L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Un après-midi d'adieux à l'Assemblée nationale

Assemblée nationale

Un après-midi d'adieux

La page de la 3e législature a été tournée dans l'après-midi du 1er juin 2007 à Ouaga avec la clôture de la première session parlementaire ordinaire de l'année 2007 de l'Assemblée nationale. Ce fut un après-midi d'adieux surtout pour les députés non réélus pour la 4e législature qui débute, en principe, aujourd'hui avec l'installation des nouveaux élus.

 

La 3e législature est finie, vive la 4e ! Comme les scènes d'un film, les législatures se succèdent au Burkina sans interruption depuis 1992. C'est ainsi qu'après 3 législatures accomplies, c'est aujourd'hui le tour de la 4e législative de prendre ses quartiers pour 5 ans. Avant de dérouler le tapis rouge, en principe, ce 4 juin aux nouveaux députés, il a fallu tourner la page de la précédente législature. Cela a été fait dans l'après-midi du 1er juin dernier avec la clôture de la première session parlementaire de l'année 2007 de l'Assemblée nationale. Pour l'occasion, 97 députés sur les 111 étaient physiquement présents à l'hémicycle ainsi que le Premier ministre, Ernest Paramanga Yonli, et bien d'autres invités. Devant cet aréopage, le président de l'Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, a, d'emblée, relevé dans son discours que "la présente cérémonie qui nous réunit revêt une double dimension". La première dimension, a-t-il fait savoir , est la clôture de la première session ordinaire de l'année 2007 du Parlement qui est traditionnellement celle des lois. La deuxième dimension qui s'est greffée à la première est la fin de la 3e législature de la VIe république à la faveur des élections législatives du 6 mai 2007 qui ont permis de renouveler les représentants du peuple. Roch Marc Christian Kaboré a saisi l'occasion pour rendre au peuple burkinabè, seul souverain, un "hommage mérité". Avec la participation de 47 partis et formations politiques à ces législatives, c'est l'importance de la place et du rôle du Parlement dans la vie nationale qui a été mise en exergue, selon le président Kaboré. Concernant toujours les législatives, Roch Marc Christian Kaboré a félicité les acteurs et les structures impliqués dans leur organisation sans oublier la presse nationale et internationale "qui a pu mesurer la transparence de ces élections âprement disputées, dans le respect des règles fixées par la Constitution, le Code électoral et tous les autres instruments encadrant l'organisation et la tenue des élections au Burkina Faso".

 

Une démocratie à consolider

 

La transparence dont il est question est sujette à caution au regard des irrégularités qui n'ont pas manqué et ont entraîné l'annulation de votes dans certains bureaux par le Conseil constitutionnel. Toutes choses qui ont fait dire au président de l'Assemblée nationale que c'est de "manière progressive, responsable et appliquée que nous affemirons élection après élection les règles du jeu démocratique afin que chacun de nos consultations populaires reflètent toujours plus la volonté souveraine du peuple burkinabè". Des initiatives allant dans ce sens ont été prises et la nouvelle législature les trouvera dans son agenda, a fait savoir le président sortant, qui a souhaité qu'elles soient examinées avec toute la sérénité requise.

 

Des chantiers à achever

 

Pour l'ensemble de la législature, Roch Marc Christian Kaboré se réjouit de ce que les députés ont pu faire pour renforcer et soigner la gouvernance parlementaire au Burkina. Au cours de cette législature "qui a tenu toutes ses promesses" et dont on ne parlera plus qu'au passé, des innovations comme l'établissement du rapport législatif annuel, l'institutionnalisation de la rencontre annuelle entre députés et élus locaux, la création du caucus genre et du Comité consultatif de la communication ont été initiées. Mais tout ce qui a été entrepris n'a pas pu être réalisé ou achevé au cours de la législature précédente et va constituer un héritage pour la nouvelle législature. Selon Roch Marc Christian Kaboré, ces chantiers sont le Plan stratégique de développement du Parlement (PSDP) 2004-2014, le Projet de renforcement des capacités du Parlement, le Projet d'appui à la Commission des finances et du budget du Parlement, le Projet d'équipement du Parlement en matériel informatique et audiovisuel. Mais en attendant le passage de témoin, le président sortant a souhaité une bonne carrière aux députés qui gardent leurs sièges. S'adressant aux autres, il a formé le voeu qu'ils puissent mettre leur expérience personnelle au profit du peuple et du pays.

 

Séni DABO

Le Pays du 4 juin 2007

 

ENCADRE

Sentiments de partants

A l'issue de la cérémonie de clôture, nous avons recueilli les sentiments de députés qui ne siégeront pas à la prochaine législature.


Hyacinthe Sandwidi


"Je pars avec regret puisque je me suis présenté pour gagner et non pour perdre. Je n'ai pas gagné compte tenu de certaines situations que vous connaissez bien. Mon souhait est que la démocratie se développe, que le peuple puisse se prononcer en connaissance de cause. Quand le peuple se prononce, tout le monde doit se soumettre mais à condition que cela soit fait en toute liberté, sans entraves."


Philippe Ouédraogo


"C'est le terme normal de la législature. Certains ont réussi à se faire réélire soit honnêtement, soit en trichant. D'autres n'ont pas réussi, c'est mon cas. Ce que l'on souhaite est que la démocratie s'enracine plus au Burkina grâce au travail du parlement, que ce dernier devienne une institution plus honorable, plus respectée et plus respectable."



Siméon Sawadogo


"C'est le sentiment du devoir accompli parce que le peuple mandant a voulu que durant 2 législatures nous puissions apporter notre contribution à la construction du pays; et nous l'avons fait. Je suis satisfait du travail fait. Reste que toute oeuvre humaine est sujette à des observations. De façon globale, nous avons pu atteindre les grands objectifs que nous nous étions fixés. Sur le plan politique, nous avons pu apporter notre contribution, durant toutes les législatures, pour des réformes qui ont fait que nous n'avons plus aujourd'hui le parlement monocolore. En dehors des réformes politiques et institutionnelles, il y a eu d'autre chose, notamment des projets de loi concernant des corporations, des projets ayant trait directement à des questions de développement."



Bakary Séré


"Comme on le dit, toutes les séparations ont leur part de mélancolie. Nous sommes en fin de mandat et très fier de notre passage à l'hémicycle durant 5 ans. Nous estimons avoir accompli notre devoir. A notre humble avis, nous avons donné le meilleur de nous-même. La reconduction ou non d'un député dépend de beaucoup d'aléas au niveau de nos activités politiques. En ce qui me concerne, je ne suis pas déçu, je n'éprouve aucun sentiment d'amertume. Nous allons redéployer notre énergie ailleurs afin de toujours participer au développement du pays."

Boniface Terenbsom Zango


C'est un sentiment mi-figue, mi-raison. Dans un premier temps, je suis satisfait du travail que j'ai accompli pendant les 5 ans. J'aurais souhaité rebelotter mais lorsque l'on va en compétition il y a 2 éventualités qui sont supposées se présenter : soit l'on gagne, soit l'on perd. Cette fois-ci, je n'ai pas gagné mais cela ne fait pas de moi un homme amer. Je vais capitaliser toute l'expérience acquise et me préparer pour l'avenir."


Oubkiri Marc Yao

 

"Le sentiment qui m'anime est un sentiment de satisfaction parce que lorsque nous avions commencé ils n'étaient pas nombreux, ceux qui croyaient que le multipartisme était une voie juste. Nous avions insisté pour que ce soit ce système qui soit la voie à suivre par notre pays. Aujourd'hui, cela est une réalité et je m'en vais satisfait. La 3e législature est venue confirmer notre engagement pour une démocratie multipartite. Lorsque vous arrivez à accomplir une tâche de manière satisfaisante 3 fois successivement, vous aboutissez à une sorte de maturité. Je pense que les petits frères qui vont prendre la relève pourront mener le combat dans le cadre d'une démocratie apaisée où le Parlement se renouvelle à travers des élections transparentes et paisibles."


Djézouma Sanon


"De façon générale, nous avons le sentiment d'un travail bien accompli durant 5 ans parce que l'opinion et nos électeurs auront senti qu'il y a eu un changement dans les débats à l'hémicycle. Ce que nous recherchions était de pouvoir remplir la mission pour laquelle nous avons été choisi. Nous avons été élu à la faveur du mouvement social consécutif à l'assassinat de Norbert Zongo; nous ne devrions jamais l'oublier et la vérité telle que Norbert Zongo l'a défendue doit être notre ligne directrice. C'est ce que nous avons essayé de faire au cours du mandat. La qualité du débat s'est fait ressentir dans les commissions où beaucoup de projets de loi ont été profondément améliorés. On ne peut que féliciter les députés de l'opposition pour cela. S'il y a des regrets, c'est le fait que les propositions de loi de l'opposition n'aient jamais fait l'objet d'examen. Si une partie de l'opinion a voulu que nous soyons à l'hémicycle, ses idées doivent être prises en compte dans la gestion du pays. Nous aurions souhaité que l'institution parlementaire soit un peu plus démocratique dans sa gestion. Pendant 5 ans, nous ne nous sommes jamais assis pour discuter de la vie du Parlement. Ce n'est pas normal pour une institution qui bénéficie de plus de 7 milliards de FCFA du budget de l'Etat. Un autre exemple d'absence de démocratie au sein du Parlement est l'exclusion, pendant près de 3 ans, du bureau de l'Assemblée du groupe parlementaire "Justice et démocratie" dont j'ai été le dernier président, quand bien même il était le groupe le plus numériquement élevé après celui du CDP. Cela donne une mauvaise perception de l'institution. Ce sont des détails de gestion qui, d'un point de vue de la lecture approfondie, montrent que nous ne sommes pas encore mûrs pour la démocratie. En outre, la façon dont les élections se sont passées donne un sentiment de frustration. Dans le principe, nous sommes d'accord qu'à l'issue de l'élection nous ne soyons pas forcément élu. Si un homme politique ne conçoit pas qu'il puisse perdre une élection, c'est un dictateur en puissance parce qu'il utilisera tous les moyens pour gagner. Et nous ne voulons pas de cela. Quand on va à une compétition, il faut s'attendre à gagner ou à perdre. Cela doit être intégré. Nous n'avons pas de regrets à partir parce que nous avons perdu des élections. Mais nous aurions souhaité que les élections se passent proprement. D'ailleurs, nous avons déjà fait des propositions dans ce sens."



04/06/2007
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