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Processus de paix en Côte d’Ivoire : Accord de Ouaga, bréviaire du Conseil de sécurité

 

Processus de paix en Côte d’Ivoire

Accord de Ouaga, bréviaire du Conseil de sécurité

Le processus de paix en Côte d’Ivoire a reçu de nouveau un soutien de taille le 9 juin 2008 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Une délégation de la structure onusienne, arrivée lundi dernier à Abidjan, dernière étape d’une tournée africaine, a en effet réaffirmé son soutien aux efforts de paix au pays du président Félix Houphouët Boigny, coupé en deux suite à la tentative de renversement en 2002 du régime Gbagbo.

Le processus de paix en Côte d’Ivoire, rendu possible grâce à l’accord politique de Ouagadougou (APO), signé en mars 2007 entre les différentes parties, a le soutien du Conseil. C’est ce qu’a déclaré en substance le chef de la délégation, l’ambassadeur du Burkina Faso auprès de l’ONU, Michel Kafando.

A l’issue d’une entrevue des envoyés du Conseil de sécurité avec le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, monsieur Kafando a laissé entendre que « tous les acteurs politiques doivent être impliqués. La société civile doit jouer son rôle sinon nous courons le risque de ne pas atteindre le résultat escompté ».

C’est en principe le 30 novembre prochain qu’aura lieu l’élection présidentielle censée ramener la paix en Côte d’Ivoire. Les émissaires onusiens ont demandé que les partis politiques « se conforment au code de conduite de bonne foi », signé, lui, en avril en présence du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Le chef de la délégation a souhaité que les consultations se déroulent dans la transparence et l’équité.

Au cours de son bref séjour abidjanais, la délégation du Conseil de sécurité a également rencontré l’opposition et les chefs militaires. A l’occasion, l’ex-Premier ministre Alassane Dramane Ouattara (ADO) a suggéré à l’organisation mondiale de « renforcer ses forces pour la sécurisation de l’élection présidentielle, à laquelle il participera en tant que candidat de son parti ». Pour le président du RDR (Rassemblement des républicains), il s’agit d’éviter que la Côte d’Ivoire connaisse une période postélectorale triste comme dans certains pays.

Le général Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée, pour sa part, assure : « Nous sommes prêts pour la sécurisation des élections ». Même air chanté par son homologue Soumaïla Bakayoko, patron des troupes armées des Forces nouvelles (FN), qui soutient que l’ex-rébellion est disposée à faire en sorte que les élections se passent dans les délais.

Tout est mis en œuvre pour que ces délais soient respectés, selon le patron de la CEI (Commission électorale indépendante), qui n’a pas manqué de souhaiter vivement la présence d’observateurs internationaux.

En se rendant au bord de la lagune Ebrié, la mission de l’ONU entendait « encourager davantage les parties à appliquer intégralement et de bonne foi toutes les dispositions de l’APO et ses accords complémentaires, souligner la nécessité de respecter le calendrier qui y est établi et les assurer de l’appui du Conseil à cet égard ».

Il s’agissait aussi d’exhorter le gouvernement et la CEI à la résolution rapide des questions techniques relatives aux élections ; d’engager les protagonistes de la scène politique ivoirienne à créer un environnement favorable pour que les élections se déroulent d’une manière libre, ouverte, régulière et transparente ; de rappeler l’importance de la certification de tous les stades du processus électoral par le représentant spécial du secrétaire général, Ban Ki-moon.

Au regard de tout l’intérêt accordé à la situation en Côte d’Ivoire, sans prétention aucune, on peut reconnaître que l’APO est le bon parmi tous ceux qui ont été paraphés depuis le début de la crise sociopolitique en Eburnie.

La Table ronde de Linas-Marcoussis, les accords d’Accra I et II, les différents arrangements de l’ONU… rien n’avait, jusque-là, permis d’espérer une issue heureuse de l’imbroglio ivoirien. Seul l’accord de Ouaga, l’énième d’une longue série, fait son petit bonhomme de chemin et c’est tout à l’honneur du facilitateur du dialogue direct interivoirien, le président Blaise Compaoré.

Il a l’adhésion de beaucoup d’observateurs et redonne confiance à plus d’un. Est de ceux-là le président de la section Afrique du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Patrick Lucas, qui, à l’issue d’une audience avec Gbagbo, a estimé que le moment est venu pour les hommes d’affaires français d’investir et de réinvestir en Côte d’Ivoire.

Pour lui, « beaucoup de problèmes ont été résolus et d’autres sont en cours de résolution ». Il en veut pour preuve une série d’indicateurs politiques et économiques. La réouverture prochaine du lycée français va aussi, selon lui, accélérer le retour des entreprises de l’Hexagone qui ont quitté le pays en novembre 2004 à la suite de violentes manifestations antifrançaises à Abidjan.

Tout présage donc d’une bonne reprise des relations de la Côte d’Ivoire avec la métropole et le mérite revient à l’APO. Le soutien du Conseil de sécurité peut s’avérer un plus pour l’aboutissement du processus de paix chez nos frères, les Ivoiriens.

D. Evariste Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 11 juin 2008

 



11/06/2008
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