L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Qu'est-ce qui fait courir Kôro Dri .

Cher Wambi,

 

Oh, que d'eau ! Que d'eau ces jours-ci au Faso et qui, hélas, balaie tout sur son passage, coulant allègrement vers la côte ouest-africaine !

La disette après les tornades ?

Je n'ose pas y répondre, cher cousin, car cette si exceptionnelle pluviométrie ne fait pas que des heureux.

Au-delà des inondations, se profile à l'horizon une fin de campagne agricole calamiteuse.

Loin de moi l'idée de jouer aux oiseaux de mauvais augure, mais nous ne perdons rien à nous préparer au pire, même si du côté des autorités burkinabè et du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) on affiche un certain optimisme.

En tout cas, les précipitations ne faiblissent point, comme peuvent en témoigner les relevés météorologiques de la semaine du jeudi 30 août au mercredi 05 septembre 2007 dans nos différentes stations :

Dori = 90,4 mm ; Ouahigouya = 88,9 mm ; Ouagadougou-aréo = 81,0 mm ; Ouagadougou-Somgandé = 43,7 mm ; Dédougou = 56,8 mm ; Fada N'Gourma = 59,6 mm ; Bobo-Dioulasso = 40,0 mm ; Boromo = 29,6 mm ; Pô = 94,9 mm ; Gaoua = 138,6 mm ; Bogandé = 12,0 mm.

 

Hélas, cher cousin, en ces temps difficiles, ils sont nombreux qui, toute honte bue, n'hésitent pas à tirer profit du malheur des sinistrés,  à l'exemple des hyènes s'acharnant sur la charogne.

Je n'en veux pour preuve que cette bassesse d'un préfet servant dans la province du Houet.

"Les nombreux cas d'inondation enregistrés au cours de ces dernières semaines en cette saison pluvieuse ont causé, comme on le sait, d'importants dégâts matériels et des pertes de vies humaines. Les images apocalyptiques qu'il nous a été donné de voir dans certaines localités ne pouvaient laisser indifférentes les âmes sensibles. Des dons en nature, constitués essentiellement de vivres, sont convoyés chaque jour vers les zones sinistrés par de nombreuses ONG et d'autres structures de bienfaisance afin de soulager les victimes de ces inondations. Ce témoignage de solidarité mérite d'être salué et encouragé, surtout par les autorités politiques, dont les actions en faveur des sinistrés sont, jusque-là, éphémères. Mais ce qu'il nous a été donné de constater lundi dernier dans un département de la province du Houet était tout simplement inimaginable. Alors qu'une ONG était arrivée pour la remise suivie de la distribution séance tenante de vivres aux sinistrés d'un village, l'autorité politique locale a tout simplement choisi de boycotter les généreux bienfaiteurs au motif que la procédure de secours d'urgence n'a pas été respectée. En fait de procédure, le préfet dudit département voulait tout simplement avoir la mainmise sur l'important stock de produits destinés aux sinistrés pour ensuite les gérer à sa guise. Ce que  l'ONG n'a pas accepté, et pour manifester sa colère, le préfet a opté pour le boycott. Refus de prononcer son discours et même de se prêter aux questions des journalistes. Pire, il a même déserté le village, abandonnant ainsi ses sinistrés aux responsables de l'ONG. Mais tout s'est finalement bien passé et pour les donateurs et pour les bénéficiaires. Ce qui est sûr, l'objectif a été atteint pour cette ONG. Tant pis pour le préfet. "

Quand même ! Dans quel monde sommes-nous donc ?

 

Reporté une première fois au profit d'une enquête à parquet devant faire la lumière sur le scandale des concours directs de la Fonction publique, le procès des présumés fraudeurs, déjà incarcérés à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), s'ouvre enfin, sauf changement de dernière minute, au Palais de justice à Ouaga 2000.

En attendant d'en savoir davantage, cher cousin, il me revient que l'un des prévenus, et pas des moindres, serait déjà passé aux aveux.

A ce qu'on dit, en effet, il aurait reconnu avoir prélevé les épreuves des concours des douanes ; de l'Ecole nationale des régies financières (ENAREF) et des Agents itinérants de santé au profit de son petit frère. J'apprends par ailleurs que la correction des copies des candidats à ces différents concours a été suspendue.

Va-t-on alors vers la reprise des épreuves ?

Je ne saurais y répondre.

Mais j'imagine déjà les dépenses et autres désagréments qu'occasionnerait une telle éventualité.

De sources proches du dossier, on indique tout de même que toutes les conditions étaient bel et bien réunies pour réussir l'exploit de la fraude.

Dommage !

 

Tu l'as certainement déjà appris, cher cousin, par un décret des plus secs, signé le 04 septembre 2007, le président du Faso, président du Conseil des ministres, a nommé un nouveau président du Conseil constitutionnel en la personne du magistrat de grade exceptionnel, 4e échelon, Dé Albert Millogo.

Le susnommé est loin d'être un inconnu dans la scène politique pour qui se souvient qu'il avait déjà été ministre de la Défense du Burkina Faso de novembre 1996 à juin 1997.

Néanmoins, le décret présidentiel fera des vagues d'autant plus qu'il n'a point révélé ce pourquoi l'ancien président, Idrissa Traoré, a ainsi été remercié ni ce à quoi il est désormais destiné.

N'est-ce pas un sujet de débats dans les cabarets d'ici et d'ailleurs ?

Mais d'ores et déjà, cher cousin, je m'en voudrais de ne pas écarter l'hypothèse d'un départ à la retraite, sachant l'ancien président  né le 21 mars 1949.

A 58 ans donc, il respire encore la pleine forme.

Mais pourquoi alors ?

Si d'aucuns avancent que le grand sachem n'a fait que poursuivre le réaménagement et le relookage de l'appareil judiciaire depuis le remaniement ministériel, ils sont nombreux aussi qui ont entrepris un voyage dans l'histoire récente du Conseil constitutionnel.

L'on se souvient, par exemple, qu'à la tête de l'institution depuis novembre  2002, Idrissa Traoré avait eu l'honneur de réinstaller le président Blaise Compaoré le 20 décembre 2005.

Et je l'entends encore demander à l'enfant terrible de Ziniaré, qui lui faisait à l'occasion l'état de ses biens sur deux feuillets : "C'est tout ?".

Quelques mois après, Idrissa Traoré disait le droit dans l'affaire des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), exhibée par  Harouna Dicko à la faveur des municipales de mai 2006.

Est-il sûr d'avoir fait plaisir à tout le monde ?

Son dernier grand dossier sera celui du Parti africain de l'indépendance (PAI), sur lequel chacun des protagonistes l'attendait de pied ferme au délibéré du 9 octobre prochain.

L'administration étant une continuité, son successeur s'en chargera.

Mais ont-ils tort, ceux qui prétendent sentir des odeurs nauséabondes de mauvaise gestion émanant du Conseil constitutionnel ?

Difficile d'y répondre dans l'immédiat, mais on a hâte de savoir ce qui a bien pu faire partir "Koro" Dri.

Pour ma part, cher cousin, je me suis intéressé à l'appréciation littérale faite par le directeur du centre de stage adjoint du Tribunal de Grande instance de Reims, D. Cauturier, à l'issue du stage de Dé Albert Millogo à la Cour d'appel dudit tribunal le 7 juin 1952.

Cher cousin, tu ne perds rien en la parcourant :

"D'une excellente présentation, d'une excellente éducation, affable, intelligent, cultivé, ouvert, très sympathique, toujours disponible, M. Millogo a été un auditeur particulièrement brillant.

Il s'est distingué par son aptitude aux relations humaines, son sens des problèmes humains, une curiosité intellectuelle très vive et diversifiée, son goût pour la discussion, des connaissances juridiques très étendues, qu'il sait appliquer aux cas d'espèces. Il s'est toujours acquitté avec compétence et efficacité des tâches qui lui ont été confiées.

 Les Magistrats qui l'ont accueilli ont apprécié la qualité de sa participation et de ses travaux: dossiers étudiés avec méthode; aptitude à appréhender rapidement les données des litiges, à comprendre les problèmes, à saisir les points importants; recherches juridiques approfondies et bien menées, sans jamais perdre de vue les aspects humains et sociaux des problèmes posés; détermination très pertinente des orientations et des solutions à donner aux affaires; travaux écrits clairs, précis, bien rédigés, solidement motivés, faisant apparaître de très bonnes qualités d'analyse et de synthèse.

Il a réussi très rapidement à surmonter une légère timidité pour requérir aux audiences avec compétence et autorité.

Au Tribunal pour enfants, il a su mener avec tact, compréhension, fermeté, bon sens, efficacité des entretiens parfois délicats.

Il possède toutes les qualités pour devenir un excellent Magistrat et paraît apte à toutes les fonctions."

 

7 juin 1982

Date et signature du directeur du centre de stage adjoint

D. Couturier

 

Et maintenant que je m'en vais t'ouvrir le carnet secret de Tipoko l'Intrigante, cher cousin, je te souffle à l'oreille la fêlure que le président du Groupe des démocrates et patriotes (GDP), j'ai nommé Issa Tiendrébéogo, a eue en fin août alors qu'il faisait son jogging matinal à la zone du Bois à Ouaga.

Ceux qui sont dans les secrets des dieux font état d'un traumatisme du col du fémur, sans extrême gravité, puisque Issa Tiendrébéogo aurait  pu s'en remettre naturellement.

Même si l'enfant terrible de Saponé aurait opté pour une intervention chirurgicale, qui se serait d'ailleurs déjà effectuée dans la semaine à la clinique notre Dame de la Paix avec  succès.

 

• A peine rentré du pays de l'Oncle Sam, Ouezzin Louis Oulon, qui préside aux destinées de Reporters du Faso, s'élève déjà contre l'excès de zèle manifesté le 25 août dernier par un élément de la sécurité du Premier ministre burkinabè à l'encontre d'un photographe de Sidwaya :

 "Le 25 août dernier, un photographe du journal Sidwaya a eu maille à partir avec la sécurité du Premier ministre. Le photographe, qui tentait de faire son travail, a eu son appareil retiré et endommagé.

Reporters du Faso condamne cet excès de zèle du gendarme qui a porté ainsi atteinte au travail de collecte de l'information de notre confrère. La liberté d'informer ne saurait se marchander, et l'attitude de l'agent de sécurité du Premier ministre n'honore pas le corps de la gendarmerie en même temps qu'elle est de nature à ternir l'image du Premier ministère.

A cet effet, Reporters du Faso salue l'initiative du directeur de la communication du Premier ministre, qui s'est déplacé au sein du journal pour présenter les excuses de la sécurité et de son département au photographe ainsi qu'à l'organe de presse.

Reporters du Faso espère que de tels incidents malheureux et inutiles ne se répéteront plus."

 

Ouagadougou, le 5 septembre 2007.

 

  Pour le Bureau

Le président

Ouezzin Louis Oulon

 

 

Démission du commissaire régional du Centre-Nord, et membre du Bureau politique national de l'UNIR/MS, en l'occurrence Gansoré Tibila Aly, qui s'en ouvre à son président.

 

"Au

Camarade président de l'Union pour la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS), Ouagadougou

 

Camarade Président,

 

En m'inspirant des textes réglementant la vie du Parti et qui reconnaissent à tout militant le droit de démissionner, je voudrais par la présente vous notifier ma démission, à compter de ce jour 04  septembre 2007, de mon poste de commissaire régional du Centre-Nord ainsi que de toutes  les instances de l'UNIR/MS pour convenances personnelles.

Veuillez recevoir, camarade président de l'UNIR/MS, et en toute camaraderie, cette note, que je formule à votre endroit."

 

Ouagadougou, le 04 septembre 2007.

 

Gansoré  Tibila Aly

Commissaire régional du Centre-Nord,

membre du Bureau politique national,

 secteur 19, Ouagadougou

L'Observateur Paalga du 7 septembre 2007



07/09/2007
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