L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Manifestation des militaires : La Défense riposte

Manifestation des militaires 

La Défense riposte

 

Réponse du berger à la bergère. Le ministère de la Défense, par la voix  du colonel Zagré Pingrenoma, président du comité ad hoc de négociation, installé le 26 juillet 2007 pour faire face aux préoccupations exprimées de diverses manières par des militaires, a rejeté en bloc les prétentions de ces soldats qu’il précise être des retraités  des années  2006 et 2007 et qui ont manifesté avant-hier dimanche devant la Maison du combattant. Pour cela, il s’est fondé sur les textes législatifs qui régissent la carrière du soldat (Lire déclaration). In fine, il a tenu à rassurer les uns et les autres en précisant que toutes les dispositions sont prises pour que l’ordre public soit respecté. Mais cette phrase, maintes fois prononcée, ne semble pas avoir convaincu les journalistes. Si bien que ces derniers ont insisté pour avoir plus de détails pour une meilleure assurance. Comme il fallait s’y attendre, les accueillants ne sont pas entrés dans les détails de leur dispositif mis en place. Ils ont plutôt mis en exergue le respect de l’ordre républicain : « Nous sommes de manière évidente dans un Etat de droit. Toute manifestation est réglementée par la loi. C’est au regard de cela que nous avons dit que toutes les dispositions sont prises. Du reste, quelques-uns de ces militaires que nous avons vus dans les journaux étaient des délégués aux différentes séances de concertation. Ce sont des militaires à la retraite. Ils ne sont pas de service. Et l’Etat de droit précise quelles sont les voies de recours qu’un citoyen peut utiliser lorsqu’il se sent lésé ». 

Vivement donc que l’entente règne pour que nous ne vivions pas un remake des 19, 20 et 21 décembre 2006, où des  soldats ont mis en coupe réglée la capitale du Pays des hommes intègres.

 

La déclaration lue par le colonel Zagré Pingrenoma

 

Depuis quelque temps, des militaires admis à la retraite en 2006 se sont organisés et ont, sous diverses formes, formulé des revendications dont ils exigent la satisfaction.

Afin de mieux comprendre leurs préoccupations, et rechercher avec eux des solutions objectives aux problèmes réels auxquels ils sont confrontés, le ministre de la Défense a mis en place un cadre de concertation traduisant ainsi son attachement au sort de tous les militaires, en activité de service ou à la retraite.

Trois sessions de concertation ont eu lieu, respectivement les 14 et 28 août 2007, ainsi que le 27 septembre 2007.

Les revendicateurs réclament principalement l'augmentation de l'âge de la retraite des militaires de 4 ans, et l'octroi de l'indemnité de départ à la retraite aux militaires retraités en 2006.

S'agissant de la première revendication, le groupe dont il s'agit se fonde sur le décret no2004-081/PRES/PM/MFPRE/MFB du 5 mars 2004, fixant le régime des limites d'âge pour l'admission à la retraite des agents de la Fonction publique et instituant un congé de fin de service. Il estime qu'aux termes de ce décret, les militaires auraient dû bénéficier d'une augmentation de 5 ans de l'âge de la retraite et considèrent comme arbitraire et donc injuste ainsi qu'insuffisante l'augmentation d'un an acquise aux termes de la loi n° 15-2004/AN du 4 mai 2004, portant fixation de la limite d'âge des personnels militaires des Forces Armées Nationales.

Pour la deuxième revendication, les réclamants estiment qu'ils auraient dû bénéficier de l'indemnité de départ à la retraite instituée par le décret n°2007-365/PRES/PM/MFPRE/MJ/DEF/MFB du 8 juin 2007, au profit des magistrats et des militaires et qui prend effet pour compter du 1er janvier 2007.

Tout au long des échanges et de manière constante et répétée, le comité a expliqué clairement que le décret n°2004-081/PRES/PM/MFPRE/MFB ne concerne que les agents de la Fonction publique, alors que les militaires relèvent de la Fonction militaire. Par conséquent, une réclamation portant sur l'augmentation de l'âge de la retraite des militaires se fondant sur ce texte relève d'une interprétation erronée.

Par rapport à la deuxième revendication, le comité a fait savoir que l'application du décret instituant l'indemnité de départ à la retraite ne saurait déroger aux dispositions de son article 10 qui fixe la date de prise d'effet de la mesure pour compter du 1er janvier 2007. En conséquence, la prise d'effet du décret ayant été fixée précisément pour compter du 1er janvier 2007, ne peut bénéficier à ceux mis à la retraite antérieurement à cette date.

Ces explications ont été comprises et admises par toutes les parties prenantes comme l'atteste le procès-verbal de la deuxième séance, dûment signé par leurs représentants.

Lors de la deuxième session de concertation, le comité a convié sans succès les réclamants à formuler des suggestions au regard des problèmes sociaux qu'ils vivent.

Au cours de la troisième séance, et en dépit des explications claires données face à leurs revendications, les réclamants ont sollicité avec insistance une augmentation de quatre ans de leur durée de service. En l'absence d'une solution tendant à les satisfaire totalement, leur délégation, estimant n'avoir plus de raison de rester dans la salle, a rompu le dialogue de manière unilatérale.

A la suite de cette attitude d'intransigeance et malgré la bonne volonté des autorités du Département de la Défense de se mettre à leur écoute, les revendicateurs se sont rencontrés sur la voie publique et ont tenu des propos indiquant qu'ils sont prêts à user de violence.

Face à cette situation, le ministre de la Défense porte à la connaissance de l'opinion publique que les revendications des militaires à la retraite sont illégales. Il réitère sa disponibilité à trouver des solutions aux problèmes sociaux des militaires, mais sur des bases saines, responsables et républicaines, prenant en compte les valeurs cardinales de dignité, d'honneur et de discipline qui ont toujours caractérisé les Forces Armées Nationales.

En tout état de cause, le ministre de la Défense tient à rassurer les populations que toutes les dispositions sont prises pour que l'ordre public soit préservé.

 

Ouagadougou, le 08 octobre 2007

 

Pour le Ministre et par délégation

Le Secrétaire général

Mamoudou Barry

Chevalier de l'Ordre national

L’Observateur Paalga du 9 octobre 2007



09/10/2007
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