L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Temple du savoir mais berceau d’abus (Université de Ouagadougou)

Université de Ouagadougou

Temple du savoir mais berceau d’abus

 

Les droits de l’homme sont bafoués à l’université. C’est la conclusion d’une étude menée du 10 au 20 juillet 2008 par le Collectif devenons citoyens (CDEC). Les résultats de cette étude, qui voulait faire le point de la situation des droits humains sur le campus, ont été présentés à la presse le 25 juillet dernier à Ouagadougou.

 

Depuis la suspension, le 27 juin 2008, des activités académiques et des services de la restauration, de l’hébergement, des prêts et aides financières ainsi que des soins de santé, les conditions de vie des étudiants se sont très sérieusement dégradées et ils ont vu «leurs droits bafoués par ces mesures gouvernementales». Sur ce point, les conclusions du rapport d’enquête du CDEC sont explicites : «Les droits des étudiants au logement, à l’instruction, à l’alimentation, à la santé, à la liberté d’expression et de manifestation sont bafoués par la fermeture de l’université».

Selon sa coordonatrice, Martine Yabré, cette enquête, diligentée par le CDEC, visait à informer l’opinion publique sur les conditions de vie des étudiants et à faire des propositions pour une sortie de crise à l’université. «Le rapport rend compte de ce qui a pu être observé en matière de droits humains sur le campus depuis la répression de la manifestation des étudiants jusqu’à la prise des mesures gouvernementales fermant l’université et suspendant les prestations sociales dont bénéficiaient les étudiants». Pour le CDEC, ces mesures sont en fait un traitement dégradant, inhumain et humiliant pour les étudiants, car elles leur infligent des tortures physiques et morales.

Face à cette situation, le CDEC appelle le gouvernement «à garantir la jouissance des droits des étudiants, à renoncer à la répression, à examiner la plate-forme des étudiants, à respecter les franchises universitaires, à œuvrer à la reprise des activités académiques à l’université de Ouagadougou». L’Etat est aussi interpellé à faire agir le CONASUR (Conseil national de secours d’urgence) pour soutenir les étudiants en détresse.

Le rapport de cette étude, qui fait une vingtaine de pages, a été présenté par Lookman Sawadogo. Il a noté avec satisfaction que l’enquête a permis de savoir que les étudiants bénéficient de l’aide de certains partis politiques. Ainsi, on a appris que l’UNDD (Union nationale pour la démocratie et le développement) apporte un soutien alimentaire à 200 étudiants. Selon Marlène Zébango, «il n’y a pas de critère pour avoir accès à cette aide. On a loué une maison surtout pour les étudiantes, car elles courent plus de risques que les  étudiants. On leur offre la restauration. On agit à travers notre cellule estudiantine».

De son côté, l’UNIR/MS (Union nationale pour la renaissance/Mouvement sankariste) a déjà apporté son soutien moral à l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB), et promet d’agir d’ici là de façon concrète.

Cette enquête a été menée sur fonds propre du CDEC. Les enquêteurs n’ont pas rencontré les responsables de l’université. Ils n’ont pas non plus rencontré le parti au pouvoir.

Ce rapport sera remis aux autorités burkinabè, notamment le Premier ministre et aux autorités morales. Des exemplaires seront également envoyés aux chancelleries et structures de lutte pour la protection et la promotion des droits humains.

 

Hyacinthe Sanou

(Stagiaire)

L’Observateur Paalga du 29 juillet 2008

 



29/07/2008
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