L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Les "mères courage" ont de sérieux problèmes... d'entretien

Service d'entretien et de nettoyage

Les "mères courage" ont de sérieux problèmes... d'entretien

 

L'affaire qui oppose la patronne du service d'entretien et de nettoyage, Valérie Sanou, et ses employées, au sujet de salaires impayés, se poursuit.

En effet, le 28 mars dernier, plusieurs dizaines de femmes dudit service, avec à leur tête, des responsables syndicaux de l'UGMB, et bien entendu Mme Sanou, étaient à l'Inspection du travail. Les échanges de 3 heures entre les parties n'ont pas abouti et il faut attendre le mercredi prochain pour connaître l'issue de ce qu'on appelle crise entre Mme Sanou et ses "femmes".

 

Informés de la présence massive de femmes dans l'enceinte de la Bourse du travail de Ouagadougou, un peu avant 9 heures, mercredi dernier, nous nous sommes rendu immédiatement sur les lieux. On se serait cru dans une fourmilière, tellement il y avait du monde ; des hommes, il fallait fouiller pour en trouver, ils étaient rares dans la cour de la Bourse du travail.

Les femmes étaient aussi en grand nombre dans la salle de réunions de ce lieu mythique des syndicats au Burkina.

Quelques minutes plus tard, on apprend qu'il y a une rencontre à la direction de l'Inspection du travail. Ces femmes employées par le Service d'entretien et de nettoyage de Mme Valérie Sanou travaillent à rendre propre certains établissements scolaires de la ville de Ouagadougou, et cela, sans avoir perçu de salaire depuis environ 6 mois.

Le désarroi se lisait sur le visage de ces bonnes dames. Certaines étaient même nerveuses et ne disaient pas du bien de leur patronne. Et voulant régler cette affaire de façon citoyenne, "les femmes" de Mme Sanou décident donc de se confier à l'Union des gens de maison du Burkina (UGMB).

Une première rencontre qui a été arbitrée par l'Inspection du travail dirigée par Mme Colette Lefèbvre a déjà eu lieu le mercredi 21 mars dernier, mais sans qu'on parvienne à un dénouement heureux.

Le mercredi 28 mars 2007 donc, soit une semaine après le premier round des discussions entre l'Inspection, les femmes, leur employeur et le syndicat, on assistait à un  deuxième round des débats sur l'affaire de salaires impayés. Il y a eu encore foule du côté de la direction de l'Inspection du travail ; celle-ci n'étant pas loin de la Bourse du travail, les femmes s'y sont rendues à pied.

A l'ordre du jour de ce face-à-face, la question d'un contrat de nettoyage avec les écoles Gueswendbala ; une liste d'établissements que devrait fournir Mme Sanou à l'Inspection du travail ; des reçus de 15 000 F et 7 500 FCFA portant la mention non remboursable (ces sommes représenteraient des frais d'inscription dont doit s'acquitter chaque femme qui désire faire partie du service d'entretien et de nettoyage) ; et enfin, l'épineuse question de salaires que les nettoyeuses n'ont pas encore perçus.

Cette histoire de salaires impayés, à en juger par les échanges de mercredi dernier, était prévisible.

Car, l'initiatrice du projet d'entretien et de nettoyage, Mme Valérie Sanou, a voulu partir du "néant" pour promettre des salaires de 20 000 francs à des gens.

Pour faire face aux salaires, Mme Sanou comptait sur la contribution de parents d'élèves, en attendant d'hypothétiques financements de généreux bailleurs de fonds.

Depuis, les "mères courage" s'échinent sur le terrain sans cette manne. Et pour certaines d'entre elles, cela dure depuis octobre 2006. Sur la question des salaires, l'Inspection du travail est formel :"pas de travail sans travail".

En clair, si les femmes ont travaillé, elles doivent être payées. Combien sont-elles exactement les nettoyeuses à qui  le service d'entretien doit de l'argent au titre de salaire ?

Le Syndicat des gens de maison du Burkina, qui défend les intérêts matériels et moraux de ces femmes, a fait état de 1 648 nettoyeuses pour la seule ville de Ouagadougou. Et toujours selon les estimations de l'UGMB, la somme à verser serait de 150 475  000 FCFA. Mais ce chiffre est provisoire, car des femmes qui n'étaient pas sur la liste devaient se faire recenser afin qu'on ait une idée exacte du montant total.

Et l'Inspection du travail, sous la direction  de Mme Colette Lefèbvre d'inviter les protagonistes à un troisième round la semaine prochaine.

 

Agnan Kayorgo

L'Observateur Paalga du 29 mars 2007



29/03/2007
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