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Rébellion touarègue au Niger : Blaise veut faire une piqûre de rappel

Rébellion touarègue au Niger

Blaise veut faire une piqûre de rappel

 

Depuis le début de l’année 2007, une crise secoue le nord du Niger, où des postes de  l’armée nationale sont l’objet d’attaques itératives de la part de rebelles du Mouvement nigérien pour la justice (MNJ). On croyait ce pays avoir tourné définitivement le dos aux violences qui entravent son développement, depuis en tout cas l’accord de paix signé le 24 avril 1995 à Ouagadougou, entre gouvernement et rebelles. Mais ne  voilà-t-il pas que ces derniers temps, le spectre de la dissidence armée refait surface  ; même si le pouvoir à Niamey persiste à vouloir faire accréditer la thèse fallacieuse de simples bandits et autres trafiquants d’armes. Sur le terrain en tout cas,  les choses ont pris une tournure sanglante, où, sur fond d’enlèvements et de prises d’otages, on compte des morts ainsi que des blessés de part et d’autre. Face à une telle dégradation de la situation, des voix de partis politiques, y compris celle de celui au pouvoir, s’élèvent pour exiger l’arrêt des hostilités et une instauration du dialogue.

 Et à l’évidence, il va falloir dialoguer avec la rébellion touarègue, que le président Mamadou Tandja, dans ses sorties négationnistes, refuse de reconnaître comme telle. Celle rébellion, organisée autour du MNJ, poserait pourtant, comme condition d'un retour à la paix, une meilleure insertion des Touarègues dans l’armée, les différents corps paramilitaires et leur intégration dans le tissu économique notamment dans le secteur minier. Le prix à payer donc, pour éviter que le pays d’Hamani Diori  ne renoue avec les vieux démons de la violence des années 90, réside dans un dialogue franc entre le pouvoir de Niamey et les éléments du MNJ. A problème politique, solution politique. C’est certainement dans cet esprit qu’il faut comprendre l’initiative prise cette semaine par le président Blaise Compaoré, président en exercice de la CEDEAO, de dépêcher sur les bords du Niger son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolet. Si officiellement le chef de la diplomatie burkinabè est allé manifester au président Tandja l’appui de son homologue burkinabè, il est tout aussi plausible qu’il ait par la même occasion offert les bons offices de notre pays pour la mise en place des conditions du dialogue. De ce point de vue, il s’agit alors d’une piqûre de rappel, si on se souvient, comme nous l’avons déjà suggéré plus haut, qu’en 1995 déjà, c’est sous les auspices de notre pays que l’accord de Ouagadougou avait été signé. En somme, c’est l’occasion de pratiquer une sorte de suivi-évaluation de ce dossier pour voir ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été. 

Une tâche qui intervient au moment où Blaise Comparé, naguère  perçu comme le trublion de la sous-région, a en charge la gestion du dialogue intertogolais et le processus de paix dans la crise ivoiro-ivoirienne. Un troisième front diplomatique donc en perspective, alors que tout n’est pas encore définitivement résolu ni du côté togolais, ni du côté ivoirien, loin s’en faut.

Un troisième front ? Encore faut-il que le pouvoir nigérien accepte de reconnaître la réalité de la rébellion sur son sol. Encore faut-il que de son côté cette rébellion soit vraiment disposée à dialoguer, c’est-à-dire à se départir de tout maximalisme dans ses revendications.

Il resterait alors à la partie burkinabè de donner la preuve qu’on peut être efficace sur trois fronts à la fois, c’est-à-dire en somme, qu’en matière de médiation, on peut trop embrasser sans mal étreindre.

Agnan Kayorgo

L’Observateur Paalga du 18 juillet 2007



18/07/2007
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