L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une étape vers la paix au Darfour

RESOLUTION 1769 DE L’ONU

Une étape vers la paix au Darfour

L’adoption à l’unanimité, mardi, au conseil de sécurité de l’ONU, d’une résolution autorisant l’envoi d’une force hybride (UA-ONU) de maintien de paix au Darfour, bien que tardive, constitue à n’en point douter un pas décisif vers la paix dans cette partie du Soudan. Cette résolution qui matérialise enfin le consensus des principales parties prenantes dans ce conflit qui n’a que trop duré, constitue un réel motif de soulagement pour ceux qui militent depuis belle lurette pour un retour de la paix dans la province ouest du Soudan. Que Khartoum et la communauté internationale se retrouvent enfin sur la même longueur d’ondes au sujet de cette crise, cela est à saluer et à apprécier à sa juste valeur. L’optimisme est de mise, d'autant plus que la Chine, alliée ferme du régime de Khartoum, qui s'était jusque-là opposée à toute idée de sanction, s’est alignée. Avec cette nouvelle donne, on peut dire que le processus de paix au Darfour est désormais sur la bonne voie.

Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, pourra être considéré comme un acteur déterminant de cette grande avancée. Lui qui, depuis son arrivée à la tête de son pays, a multiplié les démarches en faveur d’une sortie de crise. Les va-et-vient incessants de son ministre des Affaires étrangères, Bernard Couchner, et l'alliance formée par la Grande Bretagne et la France auront eu raison des résistances de Omar El Béchir et de ses sbires. En effet, le "french doctor", avec sa longue expérience de l’Afrique et la grande humanité qui le caractérise, aura été un artisan de taille de cet heureux aboutissement. La légère amélioration dans les rapports entre le Tchad et le Soudan peut aussi être mise à l'actif de cette évolution positive. Une mise en œuvre favorable de cette résolution est possible quand on sait les implications de ce pays dans la crise qui échappa du reste au seul contrôle du régime soudanais.

Ce nouveau développement, s’il parvenait à son terme, c’est-à-dire à une pacification totale du Darfour, aura démontré une fois de plus, l’incapacité des Africains à se prendre en charge eux-mêmes. La création de la force de l’Union africaine (AMIS) n’aura pas réussi en effet à faire taire les armes. Cette force de 7 000 hommes mal équipés pouvait-elle faire convenablement face à la fournaise du Darfour ? Assurément, non. Mais, à leur décharge, les efforts de l’Union africaine au Soudan se sont heurtés à l’obstruction constante du régime soudanais qui avait toujours refusé de réviser sa position.

A ce sujet d’ailleurs, le principal défi de la communauté internationale est maintenant de contraindre Khartoum à une franche collaboration. S’il est vrai qu’après moult tractations et différentes moutures pour aboutir à un large consensus, les uns et les autres sont aujourd'hui satisfaits du contenu de la résolution adoptée, il demeure, au regard du dilatoire dont a toujours usé El Béchir, que la vigilance doit être de mise. Khartoum doit jouer pleinement le jeu. Le Soudan et la communauté internationale sont parvenus à arrondir les angles, notamment sur le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui n’autorise le recours à la force qu’en situation de légitime défense, pour assurer le libre mouvement des organisations humanitaires et protéger les civils, tout en garantissant la souveraineté du Soudan. Plus rien, objectivement, ne devrait encore bloquer le processus. Aucune fuite en avant de la part de Khartoum ne doit plus être tolérée. C’est en cela que les menaces de sanctions unilatérales et multilatérales maintenues par les Etats-Unis revêtent toutes leur pertinence. Si après tant de concessions qui ont abouti à un accouchement aussi pénible, Khartoum doit se permettre d’autres atermoiements, la communauté internationale devra taper du poing sur la table pour le rappeler à l’ordre.

En tout état de cause, la mise en œuvre de cette résolution reste très attendue, particulièrement par les populations sur place au Darfour qui y voient un début de la fin de leur drame. En attendant de voir les premiers casques bleus sur le terrain, en début 2008, l’on retiendra que cette crise, au regard de la férocité des acteurs en présence, aura été une des plus cauchemardesques que l’humanité ait connues. De même, la force de paix à laquelle donne lieu la résolution 1769 consacre la plus grande mobilisation tant humaine que financière de la communauté internationale. L’immensité de la zone et l’ampleur de cette crise sont certainement à la base de cette mobilisation censée apporter une meilleure réponse au conflit. Aux grands maux, les grands remèdes. Il ne reste plus qu’à espérer que cette force hybride sera véritablement à la hauteur des attentes et des espoirs suscités, afin que soit mis fin à cette tragédie qui ne fait pas honneur à l’Afrique.

Le Pays du 2 août 2007



02/08/2007
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