L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une Lettre pour Laye : Et les machettes parlèrent à Béeka

Cher Wambi,

 

Au fur et à mesure que se rapproche l'échéance du 6 mai, la tension ne fait que monter dans l'arène politique. Candidats et militants des partis en lice pour les élections législatives ne se privent pas d'armes, même celles non conventionnelles, pour déstabiliser sinon abattre l'adversaire.

En parlant d'armes, cher cousin, je fais surtout allusion à ces tracts qui ont commencé à envahir le Burkina profond.

A Gaoua comme à Ouahigouya, cette littérature, dont une certaine race de politiciens a le secret, divise plus qu'elle ne rassemble, ne servant à son menu que la vie privée des adversaires politiques.

C'est ce que d'aucuns qualifient de presse souterraine, dont l'objectif premier est de nuire.

Bien dommage, cher cousin, qu'on en soit réduit à la pratique de cette politique  du dessous de la ceinture, plutôt que de convaincre l'électorat par des bilans, les programmes et  projets.

N'est-ce donc pas la conclusion que, sur le terrain politique, tous les coups ont valeur d'arguments ?

Mais j'ose espérer qu'au village, avertis comme vous  êtes, nul ne se laissera berner par de telles paperasseries qui suent non seulement la médisance, la diffamation et la calomnie, mais aussi la haine.

 

Alors que j'en étais à déplorer, cher cousin, une telle dérive, j'apprends que dans la région du Centre-Est, et précisément dans la province du Boulgou, des militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et de la Coordination des forces démocratiques du Burkina (CFD/B) ont, eux, franchi le Rubicon.

Il me revient en effet, que les militants de ces deux formations politiques, qui prétendent tous œuvrer au "...Progrès continu pour une société d'espérance" du grand sachem en sont venus aux pierres, gourdins, si ce n'est aux tomahawks à Bêeka dans les environs de Zabré.

Le casus belli serait ce meeting de la CFD/B que le chef de Bêeka ne voulait point sentir, tenu dans son domaine le dimanche 22 avril dernier, sans son autorisation, parce que lui roulerait pour le CDP.

Un gourou local du parti au pouvoir, à bord d'un véhicule 4x4, serait venu ensuite jouer aux pyromanes, et le constat est là : au moins cinq (5) blessés et deux (2) véhicules endommagés.

Heureusement que le mal a été vite circonscrit, sinon...

Tu comprends maintenant pourquoi, cher cousin, dans une de mes dernières lettres, j'invitais nos gardiens des coutumes et de la tradition à jouer pleinement leur rôle de catalyseur en ces moments où la tension est perceptible.

Mais hélas, qu'ils sont encore une multitude, ces chefs qui croient qu'il leur suffit de tousser pour que les populations prennent la même carte qu'eux !

Comme quoi, le changement de mentalités n'est pas pour demain.

 

Si au soir du 06 mai, cher Wambi, les urnes leur sont favorables, deux députés atypiques siégeront à l'Assemblée nationale.

Le premier n'est autre que l'adjudant-chef Hyacinthe Kafando, cet ancien homme fort du Conseil de l'Entente qu'on ne présente plus.

Depuis sa disgrâce en octobre 96 et après son retour d'exil en avril 2001, veille de la fête pascale et consécutivement à la Journée nationale de pardon (JNP), chef Kaf. s'était fait aussi discret qu'un Sioux jusqu'à sa réapparition inattendue dans l'arène politique.

Dans son Namentenga natal, où il est deuxième candidat titulaire, après Zambendé Théodore Sawadogo, sur la liste du CDP, il fait des pieds et des mains, en cette campagne électorale, pour transformer sa reconversion en une résurrection politique.

Le second est non moins célèbre, puisqu'il s'agit du prince Abdoul Aziz Congo de la couronne du Moogho, qui se présente comme tête de liste du Rassemblement populaire des citoyens (RPC) dans la province du Kadiogo.

Sauf erreur ou omission, cher cousin, depuis 1978,  date à laquelle le prince Jean Louis Congo avait suppléé le Dr Issoufou Joseph Conombo à l'Hémicycle, c'est la première fois qu'un descendant du Moogho Naaba brigue un siège électif.

 

Restons toujours dans la fièvre électorale, mais rendez-vous à mille lieux du Moogho, en Belgique, où les élections législatives ont lieu le 10 juin prochain.

Et pourquoi la Belgique ?

Eh bien, tu l'avais certainement déjà appris, le 8 octobre 2006, une de nos compatriotes, Solange Pitroipa, avait réussi l'exploit de se faire élire conseillère municipale de la commune d'Ixelles.

Elle n'entend pas s'arrêter en si bon chemin, puisque je viens d'apprendre que Solange Pitroipa est en 16e position sur la liste du Mouvement réformateur (MR), son parti, pour les élections législatives du 10 juin 2007.

Last but not least, elle figurerait également sur la liste de l'arrondissement de Vilvoorde, Bruxelles.

N'est-ce pas qu'elle fait voyager non seulement haut, mais aussi loin le drapeau burkinabè, celle-là ?

Nos encouragements donc à cette battante.

 

Et maintenant tout autre chose, cher cousin ; sûrement que tu te rappelles comme si c'était hier   ce dossier qui avait défrayé la chronique en son temps : celui du marché de fer de Bassinko. A  l'époque, même entre les associations de garagistes, c'était comme une levée de boucliers, certaines souscrivant au projet, d'autres la rejetant pour des motifs divers. Il a donc fallu que la mairie joue les arbitres en récupérant le dossier. Et ce fut Martin M. Ouédraogo, l'ex-premier adjoint de Simon, qui en hérita. Depuis, les choses ont évolué, et aujourd'hui, tu peux le constater toi-même à l'occasion d'une de tes descentes dans la capitale, tout indique que bientôt, le site accueillera ses locataires. Car aux soudeurs et aux "casseurs-autos"  on a indiqué leurs parcelles, et ils n'attendent que les fiches d'attribution pour entreprendre des travaux d'aménagement.

Quant aux garagistes, c'est en principe à partir de ce lundi qu'on leur indiquera les leurs. C'est au total 400 lopins qui sont concernés, les superficies allant de 300 à 1 500 m2. Evidemment tout se fera selon la taille du garage et le gabarit des véhicules qui seront admis sur le site. En tout cas et c'est le moins que l'on puisse dire, cela désengorgera un tant soit peu certaines rues de la ville, qui étaient transformées en garages à ciel ouvert, avec ce que cela comporte comme risques d'accidents pour les usagers.

 

Et à présent, fidèle à son rendez-vous hebdomadaire, Tipoko l'Intrigante nous ouvre son carnet secret :

 

Pour toutes les générations de la Base aérienne burkinabè, le Commandant Patrice Koné restera un symbole.

Décédé mercredi par suite de maladie et inhumé hier jeudi à Banfora, celui-là que la grande muette pleure aujourd'hui était entré dans l'histoire lorsqu'en 1976, il sortit indemne du crash d'hélicoptère à Poa, dont furent victimes de nombreuses personnalités étatiques.

Des accidents d'avion, le Cdt Patrice Koné en connaîtra encore, mais en sortira toujours sain et sauf.

Ce  n'est donc pas à tort qu'on l'appelait le miraculé de la Base 511.

 

La vindicte populaire semble régner à Simonville. L'épisode de la Chaîne des bars Kundé en est, en tout cas, la parfaite illustration.

Et comme il fallait le craindre, cette forme de justice expéditive est en train de faire tache d'huile.

Un cavalier l'a appris à ses dépens dans la nuit du dimanche dernier à Dapoya pour avoir renversé un usager de la route.

Le pire est vite arrivé, puisqu'il n'a pas survécu à la  furie de la foule.

 

Pour de "meilleures conditions de vie et de travail", le Syndicat burkinabè des magistrats (SBM) a décidé d'une marche de protestation, qui doit avoir en principe lieu aujourd'hui même 27 avril 2007. Une marche en direction du ministère de la Justice qui devrait être ponctuée par la remise d'un mémorandum et d'un message. Le ministre, on le sait, a signifié au SBM le caractère illégal d'un tel acte, au regard des textes régissant le corps de la magistrature.

Dans ce bras de fer qui oppose le SBM au ministère, des personnes physiques et morales font les médiateurs pour dissuader le SBM. Ce sont :

- l'Association des magistrats retraités du Burkina, qui estime qu'il faut agir pour que ce soit comme le médecin avant la mort et non le contraire, et qui a souligné le caractère illégal de cette marche au regard des textes, car, pour eux, des magistrats marchant dans la rue avec leurs robes contribueraient à discréditer la justice burkinabè ;

- Cheick Ouédraogo, président de la Cour de cassation, qui est également intervenu auprès du Syndicat en question pour évoquer les mêmes raisons que l'Association des magistrats retraités ;

- Idem pour Moctar Tall, le directeur général de l'ENAM, qui a apporté sa contribution pour le règlement de cette affaire ;

- il n'est pas jusqu'au Syndicat autonome des magistrats burkinabè (SAMAB) , informé de cette marche, dont elle se dissocie, car n'ayant pas participé aux débats qui ont abouti à cette décision, qui n'ait invité  le SBM à privilégier la négociation et la discussion, tout en s'interrogeant sur la légalité de cette marche et surtout sur ses conséquences négatives, dont la justice et les magistrats pourraient faire les frais ; une allusion au discrédit qui pourrait résulter d'un tel acte sur ce pilier de l'Etat de droit qu'est la justice.

En plus hier, le maire de l'arrondissement de Baskuy a annulé l'autorisation qu'il avait accordée au SBM de marcher.

Tous ces médiateurs seront-ils entendus ? Réponse aujourd'hui même à 9 heures.

 

Rendez-vous ce week-end à Dassasgho, précisément à l'Espace culturel Gambidi pour vivre les journées culturelles bissa (Bissakou Hourgnon Domïn), 4e édition. Initiée par le directeur de Radio Gambidi, Jean-Pierre Guingané, qu'on ne présente plus, cette 4e édition comportera des expositions, des débats, une kermesse avec prestations d'artistes musiciens.

Le clou de ces journées culturelles bissa, ce sera sans doute le match de football qui opposera, le samedi à 16 h, l'équipe des Bissa à celle des Gourounsi ; tout cela, sous la présidence de Zéphirin Diabré, président d'AREVA Afrique et Moyen-Orient, et le parrainage du commissaire Palguim Sambaré.

 

Effervescence populaire également du côté du secteur 11 de Ouagadougou où la direction de l'Association des parents d'élèves organise  samedi et dimanche, les activités commémoratives du 25e anniversaire de l'école Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus. Cette commémoration sera surtout marquée par une grande kermesse comme on en connaissait jadis.

 

L'Association Teel-Kiibsé procédera ce dimanche 29 avril 2007 au lancement de ses activités.

La cérémonie, placée sous le très haut patronage du gouverneur de la région du Centre, Boureima Bougma, et le parrainage du PDG des Caves Simporé, aura lieu à partir de 14h00 sur le terrain de sport de Tanghin-Dassouri.

 

Les Kundé 2007, on le sait, auront lieu ce vendredi 27 avril dans la salle des fêtes de Ouaga 2000. Parmi la fournée d’artistes annoncés pour le spectacle, il y avait la vedette congolaise Loukoua Kouwanza. Mais hier dans la matinée, l’artiste a envoyé un e-mail au commissariat général des Kundé, faisant cas de son mauvais état de santé ; ce qui n’a pas manqué  d'embarrasser le commissaire Jah Press et tout son staff. Mais qu’à cela ne tienne, les autres vedettes invitées ont toutes confirmé leur participation, et certaines sont même  à Ouaga depuis le mercredi. C’est certes un désagrément, mais ça ne devrait pas, en principe, gâcher la fête.

 

«Une lettre pour Laye» in L’Observateur Paalga du 27 avril 2007



27/04/2007
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