L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Saboteur refuse le pardon de Lassina Traoré

Procès en diffamation et injure publique

Saboteur refuse le pardon de Lassina Traoré

 

"Entre lui et moi, il n'y a pas de pardon. Le pardon là ne peut pas effacer le préjudice qu'il m'a fait subir." C'était le mot de la fin d'un procès qui a duré plus de trois heures le 28 janvier au palais de justice de Ouagadougou. Drissa Traoré Malo, dit Saboteur, ancien entraîneur des Etalons, y a attrait le Journal L'Observateur Paalga et le deuxième vice-président de l'Union nationale des supporters des Etalons (UNSE) pour diffamation et injure publique.

 

Les réquisitions du substitut du procureur du Faso sont de 3 mois avec sursis pour Lassina Traoré et une amende de 300 mille pour chacun des prévenus. Le parquet s'est prononcé également pour la publication dans 4 journaux de la place du dispositif de la décision à venir. Au terme de près de trois heures de débats contradictoires, le parquet a estimé que les faits de diffamation et d'injures publiques publiés par L'Observateur Paalga et dont le vice-président de l'UNSE est l'auteur sont établis. A la fin des plaidoiries de la défense, la présidente du tribunal donne la parole aux prévenus. Edouard Ouédraogo de L'Observateur Paalga bat sa coulpe. Lasssina Traoré reconnaît avoir agi sous l'effet de l'énervement. Il demande pardon au tribunal qui dit ne pas pouvoir l'accepter. Le pardon doit être adressé à Saboteur. Coup de théâtre. Même si le pardon de Lassina Traoré lui a été difficilement arraché, l'on s'attendait à ce que l'ex-entraîneur l'accepte. Il se lève et : "non,ce pardon ne peut pas effacer le préjudice qu'il m'a fait subir; entre lui et moi, il n'y a pas de pardon." C'est sur cette parole que la présidente du président a mis le verdict du procès en délibéré pour le 11 février prochain. Sur les faits, Lassina Traoré n'a pas pleinement étayé ses propos tenus dans le journal. Toute chose que lui a fait remarquer le parquet. Il y a trop de passion et pas d'élément matériel, selon le parquet. Lassina Traoré reproche à Saboteur de s'être entretenu avec le staff togolais la veille du match Burkina-Togo. Il le lui a signifié le lendemain du match. Et Saboteur aurait crié à l'agression et voulu le faire arrêter, selon ses déclarations. Le juge a voulu savoir en quoi la présence de Saboteur à l'hôtel des Togolais pouvait influencer le match. Réponse du prévenu Traoré : "Sa simple présence là-bas". Le parquet est revenu à la charge pour rappeler que même en sport, on n'a pas le droit de dire ce qu'on veut sur les gens, nonobstant la passion.

Me Farama, avocat de Saboteur, est sur la même longueur d'onde et dit que le prévenu est un faux passionné parce que lui, a le droit d'être dans le même hôtel que l'équipe togolaise, et son client non.

Sur le cas de L'Observateur Paalga, l'avocat de Saboteur dira que c'est la loi qui veut que le journal soit cité, responsabilisant ainsi les auteurs de diffamation. Quand le substitut du procureur lui demande s'il regrette ce qu'il a écrit, Lassina Traoré hésite. Quand il lui demande s'il est prêt à écrire ce qu'il a écrit encore, il répond non.

Le second prévenu, le directeur de L'Observateur Paalga, a dit assumer la responsabilité de la publication de l'écrit, même si pour lui, Saboteur aurait pu user d'autres voies pour régler ce différend. Il se mue en avocat du vice- président de l'UNSE qui, du fait de la langue, n'a certainement pas pu dire le fond de sa pensée.

Le plaignant a expliqué, quant à lui, qu'il voulait un procès éducatif et déclare ne pas permettre au premier venu de dire n'importe quoi sur quelqu'un parce qu'on est en sport. Point par point, il a donné sa version des faits. Sur l'incident de Bobo en 1996, sur le match Burkina-Mozambique où les membres du bureau fédéral auraient reçu des jets d'eau, etc.

Son avocat est resté sur ce terrain. Dans ses réquisitions, il a fait ressortir que Lassina Traoré est allé trop loin dans ses propos et que seule une juridiction pouvait y mettre fin. Et de préciser que son client à voulu donner une leçon a Lassina Traoré. C'est pour cela qu'il demande le franc symbolique.

L'avocat de L'Observateur Paalga, Me Bambara, qui a soulevé des exceptions en début de procès (jointes au fond par ailleurs), a axé sa plaidoirie sur le fait que l'intention de nuire de son client n'est pas établie. C'est un élément constitutif de l'infraction. Si le fait d'avoir publié est indiscutable, celui de vouloir nuire ne l'est pas. Il a rappelé le contexte de l'affaire, marqué par la démission de la fédération de football et l'élimination des Etalons. Le journal avait ouvert ses colonnes aux différents protagonistes, etc. Pour toutes ces raisons, il a demandé une application bienveillante de loi à l'encontre de L'Observateur.

Le cabinet Issif Sawadogo qui défendait Lassina Traoré a demandé au tribunal de tenir compte également du contexte dans ses délibérations. Au vu des 3 mois avec sursis requis par le parquet, il a demandé au tribunal de tenir compte du fait que son client est à sa première comparution devant une juridiction.

Le 6 novembre 2007, le journal avait publié une déclaration de Lassina Traoré dans laquelle celui-ci s'adressait à Saboteur en des termes qui sont aujourd'hui l'objet du procès. Le sieur Traoré est l'auteur de la déclaration. Il comparaît à titre de complice. Le directeur de publication de L'Observateur Paalga, qui a publié la déclaration, l'était à titre d'auteur principal. C'est la règle en matière de diffamation par voie de presse.

 

Abdoulaye TAO

Le Pays du 29 janvier 2008

 



29/01/2008
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