L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Missive à mon oncle

Missive à mon oncle

 

Cher oncle, avant de te donner les nouvelles qui, sans être alarmantes, n'en préoccupent pas moins ici en Côte d'Ivoire, je voudrais te demander si la case de Tante Mayouré que nous avons construite tous ensemble lors des vacances dernières a pu résister aux inondations qu'ont connues certaines localités chez vous, ces derniers temps. Si tel n'est pas le cas, dis-lui de ne pas s'inquiéter car, si grâce aux efforts des uns et des autres et surtout à vos prières, la paix revient définitivement ici, je pourrai lui faire parvenir l'argent que je lui avais promis pour construire sa maison en dur.

Tu n'es pas sans savoir que le processus de paix mis en branle depuis l'historique Accord de Ouagadougou continue de faire ses petits pas. Certes, tout le monde ne semble pas jouer franc jeu, mais, "on avance". La dernière rencontre entre Laurent Gbagbo et les forces armées continue de faire des vagues.

Pour éteindre le feu, le général Philippe Mangou a rencontré les troupes. A-t-il réussi à calmer les esprits surchauffés surtout par les comptes rendus et autres analyses incendiaires des journaux ici ? L'avenir nous le dira. A ce propos, je suis contraint une fois de plus de te donner raison quand tu disais la dernière fois que l'un des gros boulets que traîne encore malheureusement la Côte d'Ivoire, c'est cette presse pyromane, qui allume et attise inutilement la flamme de la rancoeur, de la révolte sur la terre jadis de paix de Nana Houphouët. Les journalistes savent-ils que leur responsabilité est grande et qu'ils doivent s'interdire de suivre certains politiciens assoiffés de pouvoir et d'argent dans leur dessein machiavélique ?

En tout cas, le Général Mangou a été contraint de les rappeler à l'ordre en leur signifiant sans fard que si la Côte d'Ivoire brûle ce sera avec tout le monde, y compris eux. Je te le disais la dernière fois, des questions importantes telles celles des grades des anciens rebelles dans l'armée restent entières.

Je te sais vraiment soucieux de l'avenir de la Côte d'Ivoire, vu l'absence de sincérité décelée dans le discours de certains dirigeants. Dommage que les politiciens ne suivent pas l'exemple des sportifs que l'amour du drapeau national pousse à accomplir des exploits de taille. Dans le championnat d'Afrique de basket, les Ivoiriens viennent de se qualifier pour les 1/4 de finales, tandis que l'ASEC-Mimosa essaie de se maintenir dans la course pour la Ligue des champions en football. De même, les professionnels ivoiriens évoluant en Europe continuent de se livrer à d'excellentes prestations dans les meilleurs clubs où ils évoluent. Cette lettre que j'ai malheureusement commencée sur des notes d'inquiétudes, finira sur le même ton car je me fais beaucoup de soucis par rapport à ces conflits entre agriculteurs-éleveurs qui mettent à mal, et de façon récurrente, la cohésion sociale, pourtant si enviée au Burkina par d'autres pays. J'espère que les autorités prendront le problème à bras-le-corps et que les populations concernées s'impliqueront entièrement, elles aussi, afin de nous éviter d'autres affrontements sanglants.

 

Ton neveu

Le Pays du 22 août 2007



22/08/2007
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