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Tirailleurs sénégalais : Aperçu d’une armée de libérateurs

Tirailleurs sénégalais

Aperçu d’une armée de libérateurs

 

L’histoire des tirailleurs sénégalais est riche et exhaustive, car ayant fait l’objet, entre autres, de nombreux écrits et de réalisations cinématographiques. Nous vous proposons donc un pan du passé militaire de ces Africains aux côtés de la France.

En 1857, Louis Faidherbe, gouverneur général de l’Afrique occidentale française en manque d'effectifs, venus de la métropole sur les nouveaux territoires d’Afrique, pour faire face aux besoins générés par la phase de colonisation, crée le corps des tirailleurs sénégalais. Le décret fut signé le 21 juillet 1857 à Plombières-les-Bains par Napoléon III. Jusqu'en 1905, ce corps intègre des esclaves rachetés à leurs maîtres locaux, puis des prisonniers de guerre et même des volontaires ayant une grande diversité d'origines. Les sous-officiers proviennent généralement de l'aristocratie locale.

Les tirailleurs sénégalais ne sont pas nécessairement sénégalais, ils sont recrutés dans toute l'Afrique.

Certains Sénégalais, nés Français dans les quatre communes françaises de plein exercice du Sénégal, ne sont pas considérés comme tirailleurs, mais l'égalité avec les blancs n'était pas encore de règle.

 

Lors de la Première guerre mondiale

De nombreux Africains sont morts sur les champs de bataille français de la première guerre mondiale. Jacques Chirac, en tant que ancien président de la république française, dans son discours pour le 90e anniversaire de la «bataille de Verdun», a évoqué 72 000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918, «fantassins marocains, tirailleurs sénégalais, tunisiens, algériens», soldats de Madagascar, d’Océanie, d’Indochine (Cochinchine, tirailleurs annamites).

Après la guerre franco-allemande de 1870, en pleine préparation de la guerre 1914-1918, en 1910, le colonel Mangin dans son livre «La Force noire» décrit sa conception de l’armée coloniale, alors même que Jean Jaurès publie de son côté «L’Armée nouvelle» où s’exprime le besoin de chercher ailleurs des soldats que les Français ne pouvaient fournir en suffisance en raison d’une baisse de la natalité.

 

Difficultés de recrutement

Si les proconsuls représentant la France en Afrique ont rapidement proposé plusieurs milliers d’hommes volontaires ou recrutés avec des méthodes proches de celles des siècles précédents, des révoltes contre l’enrôlement ont éclaté plus loin dans de grandes villes d’Afrique, dont la première de moyenne importance chez les Bambara du Mali, près de Bamako, qui a duré environ 6 mois, du printemps 1915 à novembre 1915, annonçant d’autres révoltes plus tenaces dont certaines très durement réprimées en juin 1916 par la France qui a fait tirer son artillerie sur une dizaine de villages fortifiés, tuant plusieurs milliers de civils dont des femmes et des enfants qui ont refusé de se rendre.

Comme de nombreuses mutineries plus tardives, ces résistances ont été cachées pour ne pas apporter d’éléments supplémentaires à la propagande allemande qui dénonçait le comportement de la France en Afrique, comme le fait de faire venir des «barbares» d’Afrique pour les faire combattre sur les fronts européens.

Certains administrateurs français et les colons acteurs du commerce colonial ont également freiné l’appel sous les drapeaux de jeunes Africains, estimant qu’on les privaient ainsi d’une main d’œuvre qui n’était pas à l’époque abondante en Afrique.

 

Pendant la seconde guerre mondiale

Comme lors du précédent conflit, la France utilise pendant la seconde guerre mondiale les colonies comme réservoir d'hommes pour son armée. Et tout comme lors de la Première guerre mondiale, elle est accusée d'exactions par les Allemands.

En France se trouve un cimetière militaire le «Tata sénégalais», à Chasselay département du Rhône, où fut perpétré par les armées nazies le massacre de l'une de ces unités. Eveline Berruezo et Patrice Robin en ont fait un film en 1992, intitulé "Le Tata".

Les quelques territoires africains ralliés à la France libre vont lui fournir des tirailleurs qui constitueront les Bataillons de Marche de la 1re division française libre ainsi que le régiment des tirailleurs sénégalais du Tchad de la Colonne Leclerc. Le 2 décembre 1944, quelques dizaines de tirailleurs sénégalais sont massacrés par l'armée française au camp de Thiaroye au Sénégal. Ousmane Sembène, le réalisateur sénégalais et membre fondateur du Fespaco (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou), en a fait un film en 1988, intitulé «Camp de Thiaroye». D’autres réalisateurs africains à l’image du Burkinabè Kollo Daniel Sanou avec son œuvre «Tasuma» ont également traité du problème des pensions des anciens combattants. A l’occasion de la Journée du tirailleur, la 1re Semaine du cinéma contre l’oubli (SEMCO) permettra du jeudi 23 au dimanche 26 août 2007 de découvrir de nombreux films sur les tirailleurs.

 

La cristallisation des pensions

En 1959, puis en 1960, le Parlement français a adopté un dispositif dit de «cristallisation», c’est-à-dire du gel de la dette contractée par la métropole, par blocage de la valeur des points de pension à la valeur atteinte lors de l'accession à l'indépendance des pays dont les anciens tirailleurs étaient ressortissants. Après presque 50 ans de contentieux, et après la sortie du film «Indigènes» évoquant le rôle des troupes nord-africaines en Europe en 1943-1945, le Parlement français a finalement voté le 15 novembre 2006 la revalorisation des pensions des soldats des ex-colonies dans le cadre du budget 2007 des anciens combattants. "84 000 anciens combattants coloniaux de 23 nationalités devraient en bénéficier". La France  devrait donc débourser 1,5 milliard d’euros pour honorer les arriérés et, entre 300 et 400 millions, pour continuer les versements annuels. Cette attitude n’a pas découragé les associations d’anciens combattants qui continuent de lutter pour faire valoir leur point de vue.

 

C.P.O. & E.G.

(Source Wikipédia, l'encyclopédie libre)

L’Observateur Paalga du 24 août 2007



24/08/2007
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