L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Planète Champion international : La fin d’une belle aventure

Planète Champion international

La fin d’une belle aventure

 

S’il y a un centre de formation qui a fait ses preuves au Burkina Faso, c’est bien Planète Champion international dont les installations se trouvent à Dassasgho au secteur 28. Mais aujourd’hui, il a du plomb dans l’aile et se voit dans l’obligation de mettre la clef sous le paillasson. Hier mercredi 22 août 2007, au cours d’une conférence de presse,  le fondateur, Philippe Ezri, n’a pas voulu admettre cette réalité et parle de fermeture en sommeil. C’est la fin d’une belle aventure qui avait commencé il y a dix ans.

 

On le savait déjà, Planète Champion, ces trois dernières années, ne fonctionnait pas normalement. Il y avait des problèmes à tel point que lors de sa dernière conférence de presse, le fondateur Philippe Ezri avait déclaré que s’il ne trouvait pas de repreneur, il fermerait le centre. Hier mercredi, quand nous sommes arrivés dans la cour, il y avait beaucoup de monde et le personnel faisait des va-et-vient. Le centre semblait reprendre une nouvelle vie mais ce n’était qu’une apparence. Quelqu’un nous a confié avant la rencontre de Ezri avec la presse que les nouvelles ne sont  pas bonnes. « Planète Champion, la pépinière du football burkinabè, ne doit pas mourir ». C’est ce qu’on pouvait lire sur une banderole placée sur le lieu de la rencontre. Un message plein de sens qui sonne comme une complainte. Les invités prennent place sous un hangar et attendent ce que va annoncer le fondateur. Il commence d’abord par évoquer le travail abattu par Planète Champion au Burkina depuis dix (10) ans. Selon lui, il y a eu deux générations d’enfants qui ont été recrutés à 13 ans pour deux  cycles de 5 ans.  Le premier cycle s’est déroulé de 1998  à 2003  et le deuxième de 2003 à 2007.  Pour Philippe Ezri, c’était une aventure sociale et familiale.  La première génération, a-t-il dit, a donné des résultats totalement exceptionnels et incroyables. La moitié a joué en équipe nationale cadette des Etalons et participé à deux CAN  (Conakry en 99 et Seychelles en 2001). Ensuite, il y a eu deux coupes du monde (Nouvelle Zélande en 99 et Trinidad en 2001, au cours desquelles les Planétaires avaient fait sensation. Lors de la CAN junior en 2003 au Burkina, huit joueurs de Planète Champion figuraient dans l’effectif. Et après, la plupart des pensionnaires sont tous partis en Europe mais pas dans la forme.

Au fur et à mesure que l’orateur parle, les journalistes sont suspendus à ses  lèvres. Il termine son intervention sans qu’on sache réellement si Planète Champion va disparaître définitivement ou continuer d’exister. Et pourtant, c’est ce que tout le monde attendait impatiemment.  Ezri attendait-il que les journalistes abordent ce sujet ? Eh bien, c’est ce qui a été fait. Il est resté silencieux pendant un long moment comme  un fakir. « Nous vous écoutons, Ezri », avons-nous relancé. Sortant de sa longue méditation intérieure, il laisse entendre qu’il a du mal à répondre à notre question. Il reste attaché à Planète Champion et il le met en sommeil. Le domaine appartient à la Mission Baptiste, qui va le récupérer. Le terrain de football reste. Quant au matériel sportif, il sera distribué aux employés, qui continueront à être payés pendant une année. Selon lui, ils sont tous déclarés à la CNSS et il va régler leurs droits avant de partir. Quand il a enfin lâché ces quatre mots : « Je ferme en douceur », on a tout de suite compris qu’on parlera désormais de Planète Champion au passé. Ezri était un moment amer parce que des joueurs sont partis sans qu’il ne touche un centime.  Financièrement, ça ne l’arrangeait pas, surtout qu’il louait les locaux à 800 000 FCFA par mois sans compter d’autres charges. Par an, c’est 100 millions de FCFA qu’il débourse pour le fonctionnement du centre. C’est avec une certaine amertume qu’il s’en va, mais il reste à la disposition du football burkinabè. Il a passé de bons moments ici et il est satisfait de voir qu’il a des joueurs qui sont disséminés aux coins du monde. Aujourd’hui, son souhait est de voir le Burkina disputer la Coupe du monde 2010 qui aura lieu en Afrique du Sud. Il se dit prêt à aider le ministère des Sports pour la recherche d’un entraîneur de haut niveau. Ezri pense que la première génération de Planète Champion peut qualifier notre pays pour le mondial. C’est vrai que le groupe s’est disloqué, mais il peut être reconstitué.

 

Justin Daboné

L’Observateur Paalga du 23 août 2007

 

Encadré

Quelques joueurs formés à Planète

 

.Ousséni Zongo (Tyrol, Autriche)

. Lamine Traoré (Turquie)

. Hennock Conombo (Bastia)

. Aziz Nikiéma (Niort, D2)

. Patrick Zoundi (Grèce, D2)

. Wilfried Sanou (Fribourg, Allemagne)

. Jonathan Pitroipa (Fribourg, Allemagne)

. Soumaïla Tassembédo (Moldavie)

. Ibrahim Kaboré (Koweït)

. Daouda Diakité (Arab Contractor, Egypte)

. Oumarou Kanazoé (CFO)

. Jeannot Bouyain (club inconnu)

. Maiga Bouda (Nigeria)

. Djibril Traoré (club inconnu)

. Zakaria Traoré (ASFB)

. Hamidou Tiemtoré (USCO)

. Abdou Zakari Illa (USO)

. Ismaèl Doamba (SANTOS FC)



22/08/2007
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