L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Réouverture du dossier Norbert Zongo: Trois vaines tentatives

Déclarations de moïse dans L'Evénement

Le parquet regrette de ne pouvoir faire parler les morts

 

Au cours d'une conférence de presse tenue le 25 janvier 2007, le parquet de Ouagadougou a annoncé que les déclarations de Moïse Ouédraogo, le cousin de feu David Ouédraogo, dans le journal L'Evénement n°107 du 10 janvier 2007, ne sont pas crédibles. Par conséquent, on ne peut rouvrir le dossier Norbert Zongo, qui dort au greffe du tribunal de grande instance depuis le 18 juillet 2006. Pour lire l'intégralité des déclarations de Moïse, clique sur ce lien :

http://barro.blog4ever.com/blog/lirarticle-66428-231499.html

 

Depuis la fameuse ordonnance de non-lieu du 18 juillet 2006 prise par le juge d'instruction, Wenscelas Ilboudo, en faveur de l'adjudant-chef Marcel Kafando dans l'affaire Norbert Zongo, des tentatives ont cours pour faire rouvrir ce dossier.

La première est venue de Reporters sans frontières (RSF) de Robert Ménard en fin octobre 2006. La deuxième du collectif des avocats de la famille Zongo, toujours en fin octobre.

La troisième tentative a été introduite sous forme de requête le 4 janvier 2007 par Moïse Ouédraogo, un cousin de feu David Ouédraogo. Ce dernier, on s'en souvient, avait trouvé la mort suite à une histoire de vol d'argent au domicile de François Compaoré, petit frère du président du Faso. Une affaire sur laquelle Norbert Zongo enquêtait jusqu'à son assassinat le 13 décembre 1998.

Dans le bimensuel L'Evénement n°107 du 10 janvier 2007, Moïse, lors d'une interview, faisait des déclarations dans lesquelles il affirmait, en substance, que François Compaoré a acheté son silence et sa complicité dans les affaires David Ouédraogo et Norbert Zongo.

Le procureur du Faso, Adama Sagnon, et le procureur général, Abdoulaye Barry, ont déclaré à la presse que suite à la requête introduite par Moïse, le parquet a procédé à des auditions.

C'est ainsi que Moïse lui-même et toutes les autres personnes citées nommément aussi bien dans la lettre que dans le journal L'Evénement par Moïse ont été entendues : il s'agit surtout de François Compaoré, Mamadi Sanoh, Dieudonné Sobgo.

Selon les procureurs, ces auditions leur ont permis de se rendre compte que les propos de Moïse ne sont pas crédibles. Car, ont-ils soutenu, Dieudonné a contredit les dires de son cousin Moïse. François a reconnu avoir donné une moto aux deux cousins de David et même les avoir aidés en payant leur loyer et en leur achetant des effets indispensables dans une maison (matelas, etc.).

Mais, s'ils ont souvent reçu de l'aide du « petit président » ce serait beaucoup plus par « humanisme », car Moïse et Dieudonné étaient tous deux à la charge de David. Et depuis que ce dernier n'est plus, les choses étaient assez dures pour ses deux protégés.

Il aurait été assez intéressant d'entendre deux autres personnes : il s'agit d'Edmond Koama et d'un certain Lonfo, qui, tous deux, travaillaient respectivement au Régiment de sécurité présidentielle et à la SONABEL. Malheureusement, ils sont tous morts, et le parquet n'a, hélas, pas de moyen de faire parler des morts.

Au finish, le parquet rejette, par conséquent, la requête de Moïse. Ce n'est donc pas sur ce coup-ci qu'on pourra rouvrir le dossier Norbert Zongo. Tous ceux qui estiment avoir des éléments nouveaux susceptibles de faire rouvrir ce dossier ont jusqu'au 17 juillet 2016 pour le faire. Après, ce sera trop tard.

San Evariste Barro

 



26/01/2007
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