L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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«Même si nous n’avons pas d'élu, nous sommes satisfaits»

Racine Kientèga, candidat RDB Boulkiemdé

«Même si nous n’avons pas d'élu, nous sommes satisfaits»

 

Son interview parue dans notre édition du vendredi dernier à deux jours du scrutin du 6 mai avait dû faire sourire plus d’un. En effet, Racine Kientéga, sans aucune crainte pour le redoutable ogre CDP et son impressionnante machine électorale ni pour les non moins redoutables UNDD et ADF/RDA, clamait haut et fort que si son parti, le RDB, n’a rien eu au Boulkiemdé, c’est trois sièges. Nous avons rencontré notre jeune optimiste pour faire le bilan de cette compétition qui a vu ici le RDB sortir… sans siège.

                                             

Quelle appréciation d'ensemble faites-vous du déroulement des élections  législatives du dimanche passé ?                 

 

• Dans l’ensemble je peux dire que les élections se sont bien déroulées surtout qu'il n’y a pas eu d’accrochage entre les différents partis. Cependant, nous avons déploré les anomalies qui ont émaillé ce scrutin. Par exemple ces morts dont les noms figurent toujours sur le fichier. Dans nos tournées, nous avons remarqué que leurs noms étaient cochés au titre des votants. Cela veut tout dire. En dehors de ça, il y a ces jeunes qui ont reçu de l’argent pour voter de façon multiple pour certains partis. Ces cas de fraude ont été détectés à Kokologho, à Koudougou et un peu partout. Mais comme il n’y a pas eu d’accrochage entre les partis ou entre les militants, c’est toujours ça de gagné.

 

Pour ce qui est du Boukiemdé quel bilan tirez-vous au niveau de votre parti ?

 

• Le bilan est très satisfaisant. Certes, on n'a eu aucun siège, mais vu notre jeunesse et celle du parti, vu le manque de moyens on peut avoir des motifs de satisfaction car nous sommes classés 7e sur la quinzaine de partis qui ont compéti ici au Boulkiémdé. (Ndlr : le RDB a eu 772 voix sur un total de 87401 suffrages exprimés. Le premier de la classe est le CDP avec 55310 voix. La queue est la propriété de l’ADEFA qui n’a eu que 114 voix).

 

Dans une précédente interview vous affirmiez dans nos colonnes que le moins que vous puissiez avoir au Boulkiemdé, c’est trois sièges. Ce n’était pas un peu prétentieux  de votre part vu les forces adverses que vous aviez en face ?

 

• Nullement ! Vu l’engouement durant la campagne, on ne pouvait pas savoir qu’on allait sortir bredouille. Mais nous ne condamnons pas nos militants parce que j’ai été court-circuité dans beaucoup de communes par des maires et des responsables politiques qui chantaient devant les populations que je suis un jeune sans maturité, excité à cause de mon âge (Ndlr : il a 30 ans), qui se pavane partout et qui dérange la quiétude des honnêtes citoyens. Mais ce qui est sûr, nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Ils nous auront en face dès les prochaines élections. Cette fois-ci, ils ont grugé mes militants par la désinformation en leur faisant croire que notre parti est affilié au CDP et que voter pour le RDB revenait à voter CDP ou que nous battons campagne pour le parti au pouvoir. Dans certaines localités, c’est ma jeunesse et mon "immaturité" qu’ils avancent pour dire de ne pas me voter. On a même "arrosé" certains de mes militants afin de les avoir à leur cause.

 

Pensez-vous que c’est seulement cela qui justifie que vous sortiez bredouille d’un scrutin sur lequel vous ne cachiez pas votre optimisme ?

 

• Comme je l’ai dit tantôt, c’est surtout la fraude et la désinformation.  Nous ne sommes pas les derniers. Les gens nous ont certes bien votés, mais cela n’a pas suffi. L’autre fait, c’est que la jeunesse du parti fait que les gens ne connaissaient pas notre sigle, ce qui fait que dans l’isoloir, beaucoup ne se retrouvaient pas. Voici entre autres comment je justifie notre échec.

 

Quel est votre avenir politique.

 

• C’est vrai que nous avons échoué à ces élections, mais nous n’allons pas baisser les bras. Ce que je demande à ceux qui sont élus, c’est de bien prendre en considération les préoccupations de l’ensemble de la population qui les a portés là où ils sont présentement. Nous demandons à nos militants et à ceux des autres partis de leur rendre la tâche facile car une fois élus, ils ne sont plus députés d’un parti, mais de tout le monde. Pour ma part, même si moi-même je ne me présente plus, car la décision revient au parti, nous allons toujours présenter des gens crédibles et intègres qui vont  se battre pour la cause de la majorité et non celle de la minorité.

 

 Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga du 11 mai 2007



11/05/2007
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