L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy
Pour des Etats généraux sur la politique africaine de la France

 

A travers cette lettre ouverte adressée au tout nouveau président de la République française, Nicolas Sarkozy, le Parlement de l'UNDD, par la plume de son premier responsable, suggère des Etats généraux sur la politique africaine de la France, "ouverts aux opposants pour constituer une nouvelle banque de données plus fiables sur les réalités de l'Afrique".

 

Monsieur le Président,

 

Potentiel émigré par la force des choses, j'étais objectivement de ceux qui, ayant pris peur de votre politique d'immigration choisie, souhaitaient la victoire de Ségolène Royal à la présidentielle du 6 mai.

Les électeurs français et le destin en ont décidé autrement, et vous avez pour cinq ans le destin de la France en charge ; mais d'une certaine façon aussi, celui de l'Afrique étant donné le poids de la politique française sur les politiques africaines.

 

"Je vous félicite malgré tout"

 

Mais comme il faut savoir, contre mauvaise fortune, faire bon cœur, je voudrais, en bon perdant et avec cet esprit propre aux sportifs, vous présenter mes félicitations pour votre élection. Je le fais avec cette espérance de ne pas me tromper, car je garde en mémoire vos propos sur la rupture avec la Françafrique, et que, tout fraîchement élu, vous avez réaffirmé votre détermination à en finir avec le copinage et les réseaux qui ont caractérisé les relations entre la France et l'Afrique au cours des mandats précédents.

Que vous ayez choisi comme ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner qui, quoi qu'on dise, a des précédents dans la lutte pour les droits de l'homme et la démocratie, me renforce dans ma décision de parier sur des changements dans la politique africaine de la France plutôt que sur sa continuation. Quand surtout vous revenez sans cesse sur votre détermination à respecter votre parole donnée, alors je me dis que l'espoir est permis.

C'est vrai que dans votre équipe, il y a des vestiges du régime passé que l'on peut croire imposés comme pour veiller au grain, mais votre personnalité et votre souci de la différence sont tels qu'on ne vous imagine pas calquant purement et simplement des politiques passées si critiquables.

 

"Sortez des sentiers battus dans vos relations avec la France"

 

Ce que je voudrais simplement, c'est vous demander respectueusement de sortir effectivement des sentiers battus dans vos relations avec l'Afrique comme vous le faites si bien dans vos relations intranationales. Vous ne pouvez pas construire du neuf rien  qu'avec du vieux. C'est pour cela que vous n'avez pas hésité à procéder au renouvellement du personnel politique pour engager la grande bataille de la réforme des institutions.

En Afrique, vous ne pourrez pas non plus faire souffler le vent de la réforme en vous en remettant exclusivement aux chefs d'Etat, aux réseaux qui ont, pendant si longtemps, fait la grandeur de la Françafrique.

C'est pourquoi je vous suggérerais respectueusement de passer par des Etats généraux sur la politique africaine de la France, ouverts aux opposants pour constituer une nouvelle banque de données plus fiables sur les réalités africaines qui préparent aux décisions futures.

Mais certainement, avez-vous déjà pensé à tout cela, vous qui intégrez l'Afrique dans cette union de la Méditerranée, qui vous est si chère, et qui mettez en relief l'idée que, sans le développement de l'Afrique, l'immigration sera toujours incontrôlée, et partant, la sécurité de l'Europe.

Je voudrais seulement souligner à votre intention que ce développement qui sécurise, qui fait que les Africains trouveront, comme dit l'adage, qu'on n'est jamais mieux nulle part que chez soi s'accompagne du respect des droits de l'homme, de la démocratie, et par-dessus tout de l'acceptation que les Africains n'en sont pas indignes.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

 

Le président du Parlement de l'UNDD

L’Observateur Paalga du 24 mai 2007 



23/05/2007
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