L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Tirailleurs sénégalais : Hymne et fleurs aux morts

Tirailleurs sénégalais

Hymne et fleurs aux morts

 

Le 23 août de chaque année est commémorée la Journée du tirailleur sénégalais. Au Burkina Faso, notamment au Monument des martyrs à la Place de la nation à Ouagadougou, l’événement a été marqué ce jeudi par un dépôt de gerbes de fleurs à la mémoire des anciens combattants tombés sur les nombreux champs de bataille.

 

Les tirailleurs sénégalais sont un corps de militaires constitué au sein de l'Empire colonial français en 1857, comme principal élément de la «Force noire». L’AOF était une fédération de huit territoires français composée de  la Mauritanie, du Sénégal, du Soudan français (devenu Mali), de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du  Niger, de la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) et du Dahomey (actuel Bénin).  En 1914-1918, c’est environ 200 000 "Sénégalais" de l'AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135 000 en Europe. 30 000 d'entre eux y ont trouvé la mort, et nombreux sont ceux qui sont revenus blessés ou invalides. Au cours de la seconde guerre mondiale, ils ont été nombreux, ces fils de l’Afrique, à tomber sur les champs de bataille ainsi que dans d’autres conflits en Indochine, en Algérie, etc. Notre pays, comptant de dignes fils parmi les disparus, leur a donc rendu un vibrant hommage hier matin. Le ministre de la Défense, Yéro Boly, accompagné du président de l’Association unique des anciens combattants, anciens militaires, veuves, orphelins et victimes de guerre, Mamadou Sanfo, du chef d’état-major de l’Armée de terre, Dominique Diendéré, du représentant de l’Attaché auprès de l’Ambassade de France, le Lieutenant-colonel Pierre Rio, a déposé un gerbe de fleurs devant le monument des Martyrs à la Place de la nation, sous le retentissement de «l’hymne aux morts». Ce fut donc un moment de fortes émotions auquel ont participé des anciens combattants, leurs veuves et des officiers de notre armée.

Yéro Boly a confié qu’au-delà de la charge émotionnelle suscitée par cette cérémonie, il est question de traduire l’attachement du Burkina Faso aux anciens combattants pour les sacrifices consentis à une période difficile pour la défense de la liberté en Afrique et dans d’autres contrées. Interrogé sur la décristallisation des pensions de ces derniers, il a laissé entendre qu’elle est toujours pendante, car les montants annoncés concernant spécifiquement les anciens combattants de notre pays n’ont pas été intégralement remis aux familles bénéficiaires. Et d’ajouter que les discussions se poursuivent avec la partie française avant de régler cette affaire. Le ministre a, par ailleurs, réitéré le soutien de l’Etat aux tirailleurs pour la sauvegarde intégrale de leurs intérêts et également pour la revalorisation de la mémoire de ceux-ci, qui ont sacrifié leur vie.

A l’occasion, le chef du département de la Défense est revenu sur le cas des militaires à la retraite qui auraient manifesté leur mécontentement. A ce niveau, il a indiqué qu’il s’agit d'une confusion, car dans leurs doléances, ils réclament la prorogation de leur carrière ; leur éligibilité à l’indemnité de départ à la retraite qui a été instituée pour tous les agents de la Fonction publique pour compter du 1er janvier 2007. Ceux qui sont à la retraite depuis 2005 et antérieurement, a-t-il dit, revendiquent donc l’éligibilité à cette indemnité. La rétroactivité n’étant pas prévue à cet effet, Yéro Boly a estimé que son département ne disposait d’aucun droit d’octroyer une telle indemnité. Concernant la prorogation de la carrière, il a laissé entendre que les dispositions légales sont claires et la carrière épuisée des concernés met fin également à leur activité. Néanmoins, le ministre de la Défense a relevé que le contact a été noué avec les auteurs pour permettre aux uns et autres de s’expliquer sur la question.

Notons que l’assemblée générale des anciens combattants qui s’est tenue du 21 au 23 août 2007 a reconduit Mamadou Sanfo à la présidence de l’association.

 

Cyr Payim Ouédraogo

Emile Gandèma (stagiaire)

L’Observateur Paalga du 24 août 2007



24/08/2007
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