L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Saccage et incendie à Bobo contre la vie chère

Lutte contre la vie chère

Saccage et incendie à Bobo

Les commerçants de Bobo Dioulasso ont manifesté violemment le 20 février dernier contre la vie chère dans le pays. Bilan : de nombreuses arrestations, des blessés, des monuments et services saccagés, des feux tricolores en panne, des rues impraticables, etc.

Bobo Dioulasso a vécu le 20 février dernier l’une des plus chaudes journées de son histoire. Les commerçants de la ville de Sya ont, en effet, violemment manifesté contre la vie chère. Fermant boutiques, magasins et autres lieux de commerce, ils ont, tôt dans la matinée, pris d’assaut la rue, brûlant pneus par-ci, saccageant feux tricolores, stations d’essence, services comme la direction régionale des douanes par-là. Outre son matériel informatique et bureautique qui est parti en fumée, la douane de l’Ouest a vu le véhicule de son directeur régional détruit. Des monuments de la ville comme ceux de Kadhafi et Blaise Compaoré, et de la Femme, dans l’arrondissement de Dafra, ont aussi essuyé la furie des manifestants. La mairie centrale était l’autre infrastructure de la ville à laquelle ils tenaient visiblement à s’attaquer, obligeant les Forces de défense et de sécurité (FDS) à une mobilisation générale. Aucune force publique de sécurité n’a été épargnée en cette chaude matinée du 20 février ; même les militaires ont été sollicités pour sécuriser des lieux tel la SONABEL. Quant aux policiers (municipaux comme nationaux), gendarmes et sapeurs-pompiers, ils ont assuré la défense de la mairie centrale.

Sous la pression des débrayeurs qui n’hésitaient pas à jeter des pierres et tout ce qui leur tombait sous la main, les établissements scolaires libèrent leurs élèves. Visiblement acculées, les forces de l’ordre finissent par faire usage de gaz lacrymogènes. C’est la débandade. L’on enregistre sur place des blessés chez les élèves. Parmi eux, certains souffrent d’asthme. Face à la contre-offensive des FDS, les manifestants cèdent du terrain mais ne renoncent pas. Entre-temps, une nouvelle circule : «On a tiré à balles réelles sur quelqu’un et il est mort.» Information fondée ou rumeur ? N’ayant pas été sur les lieux du supposé drame, nous n’avons pu vérifier la véracité de cette information. Mais toujours est-il que les manifestants, comme dopés par la nouvelle, repartent à la charge. « ça ne se passera pas comme ça. Il faut que nous aussi, on tue quelqu'un d’entre eux », lance un manifestant en colère. Pendant des heures, ce furent des attaques et des contre-attaques entre FDS et grévistes à travers la ville. Beaucoup de manifestants sont arrêtés. Lorsque vers 13 h les forces de l’ordre réussissent à prendre le dessus, c’était le chaos à Sya. Des artères comme le boulevard de la Révolution sont jonchées de cendres de pneus calcinés, de blocs de pierre, etc. Bobo avait des allures de ville morte. Rien ne fonctionnait. Pas de transport en commun, pas de cybercafé, bref, pas d’affaires. Les premiers cars en provenance de Ouagadougou ou des autres localités du pays ont été bloqués à quelques encablures de leur destination. Finalement, c’est avec l’aide des forces de sécurité qu’ils effectuent, aux environs de 14 h, leur entrée dans la ville. Pour beaucoup de Bobolais, c’est la première fois qu’ils assistent à une telle manifestation. Que c’était chaud !

Grégoire Bazomboué BAZIE

Le Pays du 21 février 2008



21/02/2008
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