L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Retour du Cap : Là où les océans Indien et Atlantique se rencontrent

RETOUR DU CAP

Là où les océans Indien et Atlantique se rencontrent

Pittoresque, fascinante, dynamique et plurielle, Cape Town est sans conteste la plus belle ville d’Afrique du Sud. Lovée au cœur d’une splendide baie, tel un diamant dans son écrin, protégée par une montagne aux sommets plats, zone de rencontre entre l’océan Indien et l’océan Atlantique, Cape Town est avant tout un don de la nature. Finaliste du prestigieux prix CNN Multichoice African Journalist Awards 2007, j’y ai séjourné une semaine durant. Visite guidée.

Mardi 17 juillet 2007 Terminus. Après deux nuits passées, l’une à bord d’Air France et l’autre à l’intérieur de South African Airline, soit un temps de vol cumulé de dix-huit heures (Ouaga-Paris : 5heures ; Paris-Johannesburg : 11 heures ; Johannesburg-Le Cap : 2heures), me voilà enfin à destination : Cape Town. Premières foulées, premiers constats : tout est beau, tout est ultramoderne, tout est propre. Les paupières lourdes comme des bouteilles de butane, les yeux rougis par les deux nuits de mauvais sommeil se mettent à s’écarquiller face aux merveilles architecturales. Dans le car qui convoyait de l’aéroport au luxueux hôtel du Table Bay les vingt-six finalistes du prix du meilleur journaliste africain de l’année, l’émerveillement est à son comble. Les appareils photos crépitent. « It’s very wonderful ! » (1), s’est même écriée une consœur sud-africaine de la SABC television. Et quand on se rend compte qu’une telle admiration vient d’une nassara, une Blanche résidente de Johannesburg, ville aussi chic que New York, c’est tout vous dire. Décrire l’une des plus belles métropoles du monde est, sans nul doute, une tâche laborieuse. La ville- « aimant », comme on la désigne là-bas, « ne se raconte pas, mais se vit », m’a prévenu mon interprète, baragouinant le français, comme moi, l’anglais.

Cape Town est un don de la nature

Cape Town, c’est avant tout un don de la nature. Son site se trouve au milieu d’une baie ceinturée par l’une des plus vieilles montagnes du monde, le Table Montain, au sommet plat d’où son nom. On y accède soit par le téléphérique à cabine rotative (le cable car en anglais) en six minutes, ou à pied, pour les amateurs de l’alpinisme, en quatre heures. Une fois à son faîte un instant magique et unique au monde : derrière vous, toute l’Afrique, le Cap étant le point le plus au sud du continent noir. Devant vous, l’immensité infinie de l’océan Atlantique qui aboutit tout droit à la zone polaire australe. A ras de vos cheveux, des flocons de nuages. Et sous vos pieds, les roches volcaniques, qu’on dit être les plus vieilles de la planète terre. Un tel condensé de sensations exquises n’existe nulle part si ce n’est au Table Montain, point d’attraction touristique et importante source de revenus pour toute l’Afrique du Sud. Nec plus ultra de l’aménagement urbain, Cape Town l’est assurément : grandes avenues asphaltées, immeubles ultramodernes, buildings en verre, et belles villas si admirablement construites aux flancs des montagnes qu’on les croirait taillées dans la falaise. La nuit, la cité se transforme en véritable feu d’artifice suspendu. Panneaux publicitaires lumineux, éclairages publics et domestiques offrent un panachage de mille et une couleurs. La ville du Cap n’est pas seulement la capitale politique du pays de Mandela où se trouve le siège du parlement sud-africain. Elle est aussi la capitale de la mode, de l’art de vivre, du luxe et du raffinement gastronomique de toute l’Afrique du Sud. Waterfront, quartier portuaire où sont implantés les hôtels haut de gamme comme le nôtre, le Table Bay (un des quinze sponsors du concours CNN Multichoice), fourmille sans discontinuer de touristes et de membres de la jet society. Bâtiments continuellement rénovés, galeries commerciales, innombrables rues piétonnes et restaurants aux menus aussi alléchants que variés fascinent toujours le visiteur. La myriade de terrasses construites au bord de l’eau constituent d’excellents lieux de détente le temps d’un déjeuner ou d’une pause- café. Avec 75 rands (environ 6000 francs CFA) vous vous offrez une belle ballade de trente minutes en bateau. A 500 rands, vous survolez, en hélico, le plus « haut lieu » de Cape Town. Charmés par la splendeur du paysage, naturel, et séduits par les commodités urbaines de la localité, des mégastars du cinéma et de la musique américaines, comme Michael Jackson, s’y sont acheté, au coût de plusieurs millions de dollars, des résidences. Difficile de parler de ce qui fut le comptoir hollandais du XVIIe siècle sans évoquer Robben Island, île sur laquelle Nelson Mandela est resté en captivité vingt-sept années durant au temps du régime de l’apartheid, et aujourd’hui classée au Patrimoine de l’humanité. Du fait d’un programme de travail surbooké (panels, conférences, expositions et dîners offerts par les différentes institutions partenaires de CNN), nous n’avons pas pu vivre les moments de vives émotions que suscite toute visite de la célèbre geôle. Regret au sein des finalistes surtout que l’ancien pensionnaire de Robben Island les a honorés par une adresse écrite de félicitations et a fêté presque sous leurs yeux son 89e anniversaire.

L’une des villes les plus inégalitaires

Le régime ségrégationniste aboli, difficile de déceler de nos jours, en tout cas dans le comportement des habitants du Cap, la moindre survivance du racisme. Noirs, Blancs, Asiatiques et métis sont parvenus à faire de leur différence de race et de culture le levain du regain de prospérité économique dont on crédite la métropole. Mais restent les contrastes sociaux, très prononcés, et qui font de Cape Town l’une des villes les plus inégalitaires du monde. Pour s’en convaincre, il suffit d’effectuer un détour dans uns des townships, comme on en rencontre beaucoup.

La fête de l’excellence en journalisme

Logés dans des taudis faits de bois et de tôles, des Noirs et, dans une certaine proportion, des métis sont des exclus très éloignés du bonheur social sud-africain. L’épidémie du SIDA ronge les jeunes, le chômage explose, et la criminalité y est omniprésente. Sept jours durant, l’actualité y a été dominée par la célébration de l’excellence du journalisme africain. Et le faste avec lequel les finalistes ont été reçus témoigne de tout l’intérêt que les Sud-Africains attachent au métier de journaliste. L’apothéose des festivités fut la nuit des récompenses, le samedi 21 juillet ; organisée dans le cadre très prestigieux du Cape Town International Convention Center en présence de plusieurs centaines de personnalités, et sous l’œil des caméras d’une dizaine de chaînes de télévisions internationales. Sacré meilleur journaliste africain en presse écrite francophone, vous l’avez deviné, j’ai tressailli de ma chaise. Appelé à prendre la parole, j’ai commencé, sous l’émotion, par : « Je remercie Dieu de travailler à l’Observateur paalga ». Sitôt après, téléphone portable en main, je me mis à composer le numéro de mon rédacteur en chef. Le 21 juillet 2007, vous l’avez encore deviné, restera le jour le plus mémorable de ma carrière.

Alain Saint Robespierre

L’Observateur Paalga du 30 juillet 2007

 

Aperçu historique

Cape Town a été fondée vers 1652 par des migrants hollandais. Objectif : créer un comptoir commercial en vue de s’assurer un approvisionnement continue en vivres tout au long des routes maritimes qui les conduisaient aux Indes. Surpris, désorganisés et vivants en petits groupes, les Bushmen, population autochtone, sont massacrés dans leur résistance aux envahisseurs.

En 1795, les Anglais occupent la province du Cap, puis s’y installent définitivement en 1806. La décision d’abolir l’esclavage, déclenche le Grand Trek : des milliers de Boers, premiers colons hollandais, marchent vers le Transvaal et le Natal. Victorieux du fait des guerres entre Noirs et Blancs, les Boers continuent leur progression puis s’installent au nord-ouest de l’Afrique du Sud. Ils créeront plus tard Johannesburg, zone aurifère, et la République sud-africaine, composée du Transvaal et de l’Etat libre d’Orange.

Les Anglais s’opposent à cette indépendance de fait. C’est l’origine de la sanglante guerre entre Britanniques et Boers de 1899 à 1902. Vaincus, les colons hollandais sont soumis à la domination anglaise, une tutelle dont ils s’affranchiront au 20e siècle.


30/07/2007
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