeux. A ce propos, entre les discours contradictoires de Rama Yade, de Bernard Laporte et de Bernard Kouchner, on se rend compte que Paris ne sait pas sur quel pied courir, pardon danser.

Comme on le voit, Pékin a aussi ses moyens de rétorsion contre tous ceux qui se comportent comme une entrave au parcours de la flamme et à la bonne tenue des jeux. De fait, en maniant aussi le bâton économique, la Chine a de quoi tenir en laisse et refroidir les ardeurs de tous les Etats s’excitant contre elle au nom des droits humains.

Les marchés et contrats juteux de ce pays-continent en plein essor économique, véritable atelier du monde, aiguisent l’appétit des entreprises de tous les pays développés. Alors la real economic prend vite le dessus sur les grands principes humains et politiques. En effet, c’est connu, les droits de l’homme n’ont jamais rempli le ventre de quelqu’un ou donné de marché à une société.

C’est ce que la société civile française n’a pas compris, en s’en prenant violemment à une pauvre flamme… olympique. Une agitation qui risque fort de coûter cher aux intérêts français en Chine.

On le voit bien, les dirigeants occidentaux ont trouvé en face d’eux un répondant de taille. Et les voilà donc obligés, malgré la pression de leur opinion publique, de mettre de l’eau dans leur vin.

Et c’est ce qu’on n’aura pas cessé de dénoncer, cette appréciation ou considération à géométrie variable du respect des droits de l’homme et de l’observation de la bonne gouvernance, pourtant si chers à l’Occident. La Chine aurait été un de nos pays miséreux, sans aucun intérêt économique, que de Londres à Paris en passant par Berlin, Washington et Tokyo, ils auraient rué dans les brancards, réclamé à cor et à cri et même obtenu le retrait de l’organisation des jeux à l’Etat voyou en question.

Mais quand cet Etat s’appelle la Chine et fait une croissance économique à deux chiffres, les donneurs de leçons sont prêts à faire amende honorable pour bénéficier des contrats. Quant au respect des droits de l’homme, on repassera.

San Evariste Barro

L’Observateur Paalga du 17 avril 2008



16/04/2008
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