L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Pour l'UNIR/MS, il est grand temps de rompre le silence

Affaire Thomas Sankara

Pour l'UNIR/MS, il est grand temps de rompre le silence

 

Prince Johnson, à l'occasion de sa comparution devant la Commission vérité et réconciliation mise en place par son pays, le Liberia, aurait déclaré, selon l'Union pour la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS), avoir aidé le président du Burkina Faso à éliminer le capitaine Thomas Sankara. A cet effet, elle lui demande une explication à travers cet écrit.

 

Monsieur le Président,

Comparaissant volontairement et librement devant la Commission vérité et réconciliation mise en place par le peuple et le gouvernement libériens, Prince Johnson, ancien chef de guerre, a affirmé avoir été sollicité par vous pour participer à l'élimination physique du Président du Conseil national de la révolution, le Capitaine Thomas Sankara. Prince Johnson précise, par ailleurs, que l'on n'était pas dans le faux lorsque l'on a avancé que des Libériens s'étaient, entre autres, chargés de ce "job".

 

Monsieur le Président,

Ces graves accusations, relayées tant par la presse tant nationale qu'internationale, vous clouent au pilori. En effet, quand on considère l'implication de la Communauté internationale dans la recherche de la paix au Liberia et la stabilité de ses institutions, on mesure toute l'importance de cette commission vérité et réconciliation et toute la solennité que commande le repentir chez un homme comme Prince Johnson. De ce fait, l'on peut également mesurer combien les déclarations faites devant cette commission valent leur pesant d'or pour le retour de la paix au Liberia et la réconciliation de ses fils. Pendant que tous les autres pays alentour affrontent courageusement leur passé pour construire leur avenir, vous avez malheureusement emmuré le Burkina Faso sous une chape lourde et épaisse depuis vingt et un (21) ans, en faisant tuer votre ami et frère d'armes avec l'aide de mercenaires comme Prince Johnson et Charles Taylor, à qui vous avez renvoyé l'ascenseur au Liberia de la manière que l'on sait désormais ici et partout ailleurs.

 

"Les fuites en avant ne serviront à rien"

        

Ces révélations, Monsieur le Président, vous accusent, et l'histoire vous rattrape en dépit des travestissements multiples et des incessantes manipulations sur les plans judiciaire et diplomatique. Aussi, au moment où le Tribunal pénal international (TPI) pour le Liberia examine ces dossiers, il est grand temps, il est impérieux, Monsieur le Président, que vous rompiez enfin le silence pour faire face courageusement à vos responsabilités aussi bien dans l'assassinat du Président Thomas Sankara que dans les autres crimes odieux commis en collusion avec des Libériens comme Prince Johnson et Charles Taylor, tous commandités par des intérêts étrangers.

C'est pourquoi l'Union pour la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS), saisissant cette opportunité des déclarations publiques et officielles de l'ex-chef de guerre Prince Johnson, vous demande instamment une explication. Le peuple burkinabé, à l'instar de celui du Liberia, a droit à la vérité comme condition sine qua non de la réconciliation et de l'unité nationale, comme facteur incontournable de  progrès et d'enracinement de la démocratie. Les fuites en avant ne serviront à rien, Monsieur le président, car, comme vous le savez bien, aussi longue que soit la nuit, viendra nécessairement le jour.

Pour l'heure et en tout état de cause, l'UNIR/MS se réserve, le cas échéant, le droit de demander votre comparution à titre tout au moins de témoin devant le TPI, que nous pourrions saisir par l'effet de connexité. En attendant, elle vous interpelle vivement à bien vouloir répondre très diligemment aux accusations faites publiquement contre vous par Prince Johnson. Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression de notre inébranlable détermination.

 

Avec le peuple, victoire !

 

Ouagadougou, le 2 septembre 2008

 

Maître Bénéwendé S. Sankara

L’Observateur Paalga du 4 septembre 2008



04/09/2008
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