L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Mariam Sankara de retour au Burkina : 20 ans après

Mariam Sankara

20 ans après

 

       La veuve Sankara (foulard) accueillie à l'aéroport

 

Installée à Montpellier depuis 1988, Mariam Sankara, veuve de l'ancien président Thomas Sankara, est arrivée au Pays des hommes intègres tard dans la soirée d'hier. A l'aéroport international de Ouagadougou, l'attendaient d'indéfectibles défenseurs des idéaux du leader de la Révolution burkinabè.

 

23h24mn. Le sourd bruit de l'avion d'Air Burkina en provenance de Bamako en train d'atterrir a suscité moults applaudissements et des hourras de militants et sympathisants sankaristes qui ont envahi dès 19 heures le vaste parking extérieur de l'aéroport international de Ouagadougou. La foule en liesse s'est aussitôt ruée vers la sortie des passagers et une imposante haie d'honneur a aussitôt été constituée. En attendant la sortie de celle qui constitue l'attraction principale de la célébration du 20e anniversaire de la mort de Thomas Sankara, des slogans révolutionnaires fusent et la chanson « Au clair de la lune » d'Alpha Blondy, sur la mort de Norbert Zongo, est également entonnée. A la vue de Mariam Sankara, qui sort du couloir, et comme en transe, la foule survoltée, commença à crier : « La vraie première Dame est là ». Le service d'ordre, policiers comme civils est débordé. L'accueil semble visiblement à la hauteur des 20 ans d'absence de la veuve Sankara et du souvenir indélébile que ce dernier a laissé au peuple burkinabè. Portant bien ses 54 ans, vêtue d'une tenue Faso Dan Fani et le sourire aux lèvres, elle semble étonnée par ce flot humain présent en ces lieux à une heure aussi tardive. Acculée par les journalistes, elle a donné ses impressions. «J'arrive tardivement et je ne savais pas qu'il y aurait autant de monde. Je suis contente d'être au Burkina Faso et je remercie tout le peuple du Burkina Faso ».

 

          L'entretien de Mariam Sankara avec la presse

 

Cela fait 20 ans que Mariam Sankara a quitté  le Burkina Faso. Après un passage au Gabon, elle a jeté son dévolu sur Montpellier (France) depuis 1988. Née le 26 mars 1953 et mariée le 21 juillet 1979 à celui qui deviendra quatre ans plus tard (1983) le charismatique leader de la Révolution burkinabè, elle a eu avec celui-ci deux enfants que sont Philippe (né le 10 août 1980) et Auguste (né le 21 septembre 1982). Elle revient aujourd'hui, mais sans ces derniers que des accueillants voudraient tant voir ou revoir. A leur évocation, elle tente une réponse, le sourire toujours aux lèvres : « C'est dommage qu'ils ne soient pas venus avec moi. Leur calendrier ne leur permettait pas de faire le déplacement ». Le départ de cette dame du Burkina aux lendemains du 15 octobre 87 a donné lieu à plusieurs interprétations. Certains ont taxé cet exil de volontaire. Par contre, d'autres avancent que la veuve de Thomas Sankara n'avait d'autre choix que de quitter le pays qui l'a vu naître. Sur la question, voici la réponse qu'elle a donnée à notre confrère Rémi Rivière, qui l'avait interviewée pour le compte de Bendré. « J'ai dû quitter le Burkina Faso. Après l'assassinat de mon époux, j'ai été persécutée. Il a fallu que je parte. Il y avait même une décision qui disait que si je quittais Ouagadougou au-delà de quarante kilomètres, j'en serais responsable… A l'époque, j'ai reçu une décision écrite venant de la direction de la sûreté du Burkina Faso. J'ai reçu des menaces. Il fallait qu'on parte. On était isolé. Mes enfants ont été secoués par l'isolement qu'on a créé en faisant des pressions sur les familles de leurs camarades. Outre les arrestations suivies de tortures, la même méthode a été utilisée pour faire de la famille Sankara et de ses amis des parias».

Aujourd'hui, il est prévu une procession vers le cimetière de Dagnoen. Peut-être qu'elle fera partie des visiteurs et qu'elle verra pour la première fois la tombe de celui avec qui elle s'était unie pour le meilleur et pour le pire en 1979  et  qu'elle  s'y prosternera.

 

Issa K. Barry

L'Observateur Paalga du 15 octobre 2007



15/10/2007
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