L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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TAIWAN-Afrique : Le Burkina réaffirme sa fidélité à Taïpeh

TAIWAN-Afrique

Le Burkina réaffirme sa fidélité à Taïpeh

Au cours d’un tête-à-tête avec le président de la République de Chine Taiwan, organisé en marge du 1er sommet Afrique-Taiwan qui réunit, du 9 au 12 septembre, l’île et ses principaux alliés diplomatiques africains, le président Blaise Compaoré a réitéré le soutien indéfectible de son pays pour la cause de Taiwan qui, depuis une dizaine d’années, se bat pour adhérer à l’Organisation des Nations unies et à ses institutions spécialisées dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Invité à participer à la fois au 1er sommet des chefs d’Etat Taiwan-Afrique, au forum de partenariat stratégique pour le progrès Afrique-Taiwan, et à l’inauguration des jeux mondiaux 2007 pour les handicapés sur chaise roulante et des amputés, Blaise Compaoré, en compagnie de son épouse, a eu un tête-à-tête avec son homologue de la République de Chine Taiwan, Chen Shui-Bian, la veille du sommet. Un sommet qui a ouvert ses travaux le 9 septembre dernier à Taipei, la capitale administrative. C’était en présence de quatre chefs d’Etats africains alliés diplomatiques de la République de Chine Taiwan (Burkina Faso, Malawi, Sao Tomé et Principe, Swaziland), le cinquième allié africain, en l’occurrence Yaya Djameh de Gambie, s’étant fait représenter par sa vice-présidente Aja Isatou Njie Saidy.

Le Burkina réitère son indéfectible soutien à la cause de Taiwan et continuera à se battre avec le peuple taiwanais pour sa liberté nationale et sa souveraineté pleine. C’est en substance, les propos tenus par le président burkinabè lors de son tête-à-tête avec Chen Shui-Bian. De fait, la Chine Taiwan ne fait pas partie de l’Organisation des Nations unies et de ses institutions spécialisées depuis qu’elle en a été exclue en 1971 suite aux pressions de la Chine continentale qui, depuis 1949, considère Taiwan comme une province dissidente et lui dénie le droit de s'appeler République de Chine. Depuis des années, la République de Chine n’a de cesse de lutter pour son admission au sein de l’Organisation des Nations unies et de ses structures spécialisées comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et autres organisations internationales.

Dans son combat pour obtenir sa représentation au sein des instances en question, l’île est soutenue par 24 pays alliés à travers le monde. En septembre 2006, le Burkina Faso, la Gambie, Sao Tome et Principe et le Swaziland ont conjointement soumis deux propositions à l’Assemblée générale des Nations unies, exhortant l’Organisation à tenir compte de la « représentation et de la participation des 23 millions de Taiwanais au sein de l’Organisation des Nations unies ».

« Blaise Compaoré, grand général qui porte bonheur »

Pour ce qui est de l’organisation du sommet, le président burkinabè a remercié Chen Shui-Bian pour en avoir eu l’initiative. D’autant que ce sommet devrait permettre d’approfondir les sillons de la coopération entre Taiwan et l’Afrique. Blaise Compaoré s’est réjoui de l’unité retrouvée avec Taiwan qui, il faut le rappeler, a renoué ses relations diplomatiques avec le Burkina Faso en février 1994.

Lors du tête-à-tête, il a salué l’intelligence politique et le sens des responsabilités qui ont toujours guidé Chen Shui-Bian, toutes choses qui lui ont permis de « traverser la bourrasque politique » dont il a été l’objet. Le dirigeant taiwanais a effectivement relevé, au cours de l’entretien, qu’il avait été en « difficulté sur le plan politique », ajoutant qu’une visite du président Compaoré lui avait porté chance, tous les nuages s’étant dissipés après son passage. Ce qui a poussé Chen Shui-Bian à dire que Blaise Compaoré est allé de succès en succès, en se référant aux « trois grandes victoires remportées » par son homologue burkinabè dans son propre pays à savoir: les présidentielles de 2005, les municipales de 2006 et les législatives de 2007 où son parti a eu la majorité absolue au Parlement.

Pour tout cela, Chen Shui-Bian a qualifié le chef d’Etat burkinabè de « grand général qui porte bonheur ».

A-bian, comme on le surnomme dans son pays, n’a pas manqué de témoigner de sa reconnaissance au président du Faso et à son peuple qui ont « si fermement soutenu » son pays dans ses efforts pour être présent dans le concert des nations. De manière anticipée, il a remercié Blaise Compaoré, ne doutant pas que ce dernier défendra encore la cause de Taiwan lors de la prochaine session de l’ONU à New York auquel le chef d’Etat prendra part.

La dernière rencontre ( en novembre 2006) entre Blaise Compaoré et Chen Shui-Bian remonte à moins d’une année. C’est la 7e visite officielle du président burkinabè à Taiwan, dira le président de la République de Chine Taiwan qui tenait ainsi à souligner l’excellence des relations d’amitié qui existent entre les deux pays.

La numérisation, la santé et le bien-être, le développement économique et durable et la paix ont fait partie des thèmes débattus lors de cette première rencontre au sommet entre l’Afrique et Taiwan.

Le président A-Bian a offert dans la soirée du 8 septembre, un dîner à ses illustres hôtes à la résidence du ministre des Affaires étrangères de la République de Chine Taiwan. Une cérémonie au cours de laquelle Blaise Compaoré a parlé au nom de l’ensemble des pays alliés africains.

Par Cheick Beldh’or SIGUE (envoyé spécial à Taiwan)

Le Pays du 10 septembre 2007


Encadré

Première Conférence au Sommet des chefs d’Etat d’Afrique et de Taiwan

Déclaration de Taipei

1. A l’invitation de Son Excellence Monsieur Chen Shui-Bian, Président de la République de Chine (Taiwan) (ci-après nommé « Taiwan »), Sa Majesté le Roi Mswati III du Royaume du Swaziland, S.E.M. Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, S.E.M. Fradique de MENEZES, Président de la République Démocratique de São Tomé et Principe, S.E.M. Dr. Bingu Wa MUTHARIKA, Président de la République du Malawi et S.E.M. Isatou NJIE-SAIDY, Vice-présidente de la République de Gambie représentant S.E.M. Yayah JAMMEH se sont réunis à Taipei le 9 septembre 2007 à l’occasion du premier Sommet des Chefs d’Etat d’Afrique et de Taiwan. Ce Sommet, auquel ont participé les Chefs d’Etat de Taiwan et des pays amis d’Afrique, ouvre une nouvelle page dans les relations diplomatiques entre Taiwan et les pays africains.

2. Les chefs d’Etat ont exprimé leur gratitude à Son Excellence Monsieur Chen Shui-Bian, Président de Taiwan, au gouvernement et au peuple taiwanais pour l’accueil très chaleureux et cordial et pour l’excellente organisation de ce premier sommet.

3. Les chefs d’Etat ont débattu largement des sujets inscrits à l’ordre du jour: “Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, le développement économique, la santé, l’environnement et le développement durable en Afrique ”. A l’ère de la mondialisation, Taiwan poursuivra son programme relatif aux opportunités numériques en faveur des pays africains amis afin de réduire la fracture numérique. Taiwan partagera son expérience en matière de développement et mènera des consultations sur les questions essentielles relatives à la santé et à la protection de l’environnement. Les chefs d’Etat ont également échangé sur des questions liées au développement des pays africains afin de raffermir leur coopération. Ils ont en outre convenu d’oeuvrer à la promotion des TIC, du commerce et du développement économique, de la santé, de l’environnement durable, de la paix et de la sécurité. Le Plan d’actions du premier Sommet des chefs d’Etat de Taiwan et d’Afrique sera mis en œuvre afin de réaliser progressivement les objectifs sus mentionnés.

4. Profondément préoccupés par la dégradation en cours de la situation écologique du monde dont dépend la survie de l’homme, et en accord avec les efforts de la communauté internationale, les chefs d’Etat se sont penchés également sur les problèmes de l’eau potable, des changements climatiques et du réchauffement planétaire. Les chefs d’Etat invitent la communauté internationale à instituer une structure compétente de gouvernance globale sur l’environnement dont la vocation serait de coordonner les efforts transfrontaliers, et de faire face aux préoccupations environnementales. Taiwan, le Royaume du Swaziland, le Burkina Faso, la République Démocratique de São Tomé-et-Principe, la République du Malawi, et la République de la Gambie coopéreront en faveur de la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement en collaboration avec tous les pays du monde.

5. Dans le contexte de la mondialisation et de la révolution informatique, les chefs d’Etat conviennent de renforcer leur partenariat avec Taiwan dans un esprit d’amitié et de solidarité.

6. Convaincus que le commerce international est un important instrument de promotion du développement économique et social, de la création d’emplois, de l’accroissement des revenus et de l’amélioration des conditions de vie des populations, les chefs d’Etat préconisent l’institution d’un régime d’échange qui garantit un commerce équitable. Ils se sont par ailleurs profondément préoccupés de la suspension des négociations de l’OMC sur le programme de développement de Doha qui pourrait hypothéquer l’avenir du commerce mondial, de la paix et de la sécurité internationales.

7. Les chefs d’Etat ont exprimé leur préoccupation sur la persistance de maladies telles que le VIH/Sida, le paludisme, la tuberculose, etc. Leur impact se révèle désastreux pour le développement, la cohésion sociale, la stabilité politique, l’espérance de vie et la dignité humaine du continent. A cet égard, les chefs d’Etat ont convenu d’accroître les ressources humaines et financières en faveur des actions de prévention et de traitement.

8. La Déclaration du Millénaire des Nations unies réaffirme la volonté de créer une société internationale de paix, de prospérité et de justice. Elle souligne également la responsabilité collective de tous les Etats de faire respecter les droits humains. Les chefs d’Etat estiment que l’Afrique par ses seuls efforts ne peut pas atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, et qu’une assistance accrue et des ressources additionnelles de la communauté internationale seront nécessaires. Les chefs d’Etat reconnaissent que les conflits socio-politiques et les guerres civiles constituent des handicaps majeurs aux efforts de l’Afrique pour son développement économique et social. A cet effet, ils lancent un appel à la communauté internationale afin qu’elle appuie les efforts des Africains en vue de la résolution des guerres civiles et des conflits sur le continent. Ils souhaitent une participation plus active de la communauté internationale aux opérations de maintien de la paix et de la sécurité en Afrique afin de créer les conditions propices au développement durable. Les chefs d’Etat soutiennent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies visant à restaurer la paix et à résoudre les problèmes des réfugiés en Afrique, en particulier au Darfour, et ils affirment leur volonté de participer activement aux actions humanitaires nécessaires en temps opportun.

9. Les chefs d’Etat affirment que Taiwan, pays souverain, ne devrait pas être privé de son droit de participer aux activités de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des autres organisations internationales. Les pays amis d’Afrique de Taiwan apportent leur soutien au droit légitime de Taiwan d’adhérer à l’Organisation des Nations unies et à ses institutions spécialisées dont l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les pays amis d’Afrique continueront à soutenir fermement le droit inaliénable de Taiwan de participer pleinement aux activités des autres organisations internationales et régionales.

10. Au terme de leurs travaux, les six chefs d’Etat de Taiwan, du Royaume de Swaziland, du Burkina Faso, de la République Démocratique de Sao Tomé et Principe, de la République du Malawi, et la République de Gambie, ont lancé un appel pour l’arrêt des tensions et des conflits dans la zone du détroit de Taiwan, en Afrique et dans le monde.

11. Les chefs d’Etat se sont félicités du succès de l’organisation du Sommet, des résultats obtenus et de l’élaboration du «Plan d’actions». Ils ont convenu de créer un «Comité de suivi» pour la mise en oeuvre du plan d’actions.

12. Les chefs d’Etat ont décidé de tenir la deuxième Conférence au Sommet des chefs d’Etat d’Afrique et de Taiwan en 2009 en Afrique.

Fait à Taipei, le 9 septembre 2007.



10/09/2007
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