L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Lettre pour Laye : Le pasteur braqueur

Cher Wambi,

 

En ce mois d'avril où la canicule monte dans la savane, l'épidémie de méningite, qui mobilise çà et là les bonnes volontés, fait aussi des siennes.

Pourtant, on était prévenu.

Hélas, comme de par le passé, l'on a attendu que le fantôme entre dans la maison avant de fermer la porte.

Je suis tenté de dire que l'anticipation n'est nullement le fort des autorités, qui laissent venir le danger avant de lancer des SOS.

Mais savent-elles seulement que dans ce monde ici-bas, nous ne sommes pas les seuls à tendre la main vers les généreux donateurs ?

Dans tous les cas, le Faso compte encore ses morts, en attendant peut-être que la providence vole au secours des Burkinabè.

Comme si le ciel m'avait entendu, au moment même où je traçais ces lignes tombait une forte pluie, la toute première, sur notre capitale. Peut-être que tous les quartiers n'ont pas été arrosés, mais dans ma zone en tout cas, on se réjouissait à l'idée que cette pluie bienfaisante fera baisser le thermomètre et repoussera la méningite loin de nos frontières.

A la veille du week-end pascal, cette pluie inattendue n'est-elle pas un cadeau du ciel ?

Quoiqu'il en soit, l'on ne peut s'en plaindre, loin s'en faut.

 

Telle est, cher cousin, l'ambiance qui prévaut dans la contrée des "hommes intègres" à quelque dix jours du lancement de la campagne en vue des législatives du 6 mai 2007.

Comme nous en sommes coutumiers depuis que le vent de la démocratie a soufflé sur le Faso, ils viendront encore, les politiciens de la kyrielle de partis nous promettre monts et vallées, le temps de recueillir nos voix.

Le ton est déjà donné, et certains animateurs de la scène politique ont repris leur sport favori.

Pour telle ou telle raison, on rend le tablier avec femmes et enfants, pour migrer vers des prairies plus vertes.

N'est-ce pas, cher cousin, les intérêts qui font courir les militants ?

Ventre creux n'a point d'idéal, c'est ainsi que les partis impécunieux se vident au grand dam des leaders, qui ne savent plus à quel idéologue se vouer.

Si ce n'est pas dommage !

 

Démission d'une autre envergure, cher Wambi, c'est celle adressée au Groupe parlementaire PDP/PS et Apparenté RDEB par le député Hyacinthe Sanwidi.

Dans une lettre qu'il a destinée respectivement les 3 et 4 avril derniers tant à l'occupant du perchoir qu'au président dudit groupe, l'élu du Kourittenga dit en effet, être "au grand regret d'annoncer sa démission du groupe parlementaire PDP/PS et Apparenté RDEB, avec effet rétroactif, c'est-à-dire pour compter de fin mai 2006, date de la constitution des commissions générales de l'Assemblée nationale".

Mais que s'est-il passé pour que le député Hyacinthe Sanwidi en arrive à une telle extrémité ?

Difficile d'y répondre à présent, tant les avis divergent.

De sources concordantes, toutefois, tout serait parti d'un désaccord entre lui et son président sur les commissions générales.

Vrai ou faux ?

Ce qui est sûr, cher Wambi, le député Hyacinthe Sanwidi, à la date du 3 avril 2007, a sollicité du président de l'Assemblée nationale son inscription à la Commission des Finances et du Budget (COMFIB).

C'est, en tout cas, ce que me révèle la lettre que je t'invite à lire ci-après :

 

A

 

Son Excellence

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale

Ouagadougou

 

Objet : Inscription à la COMFIB

 

Excellence Monsieur le président,

 

J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance mon inscription sur la liste des membres de la Commission des Finances et du Budget pour compter de la date de sa constitution. Je me dois de vous préciser que depuis fin mai 2006, je travaille avec cette Commission générale à laquelle j'ai choisi d'appartenir.

J'ai participé en chair et en os à l'élection de son bureau actuel. Depuis lors, je n'ai participé aux travaux d'aucune autre commission générale, car c'est la seule qui manquait à mon expérience de parlementaire désireux de participer successivement aux travaux des cinq (5) commissions générales de la 3e législature. Cinq années, cinq commissions ; j'ai, par conséquent, consacré une année à chaque commission générale. Y déroger aurait été préjudiciable à ma formation, car on n'a jamais fini d'apprendre.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le président, l'expression de ma considération distinguée.

 

 Hyacinthe Sanwidi

 

En attendant d'en savoir davantage, il serait hasardeux d'affirmer, cher cousin, que la Commission des Finances et du Budget (COMFIB) est autrement plus intéressante que celle des Affaires générales et institutionnelles (CAGI).

 

A la suite de la plainte de certaines associations (Sherpa, Survie, Fédération des Congolais de la diaspora) sur les biens immobiliers des présidents africains, dont je t'ai fait l'écho dans ma dernière lettre, une bonne volonté m'a transmis le rapport de mars 2007 du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

Un rapport fort édifiant intitulé : "Biens mal acquis... profitent trop souvent".

Ce n'est ni plus ni moins, cher cousin, qu'une véritable encyclopédie de la fortune des dictateurs et des complaisances occidentales.

Les auteurs du rapport le disent si bien, en parlant de palmarès des principaux dictateurs.

On y retrouve le montant des fonds détournés, gelés et restitués des dictateurs les plus gradés que sont, entre autres, Ferdinand Marcos des Philippines (1963-1986) ; Moussa Traoré du Mali (1968-1991) ; Sani Abacha du Nigeria (1993-1998) ; Edouardo Dos Santos de l'Angola (1979) ; Saddam Hussein de l'Irak (1979-2003) ; Mobutu Sese Seko du Zaïre (1965-1997) ; Augusto Pinochet du Chili (1973-1990) ; Charles Taylor du Liberia (1989-1996) ; Daniel Arap Moi du Kenya (1978-2002) ; Robert Mugabe du Zimbabwe (1987) ; Félix Houphouët Boigny  de Côte d'Ivoire (1960-1993) ; Henri Konan Bédié de Côte d'Ivoire (1993-1999) ; Obiang N'Guema de la Guinée Equatoriale (1979 -).

Omar Bongo Ondimba du Gabon (1967-) ; Gnassingbé Eyadéma du Togo (1967-2005) ; Denis Sassou N'Guesso du Congo (1979-1992 et 1997 -).

N'est-ce pas, cher cousin, qu'ici-bas, tout finit par se savoir ?

Faisons gaffe donc.

En tout cas, à en croire le rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ce serait des milliards et des milliards de dollars que les prédateurs, à travers le monde, auraient stockés en lieux sûrs pour leurs vieux jours.

 

Promu Premier ministre de Côte d'Ivoire à la faveur des accords historiques de Ouagadougou signés le 4 mars dernier, Guillaume Soro a officiellement pris fonction le mercredi 4 avril, en attendant de former son équipe gouvernementale, si ce n'est déjà  fait.

A quoi destine-t-on désormais son prédécesseur Charles Konan Banny ?

A cette question, l'hebdomadaire Jeune Afrique, dans son numéro double du 1er au 14 avril, répond :

"L'ex-Premier ministre a décidé de ne pas retourner à Dakar pour retrouver le fauteuil de gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), qu'il a occupé pendant quinze ans.

Pour autant, celui qui est resté pendant plus de quinze mois à la primature se fait peu disert sur ses projets. Tout au plus consent-il à indiquer, sibyllin : "Ma qualité de citoyen ivoirien, personne ne peut me l'enlever". Qu'est-ce à dire ?

Devins de tous les pays, à l'œuvre !

 

Quant à toi, cher cousin, je t'invite à présent à feuilleter le carnet secret de Tipoko l'Intrigante, qui s'ouvre par cette lettre d'excuse adressée à l'ambassadeur de France au Burkina Faso par le sieur Guigma Ablassé.

Afin de te rafraîchir la mémoire, Guigma Ablassé n'est autre que celui là-même qui avait voulu s'immoler par le feu dans les locaux de la représentation diplomatique française à Ouagadougou. Voici ce qu'il y écrit :

 

Monsieur l'ambassadeur,

 

Suite à mon acte inqualifiable posé dans les locaux de l'ambassade de France le 16 mars 2007, qui a consisté à répandre le contenu d'un bidon d'essence et à menacer de mettre le feu, je viens vous demander des excuses.

J'étais dépassé et je croyais qu'en menaçant ainsi, j'aurais mon visa pour l'Italie.

Je mesure aujourd'hui la gravité de mon acte, et croyez-moi, je ne suis pas prêt à recommencer.

Je me suis retrouvé dans une situation de maître chanteur. Dans le fond, je ne serais jamais allé jusqu'à passer à l'acte. Je vous prie de me croire et de me comprendre.

J'essaierai de mieux m'expliquer pour obtenir le visa, car il y a des partenaires qui m'attendent en Italie où, au demeurant, vos services m'ont délivré des visas pour me rendre.

Encore une fois, je regrette profondement mon acte.

Acceptez, Excellence, mes sentiments de très haute considération.

 

Ouagadougou, le 20 mars 2007

 

Guigma Ablassé

 

La scène se passe à Tanghin-Dassouri, où un pasteur, pourtant bien inspiré, a été pris à son propre piège.

En tout cas, celui qui réside à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) depuis quelques jours a appris à ses dépens que les forces de sécurité ne sont pas peu futées.

Le pasteur braqueur, à partir d'un télécentre, a alerté les forces de sécurité d'une attaque dans les environs de Kokologho.

Celles-ci s'y étant donc rendues, le pasteur avait le champ libre pour s'attaquer à la Caisse populaire de Tanghin-Dassouri, arme au poing. Mais peine perdue, il est bien difficile à un rat de passer inaperçu dans la savane de Tanghin-Dassouri, encore moins à un bipède.

Maigre fut la moisson pour celui qui croyait s'en tirer avec un pactole.

Pire, il n'y eut aucune peine à démasquer ce fils même de la localité qui fait aujourd'hui la honte et de sa famille et de son Eglise.

Pauvres de nous si ceux choisis par Dieu pour nous guider se perdent dans les labyrinthes du bonheur terrestre.

 

Mégaconcert de canons ce samedi à Kamboinsin, secteur 1 de Ouagadougou, où Naaba Abga II commémore le XVe anniversaire de son règne.

A l'issue des festivités, des messes d'action de grâces seront dites le 15 avril à partir de 7h 30 en la Cathédrale de l'Immaculée Conception de Ouagadougou, et à partir de 8h 30 à la chapelle Jean XXIII.

 

Ça n'arrive pas tous les jours ! Les travailleurs du ministère des Affaires étrangères, à l'appel de leur syndicat (SAMAE), vont battre le macadam le mardi 10  avril.

Par cette action, le Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères entend dénoncer les médiocres conditions de vie et exprimer le mécontentement de ses militants.

Cette marche, qui se veut pacifique, se terminera par un meeting au ministère même.

 

Que la lumière soit !

N'en déplaise à ceux de Manga, les travaux d'électrification de la ville de Saponé seront lancés le jeudi 12 avril 2007.

C'est une initiative de la Coopérative Goog Paam Vêenem, dont la cérémonie officielle sera placée sous le haut-patronage du ministre des Mines, des Carrières et de l'Energie.

Le président K. Gabriel Ilboudo et les siens seront heureux de vous compter parmi les témoins privilégiés de l'événement le 12 avril 2007 à 9h à Karkuidghin.

 

Une Lettre pour Laye

L'Observateur Paalga du 6 avril 2007



06/04/2007
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