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Mévente de sucre : Les travailleurs de la SOSUCO insatisfaits...

Mévente de sucre

Les travailleurs de la SOSUCO insatisfaits notent cependant des avancées

 

Le jeudi 7 février 2008, nous avons reçu la visite des secrétaires généraux des centrales syndicales et syndicats autonomes de la SOSUCO. Abdoulaye Tiala de la CGT-B, Amadou Diao de la CSB- FESBACI, Boubacar Ouattara de l’ONSL, et Luc Coulibaly de l’USTB-SYNCAS, sont venus exposer le bilan des activités par eux ménées aux temps forts de la mévente du sucre et donner leurs appréciations sur la réaction du gouvernement et du chef de l’Etat.

 

Bilan de actions menées

 

"Depuis deux mois bientôt, nous avons entrepris des démarches visant à attirer l’attention des nos autorités sur ce que pourrait entraîner cette mévente pour la SOSUCO. C’est ainsi que courant décembre, nous avons rencontré à Ouagadougou les autorités en charge du ministère du Commerce et à mi-janvier, nous avons touché les autorités administratives, coutumières et religieuses des Cascades, puis nous avons organisé une marche de protestation contre la commercialisation sauvage du sucre. Aujourd’hui, le bilan que nous tirons est positif. La marche s’est déroulée sans débordement et depuis quelques jours, nous voyons des camions rentrer à SOSUCO pour prendre du sucre. Même si cela n’est pas encore au rythme que nous aurions souhaité, nous pouvons dire qu’il y a un changement. Toutefois, nous avons toujours du sucre entreposé dans la cour alors que nous ne sommes qu’à la moitié de notre production annuelle. Nous nous demandons où allons-nous stocker le reste de la production. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut toujours attirer l’attention des autorités. Déjà, nous apprenons que le ministère du Commerce a bloqué trois mille tonnes de sucre d’un commerçant qui, en principe, doit prendre du sucre chez nous. Ce blocage serait semble-t-il à l’origine de la sortie de sucre chez nous à SOSUCO puisque ce commerçant pour pouvoir dédouaner son sucre était obligé de prendre la même quantité de sucre à SOSUCO."

 

Les SG syndicaux apprécient la réaction du gouvernement

 

"Nous pensons que s’il est vrai que les trois mille tonnes de sucre ont été confisquées par le gouvernement, il faut reconnaître qu’il a fait des efforts qui, s’ils avaient été déployés à un certain moment, nous éviteraient de connaître la situation que nous vivons actuellement. Cependant, il y a eu une réaction du chef de l’Etat alors qu’il était à Bama dans le cadre de la Journée du paysan qui nous a quand même inquiétés. Cette réaction va à l’encontre de nos souhaits quand il dit qu’on ne peut pas se permettre de fermer les frontières pendant que nous parlons d’intégration. Cette déclaration nous a laissés froids parce que notre volonté n’est pas de barrer la route au sucre sous-régional, mais plutôt à celui brésilien ou indien. Ces pays produisent du sucre depuis de longue date, pourtant nos industries ici sont encore très jeunes et n’ont pas la capacité de production de celles indiennes ou brésiliennes. C’est contre ce sucre que nous sommes. Il est d’ailleurs le plus souvent déclassé et subventionné. En tout cas, nous ne savons pas si nous comprenons bien la déclaration de notre chef de l’Etat, mais elle nous a laissés froids.

 

Des problèmes de gestion et de communication

 

"Il nous est revenu plusieurs fois et très souvent que la machine SOSUCO connaît des problèmes de gestion. Nous, organisations syndicales, avons dénoncé ces tares et il n’y a pas longtemps dans les colonnes de votre journal, nous écrivions à notre DG pour relever certaines failles dans la gestion de notre maison commune. A titre d’exemples, des commerçants nous ont escroqué des milliards avec la complicité de certains responsables. Aujourd’hui, une enquête de la gendarmerie a déposé ses conclusions au Palais de justice, mais elle demeure sans suite sans qu’on sache qui a posé les pieds dessus. D’autre part, il faut signaler que la SOSUCO ne dispose pas d’un système de communication à telle enseigne que certaines choses se disent sur nous sans fondement. Lorsque nous sommes par exemple allés dire aux responsables coutumiers et religieux que notre sucre ne sortait pas, ils ne nous ont pas cru. Ils ont tenu à aller voir le sucre dans nos magasins de visu parce qu’ils reçoivent souvent du sucre en cadeau mais celui de SOSUCO. Alors que, selon eux, et avant de constater nos pyramides de sucre, le sucre SOSUCO ne suffisait pas sur le marché. Au regard de tous ce qui précède nous demandons à nos autorités de ne pas permettre une ouverture absolue de nos frontières d’autant que cela se fait partout ailleurs. Au Mali, au Sénégal, tout comme en Côte d’Ivoire, ça se fait ; pourquoi pas chez nous ? C’est d’ailleurs pourquoi, nous disons être effrayés par la déclaration du président du Faso.

 

Mamoudou TRAORE

Le Pays du 13 février 2008



13/02/2008
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