L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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“Mes ambitions pour la reine des stades” (Lazare Banssé, PCA de l’EFO)

Lazare Banssé (PCA de l’EFO)

“Mes ambitions pour la reine des stades”

Plébiscité pour occuper le poste de PCA (président du Conseil d’Administration) de l’un des clubs-phares de la capitale, l’Etoile Filante de Ouagadougou (EFO), l’homme, jadis discret, est devenu un vrai renard des stades. Celui qui, à l’élection de Théodore Zambendé Sawadogo à la présidence de la Fédération burkinabè de football (FBF), l’a remplacé à ce poste stratégique, rêve d’un bel avenir pour le club étoile. Lazare Banssé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, nous a reçu récemment à la CAMEG où il est le DG de cette société, pour un tour d’horizon sur notre football et surtout ses ambitions pour la reine des stades.

Dans quelles circonstances êtes-vous arrivé à la tête du Conseil d’Administration de l’EFO ?

C’est après le départ de Théodore Zambendé Sawadogo du Conseil d’Administration de l’EFO, suite à son élection à la présidence de la Fédération burkinabè de football, que des supporters, réunis au sein d’un comité restreint, m’ont demandé et convaincu de présider cette structure de l’Etoile Filante de Ouagadougou.

Quand ces supporters vous ont approché dans ce sens, n’avez-vous pas eu des inquiétudes, quand on sait que le milieu du football est réputé difficile ?

C’est vrai qu’au début on peut avoir des appréhensions pour une tâche qui vous paraît très importante mais, avec le temps, on peut remplir la mission qu’on vous a confiée. Aujourd’hui, le football est un enjeu national qui mobilise beaucoup de ressources et d’énergie, et il passionne évidement les foules. Rien qu’à penser à cela, on peut effectivement avoir des craintes.

Mais je me dis qu’en même temps il faut peut-être éviter de se replier sur ses activités habituelles. Je crois que si l’on peut apporter sa contribution au développement du sport et du football en particulier, il faut le faire. C’est pourquoi, après mûre réflexion, j’ai décidé d’apporter ce que je peux pour le développement du sport à travers un club qui, aujourd’hui, est le plus populaire au Burkina Faso.

Je pense qu’à l’EFO, il y a beaucoup de choses à faire ; et si nous sommes bien organisés, on arrivera à de bons résultats. Nous voulons faire de l’EFO un grand club, afin qu’il soit un pourvoyeur de joueurs pour la sélection nationale. Le Onze national est la vitrine du pays ; et pour avoir des résultats, il nous faut des clubs forts. L’EFO doit s’inscrire dans cette logique-là et contribuer au rayonnement du football burkinabè.

Quel est le rôle qui est dévolu à cette structure ?

Il faut dire qu’au niveau de l’EFO, nous avons deux grandes structures : le Conseil d’Administration et le Comité exécutif. Le Conseil d’Administration est comme une entreprise qui est chargée de donner les grandes orientations, de définir la politique et de trouver les moyens pour les mettre à la disposition du Comité exécutif. Pour que l’équipe tourne normalement, son rôle est primordial.

Mais je dois aussi dire que nous avons pour ambition de revoir, dans les plus brefs délais, les statuts du club pour une meilleure organisation. Aujourd’hui, nous constatons qu’il y a beaucoup d’amateurisme, alors qu’il nous faut un minimum d’organisation. Nous allons nous atteler à cela l’année prochaine, pour professionnaliser la gestion ; et cela demande que nous recrutions des gens qui vont travailler pour l’Etoile Filante.

Le recrutement en question concerne-t-il des joueurs ?

Pas forcément des joueurs. Vous savez, il faut gérer l’EFO comme une entreprise. Quand vous regardez les clubs européens, ils ont des sièges dignes de ce nom, des permanents, avec un secrétariat et une comptabilité. En fin d’année, ils font un bilan pour voir ce qui est sorti, ce qu’ils ont gagné, en faisant des projections pour les années à venir. Ici, ce n’est pas le cas ; et ce n’est pas de cette façon qu’on peut avancer. Je crois qu’il faut mettre en place une structure organisée, qui puisse permettre à l’EFO d’avoir des résultats probants.

L’amateurisme dont vous parlez se situe à quel niveau ?

Quand vous observez un peu comment l’Etoile Filante fonctionne (les autres clubs burkinabè sont aussi concernés), c’est au jour le jour. On doit jouer un match demain, et on a besoin de telle ou telle somme pour faire face à certains besoins. Je pense que ce n’est pas à la veille d’une rencontre qu’il faut chercher les moyens pour payer les primes des joueurs, payer le transport ou le carburant. Comme qui dirait, ce n’est pas à la veille d’un combat qu’on nourrit les chevaux. Tout doit être organisé et planifié de sorte que les choses se passent normalement, sans pression.

A l’EFO, ce n’est pas le cas, et on met la pression sur le Comité exécutif et sur le Conseil d’Administration. Dans ces conditions-là, on ne peut pas construire quelque chose de solide et arriver à de bons résultats. C’est pourquoi, je crois qu’il faut absolument professionnaliser le club tant sur le plan organisationnel que technique. La gestion des joueurs est aussi importante, puisqu’il faut trouver les moyens pour leur verser des salaires décents.

Le logement et l’alimentation doivent être pris en compte, pour leur permettre d’atteindre les objectifs que nous visons. Les dirigeants doivent être ambitieux pour leurs clubs, sinon nous n’irons pas loin. Ça nous flatte de voir l’EFO ou l’ASFA-Y championnes du Burkina, mais pour aller où ? S’il faut dominer le championnat burkinabè pour se faire éliminer dès les préliminaires ou les seizièmes de finale de la Ligue des champions, je pense que ça n’a pas d’intérêt.

L’EFO a été championne du Burkina plusieurs fois, de même qu’elle a gagné à maintes reprises la coupe du Faso, mais je pense qu’aujourd’hui il faut faire ses preuves ailleurs, surtout en Ligue des champions. Si dans le court terme nous ne remportons pas la ligue des champions, nous devons au moins aller en quarts de finale ou en demi-finale.

Nous devons faire en sorte que l’Etoile soit un club fort et respecté dans la sous-région, comme l’ASEC d’Abidjan, l’Ashanti Kotoko, Iwanyanwu du Nigeria, l’Africa Sports, le Stella club d’Adjamé, le Stade d’Abidjan, Horoya de Guinée et j’en passe. Ces clubs, dans les années 80, étaient battus dès le tour préliminaire ; et il leur a fallu des changements profonds pour revenir bousculer la hiérarchie.

Mieux, ils ont réussi à mettre à la disposition de leurs équipes nationales respectives des joueurs talentueux, qui ont fait la fierté de leurs pays à une certaine époque.

Aujourd’hui, c’est la même chose, et la nouvelle génération a pu s’expatrier en Europe où elle joue dans de grands clubs. La plupart des joueurs qui sont partis ont été formés dans les championnats africains.

Le Sénégal, aujourd’hui, est devenu une grande nation de football, alors qu’il y a dix ans il n’était rien. C’est pour cela que je dis que nous devons, à notre niveau, revoir les choses pour que les joueurs qui sont sélectionnés en équipe nationale soient compétitifs. Si nous nous organisons avec les moyens que nous avons, je pense qu’on aura de grands clubs.

Les membres qui composent ce conseil contribuent-ils financièrement à soutenir le club ?

L’Etoile Filante, aujourd’hui, vit de ce que nous appelons la générosité de grands contributeurs, et on les trouve au niveau du Conseil d’Administration. Il existe une cotisation, mais la plupart des membres vont au-delà de ça. Vous savez, l’Etoile Filante a besoin, pour fonctionner, d’un minimum de 5 à 7 millions de FCFA par mois.

Je pense notamment aux salaires des joueurs, leurs logements, leurs déplacements pour un match de championnat, les primes, etc. Ce ne sont pas leurs supporters qui paient tout ça, mais c’est les grands contributeurs qui mettent la main à la poche. Ce qui est étonnant, c’est que nous avons le plus grand nombre de supporters qui n’attendent que des résultats. C’est peut-être pour cela qu’ils restent timorés.

Je pense que si nous arrivons à mettre en place ce que j’appelle un cercle vertueux, c’est-à-dire la mobilisation des moyens, le renforcement de l’encadrement technique, le résultat sur le terrain que les supporters vont revenir.

Aujourd’hui, nous sommes en train de réfléchir sur le système qu’il faut mettre en place pour que ceux-ci soient beaucoup plus intéressés. Je suis effaré de voir, au stade, que les gradins sont parfois vides. Même quand l’Etoile Filante joue, les tribunes ne sont pas toujours pleines. Le stade Municipal, qui n’a pas la même capacité que celui du 4-Août, n’est jamais rempli, tout simplement parce que le niveau du championnat est bas.

Je suis allé plusieurs fois au stade et j’ai été surpris de voir (excusez-moi de le dire) que les équipes nous servent des matches de quartier. Je suis dur, mais c’est cela la réalité ; deuxièmement, les résultats sont en dents de scie.

Je prends l’exemple de mon équipe, qui gagne aujourd’hui et qui est méconnaissable demain. C’est décevant pour les supporters. Demain, si ceux-ci ouvrent leur télé pour suivre un match de haut niveau d’un championnat en Europe, ils bouderont le stade Municipal. Ils aiment les comparaisons et il faut les comprendre.

Les résultats en dents de scie de l’EFO sont-ils liés au recrutement des joueurs ?

L’encadrement technique pose parfois problème, et ce n’est pas seulement au niveau de l’Etoile Filante. Je pense qu’il nous faut un encadrement de haut niveau, avec un préparateur physique, un entraîneur chargé des gardiens de but et un nutritionniste. Je le dis, si nous voulons vraiment évoluer, il faut que nous regardions ces aspects-là de près. Il faut en finir avec l’amateurisme. Il faut des gens capables de faire progresser nos jeunes joueurs.

Votre appartenance au club étoilé remonte à quand ?

J’ai toujours été un grand supporter de l’Etoile Filante, même si je regardais les choses de loin. Ce que vous ne savez pas, c’est que j’ai beaucoup d’amis et de proches qui étaient déjà membres des bureaux successifs. Citons Salif Kaboré , qui a été président de l’EFO pendant de longues années. Il a fait de grandes choses pour l’équipe avec ceux qui l’entouraient. Ça, on ne peut pas l’oublier ; et il est toujours à côté de l’équipe.

Contrairement à ce que pensent certains, je ne suis pas un nouveau venu dans ce club. J’ai toujours porté la reine des stades dans mon cœur, et je me rappelle les années Georges Raymond Marshall. C’est un grand-frère, et j’admirais le travail qu’il faisait à l’époque à l’EFO. Je retiens de lui que c’est un gagneur, qui ne manquait pas d’idées. Sa méthode de travail était bonne et on peut s’en inspirer.

Avez-vous été footballeur ?

Il faut savoir que le football est aujourd’hui une profession. Si je m’en tiens à cela, je ne crois pas que j’aie été un footballeur dans ma vie (rires). Maintenant, si je prends la question dans l’autre sens, je dirais que le football est le sport le plus accessible à tous. On n’a pas besoin de grands moyens pour le pratiquer. Il suffit d’un ballon, de deux ou trois pierres que l’on pose dans un coin de la rue, et c’est parti. Je sais que quand j’étais adolescent, j’ai joué avec les enfants de mon âge pour m’amuser. C’était dans le quartier Williamsville, en Côte d’Ivoire. On jouait pour notre plaisir, et c’était tout.

A l’époque, les parents ne voyaient pas d’un bon œil leurs rejetons jouer au football. C’était avant tout les études. Mais j’ai un frère qui est footballeur, et vous devez le connaître. C’est Aristide Banssé, qui a fait du football sa profession. Il joue en D2 en Allemagne, et je crois qu’il gagne plus que son frère aîné. Les parents n’ont jamais pensé qu’on pouvait un jour vivre du football. Mais, aujourd’hui, les choses ont changé ; et des jeunes footballeurs arrivent à s’occuper de leurs familles.

C’est en cela que le sport est intéressant, parce qu’il permet à la jeunesse d’évoluer en dehors des sentiers battus. C’est vrai qu’il y a les études, mais quand ça marche ou pas, on peut aussi opter pour le sport et trouver son salut. Le football est aujourd’hui une profession comme tout autre. Beaucoup de jeunes l’ont compris, et il leur faut un bon encadrement pour s’épanouir.

Quand je constate le milieu footballistique au Burkina, ce qui nous manque, c’est la star-system, et c’est très important. Il faut que nous ayons des stars qui peuvent attirer le public au stade ; et cela passe par la formation à la base. C’est vrai que cela demande un investissement, mais il faut aller doucement, en commençant à mettre en place des infrastructures sportives. Si l’Etat est impliqué dans ce que nous faisons, je crois que les résultats seront meilleurs demain.

Vous parlez de formation à la base, alors que votre équipe n’a même pas de petites catégories.

C’est un projet qui nous tient à cœur ; et si Dieu nous donne les moyens, nous comptons mettre en place un centre de formation de football pour l’Etoile Filante. L’AESC d’Abidjan, dans ce domaine, a devancé beaucoup de club de la sous-région et il ne faut pas avoir honte de suivre son exemple. Ce club ivoirien a connu des hauts et des bas avant de rebondir. Il a fallu l’arrivée de Roger Ouégnin, en 1989, pour révolutionner les choses, grâce à des sponsors : l’Académie Mimos Sifcom d’où sont sortis des joueurs talentueux qui évoluent pour la plupart à l’extérieur.

En Belgique, le KSK Beveren (D1) avait aligné, en 2003, dix joueurs ivoiriens dans son onze de départ. Une autre révolution dont le Français, Jean-Marc Guillou, l’ex-collaborateur de Ouégnin, était à l’origine. C’est du jamais vu dans un championnat européen. Je crois que c’est une fierté pour les Ivoiriens, et c’est pour cela que je dis que nous devons, au Burkina compter avec les jeunes, en leur donnant un cadre pour apprendre.

Il faut que nous arrivions à recruter des jeunes et à les former depuis les minimes jusqu’aux seniors en passant par les cadets, les juniors. Avec mon ami Salif Kaboré, nous en avons discuté, et nous sommes en train de voir comment il faut concevoir ce centre de formation pour l’EFO. Je crois que les autres clubs doivent aussi penser à cela, sinon nous n’aurons pas de grands joueurs.

A voir ce qui se passe ici, on sent qu’on saute des étapes. Je crois que lorsque nous arriverons à cette politique de formation, la relève se fera naturellement, et il n’y aura pas de cassure. Les recrutements que nous faisions chaque saison ne servent à rien, et il faut nécessairement revoir les choses.

Quelle équipe supportiez-vous quand vous étiez en Côte d’Ivoire ?

Je suis un fervent supporter de l’ASEC Mimosas, et jusqu’aujourd’hui, je le reste. C’est un club qui m’a marqué quand j’étais jeune, et j’aime ses couleurs « Jaune et Noir ». Vous savez comme moi qu’il a eu de grands joueurs à l’époque, et je peux citer, entre autres, Laurent Pokou, l’homme d’Asmara, feu Jean-Baptiste Akran, Ignace Guidi Alphonse Yoro, Issouf Fofana, Abdoulaye Traoré, Olivier Donald Sié Gadji Céli, Aboubacar Ndiaye, Kassi Kouadio Lucien, etc.

A chaque mach de l’ASEC, tous ces joueurs nous faisaient plaisir, et c’est le club le plus populaire en Côte d’Ivoire, comme l’EFO au Burkina Faso.

La différence est que votre équipe n’a jamais remporté une coupe africaine ,alors que l’ASEC a gagné une fois la Ligue des champions.

C’est vrai, et c’est pour cela que je dis que nous ne devons plus nous contenter du championnat national. Un grand club doit viser haut, et nous allons travailler pour que, dans quelques années, l’EFO aille en Ligue des champions. C’est une compétition où il y a de l’argent à gagner une fois que vous êtes dans le top 8. L’argent que les autres gagnent leur permet de faire fonctionner le club, et les joueurs en tirent profit.

A l’EFO, il faut que nos athlètes et les supporters sachent que la Ligue des champions doit être une priorité du club pour aller chercher l’argent où il se trouve pour atteindre notre but que j’ai esquissé à un moment de cet entretien. Aujourd’hui, nous gérons une trentaine de joueurs qui sont régulièrement payés. Nous comptons revoir l’effectif la saison prochaine, parce qu’il y a des athlètes que nous avons recrutés qui ne jouent pas.

Si dans un proche avenir, on arrive à payer un joueur à 500 000 FCFA par mois, pour moi, ce ne sera pas un scandale. Un footballeur a une carrière qui est déterminée, et il n’aura jamais 30 ans de vie professionnelle. De ce côté-là, nous devons aider les joueurs à avoir un salaire décent tout en les préparant, si possible, à tenter une carrière professionnelle en Europe ou ailleurs.

Après 23 journées, l’EFO a repris la tête du championnat grâce à sa victoire sur USO (3-1). Pensez-vous qu’à trois journées de la fin du marathon le titre est déjà gagné ?

C’est vrai que nous avons réussi à battre l’USO pour passer en tête du classement, mais n’oubliez pas que nous n’avons pas creusé l’écart. D’autres prétendants au titre nous talonnent, et nous n’avons plus droit à l’erreur. Il y a longtemps que nous n’avons pas goûté aux délices du titre, et c’est maintenant que nous devons saisir notre chance.

Pour galvaniser les joueurs à remporter le championnat, nous avons fixé pour les quatre dernières journées la prime de victoire à 50 000 FCFA. Je crois que nous avons fait des efforts et c’est aux joueurs de faire le reste. Mais, au-delà d’être champion, il nous faut avoir une équipe réellement compétitive. A mon avis, c’est ça le plus important. Les supporters doivent comprendre qu’il ne sert à rien d’être champion au Burkina et aller se faire éliminer dès le premier tour de la Ligue des champions. C’est amer quand cela arrive.

Les salaires que vous versez aux joueurs proviennent des recettes des matches, ou de ce que vous récoltez au niveau des sponsors ?

D’après l’analyse que j’ai faite récemment, les recettes des matches sont loin de permettre au club de vivre ; et c’est aussi valable pour les autres équipes. Quand les tribunes sont vides chaque week-end, nous savons à quoi nous en tenir à l’EFO. Pour moi, il y a un malaise entre les clubs et le championnat. Si vous l’avez remarqué, lors du match des Etalons contre les Hirondelles du Burundi à Ouagadougou, le stade était plein comme un œuf. Cela est facile à expliquer, puisque l’équipe avait gagné, avant ce match, la Tunisie à Radès.

L’espoir était alors revenu et tout le monde tenait à être au stade pour voir les joueurs. Si on fait un parallélisme avec le championnat, la différence est nette. Si les clubs de la capitale, de Bobo et quelques équipes de province ont des joueurs percutants pour rendre le championnat plaisant à chaque journée, je crois que les gens reviendront au stade. Quand on assiste à un beau football, avec des buts splendides, vous inscrirez à coup sûr le championnat dans votre agenda le week-end. Tous les dirigeants doivent travailler à ramener le public dans les gradins. Les nombreux déçus sont chez eux à la maison.

Les recettes n’existant pratiquement pas, nous sommes obligés de voir du côté des sponsors pour nous aider. C’est pourquoi je souscris à l’idée qu’on puisse permettre, dans un premier temps, sur une période probatoire de 5 ans, que l’Etat soutienne les clubs à travers le cercle vicieux. C’est-à-dire que, lorsque les financements arriveront et que les résultats suivront, les gens commenceront à fréquenter les stades, et les clubs pourront alors s’autofinancer par la suite. C’est la puissance publique qui peut le faire pour amorcer la pompe : aider les clubs à être forts, avec un cahier de charges qui fixe les obligations des uns et des autres au niveau d’un championnat.

Vous arrive-t-il de recevoir des joueurs au bureau quand ils ont gagné un match important ?

J’ai été plébiscité président du Conseil d’Administration en cours de saison, et c’est après mon élection que je suis allé voir les joueurs à l’entraînement. J’ai échangé avec eux, histoire de nouer les contacts. Ils étaient contents, et je leur ai dit ce qu’on attend d’eux. Le message semble être compris, puisqu’ils sont en train de se battre pour gagner le titre.

Lors de la 21e journée du Faso-foot, l’EFO a été sans pitié pour le Boulgou FC qu’elle a étrillé par 10 buts à 0. Vous qui êtes de la province de l’équipe perdante, qu’avez-vous ressenti ce jour-là ?

En tant que président du Conseil d’Administration de l’EFO, je crois qu’il nous fallait gagner pour aller de l’avant. Mais je dois avouer que le score m’a surpris, puisque cette équipe nous avait battu à l’aller par 1 but 0 à Tenkodogo. Au- delà de cette contre-performance, les clubs venant des provinces ont beaucoup de difficultés pour réunir une équipe et jouer les différentes journées. C’est une réalité, et je pense qu’il faut revoir la montée de certains clubs. Une équipe qui prend 10 buts au cours d’un championnat, ce n’est quand même pas intéressant. Quand on a un bon championnat, on n’encaisse pas un tel score. J’espère que les gens du Boulgou FC vont rapidement se ressaisir, pour ne plus enregistrer une telle défaite.

Venez-vous personnellement en aide à cette équipe du Boulgou FC qui semble délaissée ?

Bien sûr que oui, puisque je suis en contact permanent avec les responsables de cette équipe. Il m’arrive, en tant que ressortissant de la province, de les aider à résoudre un certain nombre de problèmes.

Etiez-vous au stade du 4-Août le 7 juin dernier, lorsque les Etalons recevaient les Hirondelles du Burundi dans le cadre de la troisième journée des éliminatoires combinées de la CAN et du Mondial 2010 ?

J’avais des engagements à Tenkodogo, mais j’ai suivi cette rencontre à la télé. J’ai aimé l’ambiance qu’il y avait au stade, et c’est ce qui manque malheureusement en championnat national.

Comment avez-vous trouvé le Onze national qui l’avait emporté par 2 buts à 0 ?

J’ai beaucoup apprécié la combativité des joueurs, et je crois qu’on est en train d’assister à une renaissance des Etalons. Avec trois victoires, ils sont sur la bonne voie, mais il faut savoir garder la tête sur les épaules. Le chemin qui reste est encore long, et les joueurs ne doivent pas oublier que nous ne sommes pas encore qualifiés pour la CAN 2010. Nous devons redoubler de vigilance pour les prochains matches. La Tunisie reste toujours dangereuse, et elle viendra chez nous pour prendre sa revanche. C’est mon analyse, et je pense qu’au vu des résultats, le second tour est à notre portée.

Entretien réalisé par

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 18 juin 2008



18/06/2008
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