L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Retour de Maputo :J’ai eu une de ces peurs !

Retour de Maputo

J’ai eu une de ces peurs !

 

C’est toujours agréable de faire un voyage à l’étranger. Mais il arrive que vous ayez peur qu’un malheur ne vous arrive. C’est ce qui m’habitait quand je devais me rendre au Mozambique pour le match retour Mambas # Etalons, comptant pour la 4e journée des éliminatoires de la CAN 2008. Tout s’est bien passé, mais j’ai eu la chair de poule après l’escale d’Accra. Quatre ans après les éliminatoires de la CAN 2004, j’ai revu Maputo qui m’a encore laissé un souvenir inoubliable.

 

Par ces temps qui courent, prendre l’avion fait peur. Et c’est la première fois de ma vie que la peur de mourir dans les airs a traversé mon esprit. On a encore en mémoire le crash du bœing de Kenya Airways survenu dans la nuit du 4 au 5 mai 2007 au Cameroun avec 114 passagers à bord. Cette terrible catastrophe m’a rappelé l’histoire de la Sémillante, cette frégate qui avait fait naufrage dans les environs de Bonifacio. Elle était chargée de troupes pour la Crimée, et était partie de Toulon avec le mauvais temps. La brume et l’orage étant de la partie, la Sémillante, en dérive, avait filé comme le vent pour aller s’écraser sur les rochers.

Il y avait six cents cadavres en tas sur le sable, pêle-mêle avec les éclats de bois et les lambeaux de toile…

La mer l’avait si broyée et réduite en miettes que les cadavres étaient presque tous défigurés, mutilés affreusement…

Ces événements se passèrent le 15 février 1855, et même si la Sémillante n’était pas un avion, c’est le drame qu’il faut retenir.

Daudet a raconté, dans Lettres de mon moulin, cet épisode douloureux, et que c’est à l’endroit même où la frégate avait péri corps et biens qu’ils ont été enterrés. Pas une couronne d’immortel, pas un souvenir ! Rien…

Les pauvres morts reposent depuis toujours dans leur tombe de fortune ! C’est  le même sort pour les passagers de Kenya Airways. Comme le capitaine du pauvre navire, le commandant du bœing n’a pu amener à bon port les passagers dont il avait la charge.

Quand j’ai eu l’accord de mon réd.chef pour me rendre à Maputo dans le cadre du match retour Mozambique # Burkina Faso, comptant pour la 4e journée des éliminatoires  de la CAN 2008, j’avais peur des caprices du sort, de partir pour une destination éloignée pour ne plus en revenir.

On me dira que ce sont les risques du métier et que d’ailleurs, si je craignais la mort, la solution était de renoncer à voyager. Peu m’en chaut. Voyez-vous, quand on tient à aller vivre un match décisif qui va décider du sort de votre équipe nationale, ça excite à voyager, même si on est conscient qu’un malheur arrive si vite !

A quelques jours de mon départ, j’étais toujours en proie à une vive anxiété. En fait, je ne tenais pas à quitter cette vallée de larmes sans réaliser une ambition : terminer un recueil de poèmes dont la première partie évoque le souvenir d’un homme simple qui eut un destin tragique. Un nom qui vivra éternellement dans la mémoire des gens. J’ai donc prié le ciel qu’il ne m’arrive pas malheur.

 

 

Mon cœur battait la chamade

 

Mercredi 30 mai 2007 : il est 12 h 15 quand j’arrive à l’aéroport international de Ouagadougou. Quand je partais de chez moi (j’habite au diable vauvert), le temps s’était éclairci pour se mettre au beau. A un moment, je craignais que la pluie ne vienne perturber mon voyage. Mais il n’a pas plu ce jour-là, et je peux dire que je suis né coiffé.

Assis non loin d’un cireur, je tente en vain de recharger par écrit mon portable pour un appel urgent. J’opte pour les instructions de recharge vocale, mais le résultat est toujours le même. Décidément… avec Telecel, on verra tout.

Au moment où je ronge mon frein, je vois arriver Sidiki Dramé de la radio et son technicien, Abdoul Salam Ouédraogo.

Fatigué par cette maudite carte, je les rejoins pour l’enregistrement. Après quoi, je vais chercher une fiche pour les formalités policières. Après l’avoir remplie, je vais m’asseoir sur une chaise. Des voyageurs continuent d’arriver, et parmi eux, il y a deux confrères : Alexis Konkobo de la télévision et son cameraman, Urbain Somé. Nous sommes maintenant cinq, et on n’attend plus qu’un seul confrère : Jérémie Nion de Sidwaya, qui semble ne pas  se presser.

13 h 57. On invite les passagers à destination d’Abidjan à embarquer. Un car nous dépose non loin de l’oiseau de fer où il y a une reconnaissance des bagages.

A 14 h 17, le Fokker 100 d’Air Ivoire quitte la piste. Je retiens mon souffle. L’avion s’éloigne de plus en plus de la ville, et déchire le ciel. De petits nuages blancs courent comme pour fuir l’appareil. Une hôtesse nous explique les consignes à observer en cas de danger. C’est toujours la même rengaine… mais voilà que nous traversons une zone de turbulences. Mon cœur bat la chamade. Quand l’avion retrouve son équilibre, j’éprouve du soulagement, et peu à peu mon inquiétude se dissipe. Je me désaltère d’un verre d’eau alors que l’oiseau de fer, lui, prend de l’altitude. Quand quelque une heure après, une voix annonce que nous allons bientôt atterrir, je regarde par le hublot. Ce n’était effectivement plus le même paysage que nous avons laissé derrière nous. Nous traversons en rase-mottes des cours d’eau, une frondaison de cocotiers et de palmiers. On est peut-être dans les environs d’Adjoufou, un quartier cosmopolite de la commune de Port-Bouèt.

15 h 34, l’avion prend contact avec la piste. Le voyage s’est effectué sans encombre, mais le chemin est encore long. En transit à Abidjan, on avait deux bonnes heures devant nous puisque la convocation pour Johannesburg était pour 20 h 35.

Nous sortons de l’aéroport international Félix-Houphouèt Boigny. Pour ne pas prendre des risques en nous éloignant, nous allons au maquis le plus proche, histoire de tuer le temps. La chaleur moite m’indispose. Comment  se peut-il alors que j’ai passé toute mon enfance à Abidjan ?

C’est à l’Opéra que nous prenons de quoi manger, l’attiéké pour certains, et le riz à la sauce « teint clair » pour d’autres. L’ambiance, entre nous, est bonne, et on cause de tout et de rien. Non loin de là, je vois un char d’assaut arrêté vers la tour de contrôle et sur lequel se trouvent des Français de la force Licorne. Je comprends tout de suite qu’ils sont là pour protéger l’aéroport, crise ivoirienne oblige, même si aujourd’hui, le pays est en train de retrouver la paix après cinq années d’angoisse.

En retournant à l’aéroport, je me demande avec quelle compagnie nous ferons le reste du voyage au Mozambique. A l’enregistrement, je constate que c’est une compagnie sud-africaine. Je suis un peu rassuré pour avoir déjà voyagé avec South African Airways en 2003 en partance de Dakar pour Maputo via Jo’ Burg. Ce voyage m’avait satisfait et je vous l’avais relaté dans un article précédent.

 

L’esquisse

 

A 21 h 8, l’Airbus 340 décolle. La nuit étant tombée depuis longtemps, je savais qu’on survolerait l’océan Atlantique, que je n’ai pu voir. De si haut, j’aime le contempler pour me transporter au sacré vallon.

Dans l’appareil, je suis impressionné par les sièges qui offrent un confort haut de gamme. Comme disent nos cousins de la lagune Ebrié, ça ne ment pas. L’intérieur est spacieux avec dans chaque compartiment, des vidéos vous  permettant de ne pas vous ennuyer à cent sous de l’heure. Un avion de ce standing, ce n’est pas à la portée de n’importe quelle compagnie.

Les hôtesses, foulard arc-en-ciel noué au cou, sont nombreuses et rapides dans le service. Un café que l’une d’entre elles me sert entre-temps me donne un léger sommeil.

A 21h 55, nous atteignons Accra. Je vois des gens en blouse spéciale pénétrer dans l’avion pour un nettoyage. Je commence à dormir comme un loir, et je ne me  réveille que trois  heures plus tard quand l’avion commence à amorcer son décollage d’Accra. Une escale de trois heures dont j’aurai l’explication plus tard, et le lecteur comprendra pourquoi j’ai eu une de ces peurs ! Quand il a quitté la capitale ghanéenne, il était 1 h 29. Le sommeil m’ayant fui, j’ai passé le reste du temps à crayonner mes impressions de voyage. Je tenais à esquisser  le plan de mon travail avant qu’on arrive  à Maputo. Pour cela, il fallait laisser l’essor à mes pensées.

 

La panne d’Accra

 

C’est le jeudi 31 mai 2007 à 6 h 59 TU, soit 8 h 59 heure locale, que nous arrivons à Jo’Burg. Descendus de l’appareil, nous nous dépêchons pour ne pas rater le vol de Maputo. Mais c’est ce qui se passe, puisque nous apprenons que l’avion prévu pour 7 h 35 TU (9 h 35 heure locale) est déjà parti. Notons au passage que nous trouvons les Etalons à l’aéroport, qui reviennent du Zimbabwe où ils ont disputé un match amical contre les Warriors (1-1). On doit donc faire route ensemble à l’exception de Dagano qui a bougé avec le premier vol.

A Accra, l’escale a duré trois heures, ce qui est quand même trop. Je ne savais pas qu’il y a eu des problèmes au Ghana. J’apprends par Alexis Konkobo que le pilote  a détecté la panne d’une pièce et ne pouvait pas voler d’Accra pour Jo’ Burg. Il fallait l’accord des responsables en Afrique du Sud pour qu’on change la pièce. On multiplie les échanges, et finalement, Jo’Burg  donne son accord pour que des mécaniciens ghanéens procèdent au changement de la pièce en question. Selon Alexis, on a annoncé à plusieurs reprises, en anglais, les raisons de ce retard. Comme je le disais, pendant un moment, j’étais dans les bras de Morphée. Par ailleurs, même si je ne dormais pas, ce n’est pas sûr que j’aurais pu savoir de quoi il s’agissait, puisque je ne comprends pas la langue de Shakespeare.

Encore sous l’impression du récit que je venais d’entendre, j’ai des sueurs froides. Et je remercie le Ciel pour n’en avoir rien su avant notre arrivée à Jo’Burg, sinon j’aurais passé tout le temps à trembler à la pensée de cette maudite pièce qui pouvait sceller le sort de ceux qui sont à bord.

 

Tamariz

 

A 14 h 19, heure locale, nous quittons la capitale sud-africaine pour Maputo où nous arrivons après 45 minutes de vol. Avec un membre de la Fédération mozambicaine de football, les choses vont très vite. Mais la fausse note à l’aéroport est que la douane exige de voir ce que contiennent les deux malles que Major (1) avait dans un chariot. Un membre de la Fédération burkinabè de football (FBF) s’y oppose, et au moment où on quitte l’aéroport, à bord de deux cars, la discussion est chaude.

Les deux malles en question contiennent des équipements sportifs. Un motard escorte la délégation jusqu’à l’hôtel Ibis où elle est logée. Les prix des chambres étant prohibitifs, la presse n’hésite pas à aller voir ailleurs. Et c’est à l’hôtel Tamariz qu’elle élit domicile à quelques mètres seulement de l’hôtel Ibis, situé à 6 km de l’aéroport.

Les 6 nuitées coûtent à chacun 5250 meticais, soit 105 000 FCFA. J’étais au cinquième étage (chambre 53) avec Alexis, Urbain, Dramé et le doyen Abdoul Karim. Quant à Nion, il était seul au sixième étage où il pouvait tout se permettre. Tamariz est un hôtel avec restaurant, et on y a droit au petit déjeuner. Après le deuxième jour, on  préfère aller au Continental, genre La bonbonnière à Ouaga, où il y avait du tout. Chacun y trouve son compte et l’endroit est agréable. De ma fenêtre, je regarde un fleuve et des barques allant je ne sais où.

Ce qui déçoit plus d’un, c’est l’ascenseur, souvent en panne. On montait et descendait l’escalier avec une lenteur calculée.

 

Je n’étais plus millionnaire en meticais

 

Le lendemain de mon arrivée à Maputo, il me reste à m’occuper du change. Je m’attends, comme en 2003, à être encore millionnaire. Mais la monnaie nationale (le metical, les meticais au pluriel, qui existe aussi bien en pièces qu’en billets) est devenue plus forte. Jusqu’à la fin de l’année 2006, deux monnaies cohabitaient : le metical et le metical nouvelle formule qui correspond au millième de l’ancien. Aujourd’hui, 1 métical équivaut à 20 FCFA. Si vous échangez 200 euros, vous avez 6800 méticais. Avec cette somme, ce n’est pas évident que vous puissiez passer deux semaines de vacances. La vie est devenue chère.

Au Mozambique, la langue officielle est le portugais. La communication est difficile  pour un non-lusophone, surtout quand il se rend dans un restaurant. La liste des mets est en portugais, et pour faire son choix, ce n’est pas du tout facile. Mais avec l’aide des employés, on arrive à s’en sortir.

Au Continental, le petit déjeuner peut vous coûter 100 meticais (2000 FCFA). Si vous demandez une petite bouteille d’eau minérale, vous déboursez 20 meticais (400 FCFA).

Le décalage horaire ne passe pas inaperçu dans ce pays situé au bord de l’océan Indien, face à l’île rouge de Madagascar, partageant ses frontières avec l’Afrique du Sud et le Swaziland au sud, le Zimbabwe et la Zambie à l’ouest, le Malawi au nord-ouest et enfin la Tanzanie au nord.

Le territoire du Mozambique (800 000 km2) fait presque quatre fois le Burkina pour une population de presque 20 millions d’âmes.
Quand il est 12 h 30 h à Maputo, il est 10 h 30 TU à Ouaga. A midi, on va manger dans un petit restaurant non loin de notre hôtel. Le plat de riz est varié, et le moins cher vous revient à 35 meticais (700 FCFA).

Chaque soir, on allait se ravitailler au Continental. Un demi-poulet accompagné de frites et un peu de riz blanc sans sauce coûte 100 meticais (2000 FCFA). A un moment, on avait marre de ce menu.

 

4 ans après

 

 C’est après 4 ans que je suis revenu au Mozambique. La première fois, c’était en 2003 lors des éliminatoires de la CAN 2004. L’ancienne colonie portugaise a eu son indépendance en 1975. Samora Machel en a été le premier président. Durant 16 ans, le pays sera le théâtre d’une guerre entre le Front de libération du Mozambique (FRELIMO), au pouvoir, et la Résistance nationale mozambicaine (RENAMO), faisant plus d’un million de morts et près de trois millions de réfugiés. En 1996, après la mort, accidentelle, de Samora, Joaquim Chissano lui a succédé.

En 1990, une nouvelle Constitution a introduit le multipartisme et entériné l’économie de marché.

Après la signature d’un accord de paix en 1992, les premières élections démocratiques (1994) ont vu Chissano reconduit dans ses fonctions de chef de l’Etat. En 1999, son parti (le FRELIMO) et lui ont remporté les élections législatives et présidentielle.

Dupuis 2004, c’est Armando Guebuza qui en est le président élu. La longue occupation portugaise a fait que le Mozambique est le seul pays non anglophone de la région ! L’ancienne capitale de Maputo s’appelait Laurenço Marques.

La ville n’a pas changé. Je suis allé revoir le marché municipal (il a été construit en 1921) que j’aime. On y trouve du tout avec ses espaces propres qui vous permettent de marcher tranquillement. On a toujours des habitudes de propreté. Un matin, le doyen Salam m’a demandé de lui faire découvrir ce marché. Ce jour-là, il a acheté des jus de fruits et un bidon d’eau de 5 litres. Il a peut-être oublié que quand le temps est froid, on n’a pas beaucoup soif. Ce qu’on craignait arriva : le jour de notre départ, il n’en avait même pas bu la moitié.

 « Mon bissa, j’ai laissé mon eau dans ma chambre, et tu aurais dû m’aider à la boire », m’a-t-il dit à la réception.

Je lui ai répondu que comme un solitaire dont la demeure est située à l’orée d’une forêt, il aurait dû s’asperger avec quand il est passé sous la douche.

Comme c’est agréable de déambuler dans une ville où les rues ne sont pas poussiéreuses ! Après le match des Etalons, nous sommes restés deux jours à Maputo pour des problèmes de vol. Une bonne occasion pour les uns et les autres d’aller flâner. En ce qui me concerne, mon après-midi se passait ainsi. Pour traverser la rue, il faut être vigilant. Il y a trop de virages, et à tout moment débouche un véhicule. Là-bas, on roule à gauche, et, comme ailleurs, on fait de la vitesse. Les grosses caisses sont nombreuses, et leurs propriétaires appartiennent certainement à une bourgeoisie de très haute volée.

Maputo est une belle ville avec ses nombreux buildings. Le colonisateur, qui a construit la ville, en a fait un grand centre urbain dans le but d’établir des routes commerciales menant vers les Indes. On y rencontre des Portugais, des Indiens, des Arabes et des Bantous qui sont les plus nombreux.

On a pavé les rues, et ce n’est pas du n’importe quoi. Les Mozambicains ont retrouvé la joie de vivre après la guerre civile. Aujourd’hui, le pays est calme, et les gens vaquent tranquillement à leurs occupations. On sent qu’ils chérissent la liberté plus que leur vie. Le seul Burkinabè que nous y avons rencontré répond au nom d’Eric Mamboué. Il dirige une ONG britannique depuis deux ans, et auparavant, il était en poste en Guinée-Bissau où il a passé cinq ans. Eric parle bien le portugais. Derrière le marché central, nous avons vu un Malien tenant boutique de chaussures. Avec lui, nous avons causé sport, et il était déçu de la prestation des Etalons face aux Mambas du Mozambique. Selon lui, l’équipe qui a participé à la CAN 98 était plus forte que cette nouvelle génération de joueurs. Mon interlocuteur m’a demandé ce que sont devenus les Mamadou Zongo, Roméo Kambou, Oumar Barro, Seydou Traoré, Liadé Gnonka, Ibrahim Tallé, Abdoulaye Traoré, Brahima Traoré et autres.

Parlant de son pays, il a dit qu’il ne comprend pas que le Mali, qui a des footballeurs talentueux, n’arrive pas  à se faire valoir dans ces éliminatoires de la CAN 2008. Il pense que les pros ne se battent pas beaucoup alors qu’ils le font dans leurs clubs respectifs. Quand le je quittais, il m’a offert une paire de chaussures de même qu’à Urbain.

Durant mon séjour, je n’ai pas vu de mendiants,                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  sauf ce vieillard sur un tricycle, qu’un enfant faisait promener à un carrefour. Je suis rentré complètement pompé de la balade que j’ai faite.

 

Ces jeunes filles qui font le trottoir

 

Moi qui croyais connaître Maputo, j’ignorais que dans les environs de Tamariz, il y avait une célèbre boîte de nuit. Chaque soir, à une certaine heure, l’endroit est fréquenté par les péripatéticiennes. Elles ont toutes des sacs à main, et quand elles arrivent dans un coin, elles se changent rapidement pour prendre un autre visage. Dans cette boîte de nuit, on les voit déambuler avec toutes sortes d’accoutrement. Beaucoup de ces filles fument sans se gêner, et tiennent une bouteille de bière. On a l’impression que c’est le lieu des retrouvailles des prostituées de la ville. Ce qui frappe du premier coup, c’est qu’elles ont le teint naturel : aucune trace de produit éclaircissant.

A peine entrés dans cette boîte de nuit, des gens nous regardent comme des bêtes curieuses. J’entends de la musique venant d’une autre salle sombre. Je veux voir ce que cela représente, un gaillard m’arrête et me présente un ticket d’entrée. Je rejoins au bar mon compagnon de nuit qui avait déjà commandé une bière. Je vais m’asseoir à une table où il me rejoint immédiatement.

Il ne m’arrive pas souvent de prendre l’alcool, mais cette nuit-là, je tiens à goûter au nectar mozambicain. Je prends la 33 cl qu’on vend à 30 meticais (600 FCFA). Je peine avec cette bouteille pendant que mon compagnon est à sa troisième bière. Des filles, qui ne cessaient de nous regarder, viennent vers nous et s’asseyent sur des chaises. Les yeux câlins, elles nous parlent en portugais. Nous hochons la tête. Ayant appris les belles manières, nous leur offrons à boire. La conversation est pittoresque. Le temps passe, et la conversation continue de languir. Elles ne parlent pas français. Mon compagnon glisse quelques mots en anglais. Certaines réagissent et je devine qu’elles comprennent quelques bribes de phrases. Je me demande intérieurement si mon type n’est pas en train de conter fleurette. Ma bouteille étant finie depuis un moment, je lance une autre commande. De nouvelles filles continuent d’arriver et vous avez l’impression que celles qui vous tiennent compagnie n’ont pas le charme des autres. Les hommes sont toujours ainsi, ils sont comme Le Héron de La Fontaine.

Quand nous quittons les lieux, à une heure tardive, tout est calme en ville. Après que nous avons cheminé sur une rue monotone, il y avait des filles sémillantes qui faisaient le trottoir et qui tentaient de nous racoler.

Je ne suis pas surpris de ce que j’ai vu parce que c’est ainsi dans toutes les capitales du monde. A Maputo, le sexe et l’alcool vont de pair. Que voulez-vous, c’est la vie.

Mercredi 6 juin 2007. C’est le départ de Maputo. Quand l’avion  décolle, je vois les dernières maisons, et je me demande si je reverrai jamais cette ville que je quitte avec un certain pincement au cœur. En route, il y a des orages en divers endroits et les zones de turbulences ne manquent pas. On a peur, mais l’avion perce les nuages pour continuer sa route. De Jo’Burg, le vol est direct jusqu’à Abidjan où nous passons la nuit.

Le jeudi 7 juin, nous revoilà enfin à Ouagadougou ! Le souvenir de Maputo ne cesse de me hanter.  Combien de temps cela va-t-il durer ?

 

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 19 juin 2007

 

(1). Major, de son vrai nom Adama Ouédraogo, est celui qui s’occupe du matériel sportif des Etalons, et ce, depuis le 9 septembre 1997. Adjudant-chef- major à la retraite, c’est avant la CAN 2008 qu’il a été commis à cette tâche. C’était sous le mandat du colonel Honoré Nabéré Traoré.



19/06/2007
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