L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une Lettre pour Laye : Les flics reviennent à la charge

Cher  Wambi,

 

Ravageur, le désert avance à la vitesse du vent et menace d'exterminer cette savane si giboyeuse que nous ont léguée nos aïeux.

L'environnement souffre le martyr du fait de l'homme, dont la tendance est de tuer, de détruire pour survivre.

Hélas, ceux-là qui jadis faisaient de la lutte contre la coupe abusive du bois, les feux de brousse et la divagation des animaux leur cheval de bataille devraient se retourner dans leurs tombes pour avoir prêché dans le... Sahel.

Mais comme, dit-on, il n'est jamais tard pour bien faire, je reste persuadé qu'aux quatre coins du Faso, tous les Burkinabè mettront à profit ce mois pluvieux d'août pour ressusciter ces milliers d'arbres que, par égoïsme ou par méchanceté gratuite, nous avons contribué d'une manière ou d'une autre à terrasser.

C'est te dire qu'à Laye, cher cousin, vous devrez, vous aussi, vous approprier cet engagement des autorités de tutelle de l'environnement et du cadre de vie de reverdir le Faso.

Le gouvernement a ouvert la voie, suivi par l'Assemblée nationale, le ministère de l'Emploi et de la Jeunesse et bien d'autres structures.

Que personne donc ne soit en reste, et que ces pluies prometteuses de la campagne agricole nous accompagnent dans notre croisade.

Dans cette attente, tournons-nous vers la représentation de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique (ASECNA) pour prendre connaissance des quantités d'eau tombées dans nos différentes stations dans la semaine du jeudi 16 au mercredi 22 août 2007 : Dori = 22,8 mm ; Ouahigouya = 68,4 mm ; Ouagadougou-aéro = 24,7 mm ; Dédougou = 4,8 mm ; Fada N'Gourma = 48,8 mm ; Bobo-Dioulasso = 54,2 mm ; Boromo = 56,7 mm ; Pô = 50,8 mm ; Gaoua = 75,0 mm ; Bogandé = 12,6 mm.

 

Cela dit, cher cousin, c'est déjà la fin des vacances gouvernementales, marquée par le retour au Faso depuis mercredi en fin de matinée du grand sachem.

Comme à son habitude, l'enfant terrible de Ziniaré s'était, en effet, envolé clandestinement pour la Grèce il y a de cela deux semaines.

Maintenant donc que le chat est de retour, n'est-ce pas la fin de la danse qui est sonnée pour les souris ?

En tous les cas, cher Wambi, ce ne sont pas les dossiers pendants qui feront défaut à la rentrée gouvernementale.

Nécessairement, il faudra revisiter ces histoires d'affrontements meurtriers qui ont opposé éleveurs et agriculteurs à Gogo dans le Zoundwéogo ; réexaminer ces cas de fraudes qui ont entaché cette année aussi bien les examens du secondaire que les concours directs de la Fonction publique.

D'ailleurs, me revient-il, les 9 personnes appréhendées et déjà internées à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) pour avoir trempé les babines dans le pétrole des concours directs comparaîtront très prochainement au palais de justice de Ouagadougou.

Leur procès avait même été annoncé pour ce 25 août, mais, au moment où je traçais ces lignes, j'apprenais que le dossier n'a finalement pas été enrôlé. Y aurait-il d'autres requins à pêcher ailleurs ?

 

Pour sûr, cher cousin, la première session du Conseil des ministres à cette rentrée est très attendue.

Ce ne sont pas les flics grogneurs, dont je t'ai fait l'écho des misères dans ma lettre du 03 au 06 août 2007, qui diront le contraire.

Eux qui reviennent à la charge après l'interview du Secrétaire général du ministère de la Sécurité parue dans l'Observateur paalga n° 6946 du 10 au 12 août 2007.

Mais leur prêtera-t-on enfin l'oreille ?

Rien n'est moins sûr, mais voici en tout cas ce qu'ils disent :

"Suite à notre écrit paru dans l'Observateur paalga n° 6942 du vendredi 03/08/ au lundi 06/08/2007, dans lequel nous nous adressons au président du Faso, au Premier ministre et au ministre de la Sécurité par rapport à l'application de l'article 29 du décret n° 2006-376/PRES/PM/MFPRE/SECU/MFB, portant organisation des emplois spécifiques de la Police nationale en date du 04/08/2006, nous tenons à leur apporter certains éclaircissements :

- au mois de mars de l'année 1980, un examen d'intégration dans le corps des sous-officiers de police (actuelle appellation : assistants de police) a été organisé suite à l'application d'un décret dont nous n'avons pas les références sous la main. Ont pris part à cet examen tous les brigadiers et brigadiers-chefs de police. Au lendemain de la délibération, ils sont tous classés et intégrés grade pour grade et échelon pour échelon dans le corps des sous-officiers de police  ;

- un groupe constitué de seize éléments s'est retrouvé dans la catégorie C2 et un autre groupe, de trois éléments, dans la catégorie B2 selon les avancements des spécificités de nos grades.

A la Police nationale, il n'existe pas de galon pour les catégories C2 et B2. Quel galon doivent-ils porter ? Ces éléments ont été tous intégrés respectivement dans les catégories C1 et B1 de la Police nationale sans aucun test ;

- avec le reversement de la Garde nationale à la Police nationale, tous les caporaux, sergents, sergents-chefs, adjudants, adjudants-chefs ont été intégrés dans la catégorie des sous-officiers de police  sans aucun test.

Un an plus tard, tous les brigadiers de police et brigadiers-chefs de police ont été intégrés sans exception  dans le corps des sous-officiers de police sans aucun test.

De tous les Secrétaires généraux du ministère de la Sécurité qui se sont succédé, aucun ne s'est opposé  à l'application de ces différents décrets.

Aujourd'hui, un communiqué du ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat invite tous les brigadiers de police et brigadiers-chefs de police ayant 47 ans d'âge et au-delà, à fournir un dossier pour prendre part à un examen à titre exceptionnel selon l'application de l'article 29 du Décret sus-cité.

Monsieur le Secrétaire général du ministère de la Sécurité met fin à ce communiqué et à l'organisation de cet examen par un simple message diffusé dans tous les services de police à travers toutes les provinces.

Monsieur le Secrétaire général du ministère de la Sécurité est venu sur concours direct de recrutement des commissaires de police. N'ayant pas gravi les étapes de subalterne, monsieur le S.G. ne connaît pas la réalité de la vie de l'Agent de police.

Ceux-là qui crient au secours aujourd'hui sont ceux qui ont accueilli le S.G. à son arrivée dans le corps de la Police nationale, l'ont identifié, lui ont appris à marcher au pas et à manier l'arme. Aujourd'hui, ils ne demandent qu'à sucer les os que le S.G. jette de sa table à manger : l'application de l'article 29 du Décret sus-cité, qui n'a rien de commun avec le concours professionnel.

Excellence colonel ministre de la Sécurité, toute notre confiance, notre foi et notre espoir reposent sur vous. Avec toutes nos bénédictions, Excellence colonel ministre de la Sécurité, venez à notre secours.

Nous présentons toutes nos excuses à leurs Excellences messieurs le Président du Faso, le Premier ministre et le ministre de la Sécurité pour avoir passé par la presse, car la parole ne nous est jamais donnée. Nous n'avons pas d'autre voie pour nous adresser à vous.

Pour l'amélioration des conditions de vie et de travail de la police, nous serons toujours dans la lutte".

No comment !

 

Pour les Burkinabè de tous bords, la date du 15 octobre restera à jamais inoubliable, cher cousin. Elle occupe, en effet, une place de choix dans l'histoire du pays dit des hommes intègres.

Tu te souviens, certainement, comme si c'était  hier, que c'est le 15 octobre 1987 que Blaise Compaoré a accédé au pouvoir suite à l'avènement du Front populaire, qui enfanta la rectification de la Révolution d'août. 20 ans déjà donc !

C'est aussi ce 15 octobre 1987 que le président du Conseil national de la révolution (CNR), le capitaine Thomas Isidore Noël Sankara, et douze de ses disciples ont été les premières victimes de cette même Rectification.

Le 15 octobre 2007, les Burkinabè commémoreront deux anniversaires en un.

Blaise et les siens fêteront leurs 20 ans de règne et, je puis te l'avouer, déjà les petits plats sont mis dans les grands afin que belle soit la fête.

J'ai appris par ouï-dire d'ailleurs que les manifestations entrant dans ce cadre s'étaleront du 10 au 20 octobre 2007.

Et le parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), est à pied d'œuvre pour organiser un colloque international à Ouagadougou, dont le thème est : "Démocratie et développement en Afrique".

Il est prévu pour se tenir les 14, 15 et 16 octobre dans la salle des banquets de Ouaga 2000, et devrait donner l'opportunité aux acteurs de la scène politique africaine et internationale d'identifier les pistes à explorer pour contribuer de façon novatrice et efficace à la consolidation de la démocratie pour un développement durable en Afrique.

Mais comme il fallait s'y attendre, cher cousin, les fidèles de Thomas Sankara refusent de laisser ranger leur héros dans les oubliettes de l'histoire.

2007 est pour eux une année dite Thomas Sankara, et en ce 20e anniversaire de son assassinat, un comité national d'organisation s'attelle à la tenue d'un symposium international sur la pensée et l'action du président Thomas Sankara.

A cet effet, ledit comité a lancé l'appel à contribution dont teneur suit  :

 

"Appel à contribution

 

Le 15 octobre 2007, cela fera vingt (20) ans que le Président du Burkina Faso, Thomas Sankara, a été assassiné dans l'exercice de ses fonctions. Si la date de son assassinat est commémorée chaque année à travers le monde, le 20e anniversaire, le 15 octobre 2007, sonne comme un moment fort de réflexion, d'introspection et de prospective pour tous ceux qui se battent en vue de "changer la vie". C'est pourquoi lors de la commémoration du 19e anniversaire le 15 octobre 2006 à Ouagadougou au Burkina Faso, l'année 2007 a été déclarée "Année Thomas Sankara". Cette déclaration fait suite à un vœu des alter mondialistes, réunis à Bamako, en République du Mali en 2006, et se justifie non seulement par la nécessité d'encourager la mobilisation des organisations populaires du Nord et du Sud dans leur dynamique autonome, mais aussi par la volonté de canaliser les différentes et diverses initiatives vers un point unique pour des activités intégrées, aptes à créer ou à déterminer ensemble les conditions d'un progrès vers cet autre monde possible.

 

Pour ce faire, la célébration du 20e anniversaire à Ouagadougou au Burkina Faso connaîtra la participation de délégués provenant de pays africains, européens, américains, etc. A l'occasion, il se tiendra un symposium international sur la pensée et l'action du Président Thomas Sankara avec pour objectif général la formulation et la promotion de l'idéal du Président assassiné. Des débats dans des panels et des travaux en commissions sont prévus lors du symposium, qui permettront aux participants d'échanger et de partager leurs expériences.

Le coût total des activités commémoratives est estimé à plus de cinquante millions de francs CFA (50 000 000 FCFA), soit environ 77 000 euros ou un peu plus de 100 000 dollars US.

A l'occasion de la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation des activités prévues, le Comité national d'organisation du Burkina Faso lance le présent appel à contribution.

Il présente d'ores et déjà sa profonde gratitude à toutes les bonnes volontés (personnes physiques, morales, institutions, personnalités...) dont la contribution aura permis le succès de la commémoration de ce 20e anniversaire. Un compte spécial a été ouvert à cet effet.

Les contributions sont attendues au numéro de compte bancaire suivant : compte n°01358040009 au nom de "Fondation Thomas Sankara pour l'Humanité".

Code banque : C0084

Code guichet : 01001

Clé RIB: 21

domicilié à

 

Bank Of Africa - Burkina Faso

Avenue du Président Aboubakar Sangoulé Lamizana

01 BP 1319 Ouagadougou 01

Burkina Faso"

 

Le vice-président

Jonas Hien

 

Le Président

Chériff Sy

 

Il y a quelque deux semaines, cher cousin, à travers cette même lettre, j'informais le village de la célébration des noces de diamant, autrement dit des 60 ans de mariage de Gérard Kango Ouédraogo.

Cela n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, puisque le 16 août dernier, Laye a tenu à être de la fête à Ouahigouya et, surtout, à congratuler le Duc du Yatenga et son épouse Bernadette Haoua Sawadogo pour tant de chemin déjà parcouru main dans la main.

Eh bien, le grand frère, dont la gratitude ne se dément pas, me charge une fois encore de vous dire grand merci pour votre sollicitude, vos messages, vos prières et vos soutiens divers, qui ont accompagné sa famille tout au long de ce jour pour l'exaltation et les louanges du Seigneur Tout-Puissant.

 

En formulant le vœu que toi aussi tu puisses en faire autant, cher Wambi, je t'invite maintenant à une lecture minutieuse du carnet secret de Tipoko l'Intrigante :

 

Rien ne vaut la paix. Et, comme qui dirait, quand il y a la paix, la vie est belle, et les cailloux fleurissent.

C'est, en tout cas, ce qu'il conviendrait de dire de la Côte d'Ivoire, qui vient de sortir de cinq années de crise.

Depuis, en effet, que les armes se sont tues sur les bords de la lagune Ebrié, l'or scintille à l'horizon.

D'ici peu, on ne parlera plus que du café, du cacao, de l'ananas et de la banane, car d'or, d'uranium et de pétrole, le sous-sol ivoirien en regorge.

Le président Laurent Gbagbo n'a-t-il d'ailleurs pas signé récemment 14 décrets pour l'attribution ou le renouvellement de permis de recherches minières, principalement de l'or ?

En tout cas, les sociétés minières s'y bousculent déjà, et les premiers bénéficiaires ont pour nom : Newmont Overseas (1,9 milliards de F CFA de travaux prévus) ; Equigold (790 millions de F CFA) ; BIPTFO (520 millions de F CFA) ; Caystar (1 milliard de F CFA) ; Rangold Resources (370 millions de F CFA) ; Etruscan Resources (710 millions de F CFA) ; Taurian Resources (230 millions de F CFA). Comme le dit si bien un adage, si ton voisin tue un lièvre, tu peux être sûr et certain d'en tirer profit. En tout cas, de bras valides, le Faso en est plein. Mais, c'est vraiment la cocagne, cette Côte d'Ivoire là !

 

Le 6 juillet dernier, la douane de Rouen (France) avait remis à l'ambassade du Burkina Faso à Paris un lot de 262 pièces archéologiques saisies en novembre 2006 dans les bagages d'un couple affirmant déménager du Burkina. De l'avis d'un expert, il s'agit bien de pièces "d'une valeur historique incontestable, car certaines datent du 11e siècle", et l'on dénombre des fragments de poteries, des statuettes, des morceaux de fer et ainsi que de bronze et bien d'autres objets. Aucune indication n'a cependant été fournie sur les sites où ces objets ont été prélevés, ni sur l'identité des deux trafiquants.

Dans l'attente du retour effectif de ces pièces au Burkina Faso, il me revient que le service régional de la police judiciaire du Centre, qui était sur une affaire de stupéfiants, a saisi, par hasard en juillet 2007 au secteur 17 de la ville de Ouagadougou, une malle d'objets archéologiques au domicile d'un Burkinabè. Ce dernier dit les garder pour un Allemand qui  les lui a confiés qui attendait un moment propice pour les exporter. Les objets, qui sont pour la plupart des sculptures en pierre provenant du nord du Burkina, ont été remis aux structures compétentes pour analyse.

Il y a lieu donc de féliciter le commissaire Darga et ses hommes qui, d'une pierre, ont fait deux coups. Petit à petit, le temps où l'on banalisait les biens culturels dans les opérations policières et douanières est en train de s'estomper.

 

La Maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou (MJCO) va refuser du monde ce dimanche 26 août 2007,  car tous les ressortissants de Baguemnini résidant à Ouaga et dans les autres localités du Burkina Faso sont conviés à une réunion d'échanges à partir de 9h00.

Point de doute : une cacophonie d'arcs et de flèches au rendez-vous.

Chez ces Tensobin-bi (petits guerriers), il est recommandé à leurs esclaves de Yoâsna de ne pas s'aventurer.

De véritables forces de la nature, tels Ernest Nôkôbdo, Mba Môgré, Jean Paul Nôbéedo seront aux aguets.

C'est tout dire donc.

 

Le mercredi 29 août 2007, le Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO) accueillera un conclave des directeurs d'écoles primaires publiques du Faso.

A l'ordre du jour : l'épineuse question de la gratuité de l'enseignement. Des échanges houleux en perpective, à en croire ceux qui n'espéraient pas  une telle occase pour en découdre une fois pour toutes avec ceux qui ont perdu leurs repères dans l'enseignement.

 

Ce samedi 25 août 2007 seront lancées, dans la capitale du Yatenga, les activités de l'Amicale des anciens élèves du Cours normal Antoine Roche/Lycée Yam-Waya de Ouahigouya (AA ECNARO/LY). Elles seront marquées essentiellement par un "pèlerinage" à Ouahigouya, la création d'un bosquet et une rencontre d'échanges avec les anciens de ladite ville.

Anciens du Cours normal et du Lycée Yam-Waya, répondre à cet appel est avant tout une question de fierté.

 

L’Observateur Paalga du 24 août 2007



24/08/2007
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