L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une installation sous des mises en garde (Nouveau maire de Bogodogo)

Nouveau maire de Bogodogo

Une installation sous des mises en garde

Elu le 7 juin 2008 par le Conseil municipal comme nouveau maire de l’arrondissement de Bogodogo, en remplacement de la députée Zénabo Drabo, Henri Sandaogo Kaboré a été installé dans ses fonctions le 18 juin 2008 par le maire de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré. "Faites attention Monsieur Henri, vous savez que des maires ont été envoyés à la MACO à cause des lotissements", a lancé le bourgmestre au nouvel arrivant.

Après 8 ans à la tête de l’arrondissement de Bogodogo, Zénabo Drabo a passé le témoin à Henri Sandaogo Kaboré, alors 2e adjoint au maire. Ce dernier était en lice avec le premier adjoint, Moustapha Ouédraogo, qui a été battu lors de l’élection du 7 juin 2008. Cette élection a été contestée par certains, d’autant plus qu’il n’y a pas eu la nomination d’un intérimaire conformément aux articles 280 et 282 alinéa 2 du Code général des collectivités. Qu’à cela ne tienne, la passation de service entre les maires sortant et entrant a eu lieu le 16 juin, suivie de l’installation officielle du dernier cité le 18 juin.

Pour l’occasion, Zénabo Drabo a fait un petit bilan de son passage à la tête de la mairie. En effet, elle a relevé que 30 sessions ordinaires et 37 autres extraordinaires ont été tenues durant les 8 ans, avec 89% de participation des conseillers. Les dossiers examinés ont concerné tous les domaines de la vie des populations, dont les opérations de lotissement.

Ayant débuté en juillet 2003, celles-ci ont permis de dégager 22 000 parcelles, soit un peu plus de 6 000 déjà distribuées et plus de 11 000 disponibles. Le maire sortant a salué la franche collaboration dont elle a bénéficié du Conseil municipal et des populations durant son mandat. La députée dit ne pas oublier les différents dossiers en instance, plus particulièrement ceux devant les juridictions de notre pays.

En installant le nouveau maire, Simon Compaoré lui a assuré de son soutien plein et entier. Mais il n’a pas manqué de lui faire des mises en garde "notre soutien sera effectif, si vous êtes correct et marchez selon les normes et les indications prescrites qui conditionnent le fonctionnement de nos institutions.

On a donné des parcelles, il y en a qui attendent, attention Monsieur Henri, vous savez que des maires ont été envoyés à la MACO (NDLR : Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou) à cause des lotissements. Que votre action soit propre et que vous puissiez parler comme moi parce que je n’ai rien à craindre en matière de parcelles. Je n’ai pas détourné. Faites pareil. Si vous succombez à cette vague de sollicitations, elle vous emportera de l’autre côté", a souligné le maire de Ouagadougou.

Tout en rendant hommage à son prédécesseur, Henri Sandaogo Kaboré a invité les membres du Conseil et les citoyens à une unité d’actions, avant de conclure : "Le bien ne fait pas du bruit et le bruit ne fait pas du bien". La cérémonie a connu la participation du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Clément Sawadogo.

Après la cérémonie, nous avons pu rencontrer Moustapha Ouédraogo pour qu’il nous donne sa version sur cette élection : "En tant que premier adjoint à l’ancien maire Zénabo Drabo, j’ai assuré 13 fois l’intérim pendant les deux ans de ce mandat. Mme le maire a démissionné alors que j’étais en mission, en Angleterre et devait rentrer les jours qui suivaient précisément le 31 mai 2008.

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a accepté la démission le 3 juin, quatre jours plus tard, et les élections ont eu lieu sans l’intérim d’un mois que je devais assurer. C’est une violation de la ainsi loi Code général des collectivités. C’est une élection calamiteuse ainsi voulue pour disqualifier un candidat.

La célérité avec laquelle l’élection a eu lieu montre que je ne répondais pas aux critères qu’on voulait. Le nouveau maire a été élu à 18 voix contre 12 pour ma personne ; je n’ai aucun problème avec lui et je demeure au poste de premier adjoint. Je relève ce manquement à la loi pour en éviter d’autres qui portent atteinte à l’encrage démocratique. Sinon je n’ai pas la prétention de vouloir changer ce qui est déjà fait". Avec un minimum de fair-play qu’on reconnaît au perdant, peut-être que les choses iront mieux pour le bonheur des administrés.

Abdou Karim Sawadogo

L’Observateur Paalga du 20 juin 2008



20/06/2008
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