L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Un militaire à la place de Seydou Diakité ?

FEDERATION BURKINABE DE FOOTBALL

Un militaire à la place de Seydou Diakité ?



Le Comité exécutif de la Fédération burkinabè de football (FBF) présidé par Seydou Diakité a rendu le tablier le vendredi 29 juin 2007. C'était suite à une réunion tenue au Centre technique national de la FBF. Certes, il s'agit de ne penser qu'à l'avenir mais après avoir tiré quelques enseignements.

Ainsi, le président Seydou Diakité et son équipe ont décidé de mettre fin à leur mission à la tête du Comité exécutif de la FBF après cinq années de services. Cette démission intervient dans un environnement délétère pour le football et suite à la défaite des Etalons devant la Tanzanie par 1 à 0, écartant du coup le Burkina de la route de la CAN Ghana 2008. Chacun avait aiguisé son couteau, se préparant à trancher la tête du mouton du sacrifice.

En effet, avant ce match, la sérénité a fait défaut autour de l'équipe nationale. On peut relever en illustration le propos du ministre des Sports et des Loisirs qui confiait à la presse : "Nous sommes fatigués de cette équipe. Elle nous rend malade et si je vous disais combien le séjour au Mozambique a coûté, des choses vont se passer". Et l'homme de conclure que si les Etalons sont éliminés, chacun devra assumer ses responsabilités. Quelques heures après, le ministre finira par révéler à la presse que ce séjour a coûté 176 millions de FCFA. Une confusion va régner sur ce chiffre à 48 heures du match. On apprendra après explications que la FBF a reçu 44 millions de FCFA et le ministère des Sports et des Loisirs devait gérer 54 millions de FCFA sur un budget de 98 millions de FCFA d'accord parties. Ce qu'on ne comprend pas , c'est qu'après coup, ce budget comme par un coup de baguette magique est passé à 171 millions de FCFA. Il faudrait donc que tôt ou tard, la lumière soit faite sur ces chiffres pour enfin situer les Burkinabè. Le jour du match, l'opinion de façon générale a été témoin des actes de vandalisme de hooligans. Le comité exécutif a finalement choisi de s'expliquer face à la presse, avant de convoquer les membres statutaires de la FBF à une assemblée générale extraordinaire. Ces derniers donneront quitus au comité exécutif. Mais après quelques jours, le président de la FBF, Seydou Diakité, et son équipe décideront de quitter le navire de la gestion du football burkinabè.

 

Les responsabilités doivent aller jusqu'au bout


On retiendra de cette équipe fédérale, des acquis pour notre football, même si elle n'est pas parvenue à qualifier deux fois de suite les Etalons à la CAN 2006 et 2008 et n'a réussi qu'une seule participation à celle de 2004. Pourtant, les Burkinabè fondent leur espoir sur les Etalons. L'équipe nationale est la formation qui rassemble les Burkinabè et leur procure beaucoup de joie. Depuis quelques années, ils sont sevrés de cette joie, ce qui suscite forcement de l'amertume et conduit souvent à des dérapages. Comme acquis aussi, Il y a eu deux CAN des cadets, deux CAN et une Coupe du monde des juniors, l'admission aux deux phases du projet Goal FIFA avec la construction du Centre technique national et la pose du gazon synthétique au stade municipal. On peut noter la formation de techniciens de différentes catégories et la formation à la base avec le Centre de la FBF de Bobo Dioulasso qui fait du bon travail, et pour lequel le président Seydou Diakité s'est personnellement investi. Il faut également évoquer la professionnalisation de l'organisation des équipes nationales, le partenariat entre la FBF et la Fédération ivoirienne de football (FIF) , un acte rare sur le continent et qui a commencé à porter ses fruits. De nombreuses actions ont été posées au bénéfice du football burkinabè même si les résultats immédiats ne sont pas visibles aujourd'hui. En parlant du Championnat national qui n'a plus de sponsor et dont le coût d'organisation est de 200 millions de FCFA, on peut relever l'apport à titre personnel du président Seydou Diakité. Pour cette saison 2006-2007 par exemple, il a versé une caution de 80 millions de FCFA et c'est grâce à cela que le championnat national se déroule sans difficulté. Des dirigeants de clubs , de districts et de ligues ont également bénéficié du soutien de Seydou Diakité pour poursuivre leurs activités. En outre, le dernier match amical de préparation des Etalons face aux Aigles du Mali a été préfinancé par Seydou Diakité. Tout cela ne sera que du passé et le Comité exécutif de la FBF qui avait atteint son niveau de compétence comme l'a souligné le président Seydou Diakité, a décidé de partir, "pour montrer qu'il n'est pas accroché à quoi que ce soit". Ainsi, après le limogeage de Saboteur, le départ du comité exécutif de la FBF, il faut maintenant qu'on aille jusqu'au bout des responsabilités. Le ministre avait dit avant le match Burkina #Tanzanie que chacun devrait assumer ses responsabilités.Maintenant que c'est bien fini pour le comité exécutif présidé par Seydou Diakité, il s'agit de mettre en place une nouvelle équipe fédérale.

Et déjà plusieurs noms sont avancés. On parle du colonel Yacouba Ouédraogo (président de l'OLAO), de Bertrand Kaboré (ancien président de la ligue du Centre),de Raymond Georges Marshall (ancien présent de l'EFO) qui n'ont jamais caché leur ambition de diriger un jour la FBF, ou encore du retour probable des colonels Félix Tientarboum et Honoré Nabéré Traoré, en attendant qu'on sorte d'autres cartes. Seuls les clubs, districts et ligues décideront au moment opportun du choix de l'homme et de son équipe qui auront à diriger le football burkinabè mais on ne sait jamais , puisque le politique pourrait se mêler dans la danse. Quel que soit le président qui viendra, il y a des choses à revoir dans notre football qui souffre d'un mal pernicieux. Tant qu'on ne parviendra pas à prendre le taureau par les cornes, on reviendra toujours à la case départ malgré les bonnes volontés. Il ne faudrait donc pas penser seulement aux Etalons d'aujourd'hui. Il faut poursuivre et intensifier la politique de formation à la base entreprise par l'équipe de Seydou Diakité, en faisant en sorte que les clubs possèdent les petites catégories et qu'il y ait des compétitions en leur faveur. L'union sacrée doit nécessairement se réalser autour du football burkinabè. Et pour celà, il faut la sincérité de chacun et de tous.

Par Antoine BATTIONO

Le Pays  du 2 juillet 2007



02/07/2007
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