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Projet AFD à Bogodogo : "Déguerpissement oui, mais où aller ?

Projet AFD à Bogodogo

"Déguerpissement oui, mais où aller ?

 

Le projet de viabilisation des quartiers périphériques de Ouagadougou financé par l'Agence française de développement (AFD) cristallise la colère des populations riveraines des secteurs 28, 29 et 30 de Ouagadougou.

Le mercredi 17 octobre 2007, elles ont manifesté toute la journée devant la mairie de Bogodogo, qui a commencé l'opération de déguerpissement sans que les attributaires de parcelles ne touchent du doigt leurs "quatre bornes" sur le site d'accueil.

 

17 octobre 2007, alors que la Communauté internationale commémore la Journée du refus de la misère, les populations riveraines des infrastructures communautaires en cours de réalisation sur financement de l'Agence française de développement (AFD) ont crié leur misère à la mairie de Bogodogo. En effet, cette Agence a financé le projet de viabilisation des quartiers périphériques de Ouagadougou, à hauteur de 9,5 milliards pour l'adduction en eau potable, le bitumage des routes et des travaux d'assainissement. Ce projet ajouté à celui de Ziga nécessite le déguerpissement d'un millier de personnes des quartiers à habitats spontanés des secteurs 28, 29 et 30 de la commune de Bogodogo. Si certains attributaires de parcelles dans le cadre du lotissement ont pu avoir leurs lopins de terre à Balkoui et à Widtenga, l'immense majorité des gens attendent, avec leurs reçus, qu'on identifie leurs "quatre bornes". C'est dans ce contexte que la marie a commencé les opérations de démolissement des maisons concernées au secteur 28. C'est une foule nombreuse composée d'hommes, de femmes, de jeunes, de vieux et de vieilles qui a croisé le fer avec la police municipale et les hommes du commissaire central de police de Ouagadougou,  Paul Sondo.

"On a commencé à démolir nos maisons sans qu'on sache où aller ; nous sommes venus dire au maire qu'il faut d'abord identifier nos parcelles, nous donner un délai suffisant pour partir et enfin nous dédommager pour que chacun construise au moins une maison de huit (8) tôles", nous explique, irrité, un membre du comité de crise, Saïdou Sawadogo. "Nous sommes des Burkinabè ; nous avons droit à la terre ; nous avons appris que le projet a financé, mais nous n'avons rien reçu, ni parcelle ni argent ; parmi nous, il y en a qui se sont acquittés des frais de 50 000 F, d'autres de 100 000 F parce qu'attributaires de parcelles, mais c'est toujours l'incertitude", poursuit dans l'amertume un jeune homme. "Ce matin, quand j'ai appris que les machines arrivaient, j'étais dans la panique ; où irais-je avec mes enfants scolarisés dans le quartier", s'inquiète Pauline Nignan.

Selon les manifestants, la mairie ne les a pas associés dans les prises de décision les concernant et aucun dialogue n'a été instauré. Ils soutiennent que des milliers d'enfants scolarisés sont en difficulté du fait de "ce déguerpissement sans délai et non négociable". Parmi eux, il y en a dont les numéros ne sont pas sortis et espèrent toujours l'examen de leurs cas.

 

"Nous ne pouvons pas mentir"

 

Que dit le maire de la commune, Zénabou Drabo ? Nous l'avons rencontrée dans son bureau où elle est restée pendant la manifestation. Pour elle, 1130 riverains sont attributaires de parcelles et plus de 800 parcelles ont été dégagées à Widtenga et le reste à Balkoui. Seulement, on a cultivé sur les sites et les cultures étaient au stade de floraison, ce qui a fait que dans le mois d'août les techniciens n'ont pas pu procéder à l'identification des parcelles. En revanche, tous les attributaires ont reçu, selon le maire, des papillons où les références des parcelles figures et ont signé dans le registre de la mairie. "Nous ne pouvons pas mentir, tous ceux et toutes celles qui sont attributaires et qui ont déjà versé leur argent auront leurs parcelles, ils peuvent en cas de doute aller au Cadastre pour se rassurer", foi d'hadja. Pourquoi vous n'avez pas attendu l'identification des parcelles avant le déguerpissement ? A cette question la députée nous a fait remarquer que les délais d'exécution doivent être respectés. S'agissant du dédommagement dont parle la population, le maire a relevé que le projet financé par l'AFD ne l'a pas prévu et qu'il y a de l'intoxication de la population qui fait état d'un dédommagement de 300 000 F par famille.

A l'en croire, un premier recensement a été fait en avril 2007 suivi d'un second en août, et les populations ont été bien informées de l'imminence du déguerpissement avant les opérations de démolissement. Près de 500 personnes,  au secteur 28, sont déjà parties, ce qui fait dire que ce refus brusque pourrait relever de l'instrumentalisation. Il faut instaurer un dialogue et prioriser les actions de sensibilisation pour qu'un terrain d'entente soit trouvé. Il y va de l'intérêt de toute la commune.

 

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga du 18 octobre 2007



18/10/2007
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