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Polémique sur le ballon d’or africain : Ça devient une affaire d’Etat

Polémique sur le ballon d’or africain

Ça devient une affaire d’Etat

 

La polémique née de l’attribution du ballon d'or africain au Malien Frédéric Kanouté alimente toutes les conversations au Ghana et est en passe même de devenir une affaire d’Etat. D’aucuns pensent que cette distinction devrait revenir à l’Ivoirien Didier Drogba et que ce dernier a été déchu pour la simple raison qu’il n’a pas honoré de sa présence la cérémonie de remise du prix le vendredi dernier à Lomé. Du coup, l’affaire a pris une autre tournure et la CAF souhaiterait entendre l’Ivoirien pour des propos qu’il aurait tenus à certains responsables de l’instance africaine de foot.

 

Déjà l’attaquant ivoirien dit avoir été victime d’un complot, monté par la Confédération africaine de football. Le sociétaire de Chelsea estime qu’il n’a pas reçu le titre du meilleur joueur africain du simple fait qu’il n’a pas accepté de participer à la cérémonie en question, car on était à 48h du 1er match des quarts de finale, Côte d’Ivoire # Guinée (5-0). Il n’y a pas de doute que Drogba était grandissime favori à sa propre succession. Mais, à la surprise générale, c’est au Malien Frédéric Kanouté que cette distinction a finalement été attribuée. Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le dimanche 3 février dernier, le camp ivoirien n’a pas caché sa colère face à ce verdict. «La CAF s’est mise dans un vrai embarras. L'un de ses responsables a appelé Didier Drogba avant la cérémonie lui faisant savoir qu’il attribuerait le titre à Frédéric Kanouté s’il ne venait pas. C’est ce qui s’est passé», a souligné un membre de la fédération ivoirienne de football. Pour lui, le président de la CAF, le Camerounais Issa Hayatou, vient de démontrer aux yeux du monde entier la légèreté avec laquelle il gère le foot africain. Si c’est le cas, c’est que l’histoire va le rattraper.

En effet, est-il impossible de remettre un prix à un lauréat absent ? Bien sûr que non. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il y a des distinctions à titre posthume, sinon on serait allé réveiller le défunt pour qu’il vienne recevoir sa consécration.

On se rappelle qu’en 2005, quand Samuel Eto'o avait remporté pour la troisième fois consécutive le titre de Meilleur joueur africain, c’est son épouse, Mme Eto'o née Georgette Tra Lou (une Ivoirienne), qui avait représenté son mari, empêché. Si notre mémoire est bonne, ce jour-là, il devait disputer un match du championnat espagnol avec le Barça. Et la CAF n’avait rien trouvé à y redire. Maintenant, est-ce parce qu'un match de championnat, fût-il de l'Espagne, est plus important qu'un match de quart de finale de Coupe d'Afrique des Nations ? Est-ce parce que Samuel Eto'o est Camerounais comme lui Hayatou qu'il a eu cette faveur ? Est-ce parce que M. Hayatou n'aime pas la personne de Didier Drogba et partant, la Côte d'Ivoire qu'il a donné "la chose" de Drogba à Kanouté ? Est-ce une autre façon de régler les différends qui l'opposent à Jacques Anouma, le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) ? Ce sont-là, autant d'interrogations auxquelles seule la CAF est capable de répondre. Mais toujours est-il que Eto'o l'avait fait en 2005, dans une situation moins importante que celle qui a joué contre Didier Drogba, vendredi dernier.

Le dimanche dernier, l’attaquant et capitaine de la sélection ivoirienne se sentant lésé a déclaré qu’un membre éminent de la CAF (Confédération africaine de football), sans le citer, l’avait appelé vendredi après-midi pour lui demander de venir à la cérémonie. Devant son refus, la personne lui a expliqué que le n°2, Frédéric Kanouté, serait nommé vainqueur. Drogba a donc décidé de ne plus faire partie des nominés au meilleur joueur africain de l’année. «C’est une décision difficile à prendre, car j'ai beaucoup de respect pour ce titre qui m’avait rendu très fier l’année dernière, mais je ne peux pas cautionner ce qui s’est passé. Ma femme devrait se rendre à Lomé récupérer le prix, et on m’a expliqué que ce n’était pas à elle de venir, mais moi». C’est devenu un véritable scandale pour la CAF. Dans le même temps, et à propos de l’échange téléphonique entre le membre de la CAF en question et Drogba, le Congolais Constant Omari Selemani, responsable de la commission de discipline de la CAF, a précisé que l'attaquant ivoirien ne pouvait pas être sanctionné pour diffamation.

Mais cette même commission de discipline a envoyé «une note» ferme, en guise d'avertissement, à la fédération ivoirienne de football, à la suite des banderoles jugées «outrageantes» dans le stade de Sekondi avant le match des Eléphants contre le Silly national (5-0). On pouvait lire sur l'une de ces banderoles : «Caf, tricheuse, voleuse, Drogba meilleur africain».

La CAF a réagi par la voix de son directeur de la communication, Souleiman Habuba, qui estime que «le Comité exécutif de la CAF, qui est l’émanation des différentes zones que compte le continent, ne fait que proclamer les résultats du vote des entraîneurs des sélections nationales d’Afrique, dont ce choix est du ressort exclusif». Mais jusque-là, les détails du vote n’ont pas été révélés. M. Habuba a enfin indiqué qu’avec toutes la polémique suscitée par la libération des joueurs pour la CAN, il fallait coûte que coûte profiter de la présence des joueurs en Afrique pour tenir ses Awards et selon lui, le choix de Lomé (qui est à 20 minutes d’avion d’Accra) s’explique par le parrainage du ballon d’or par un sponsor concurrent (Globacom) de celui de la CAN (MTN), tous des opérateurs de téléphonie mobile. Toujours est-il qu’on attend maintenant la sortie du président de la CAF, Issa Hayatou, himself.

 

De notre envoyé spécial à la CAN,

Kader Traoré

L’Observateur Paalga du 8 février 2008



08/02/2008
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