L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Une Lettre pour Laye : Rébellion des bouchers de Dapelogo

Cher Wambi,

 

A moins d'un rebondissement, suite aux différents recours introduits auprès du Conseil constitutionnel, c'en est fini des législatives 2007, qui ont donné les résultats que l'on sait.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en sort donc largement majoritaire avec ses 73 députés, qui recevront à l'hémicycle le renfort inestimable des élus des appendices du parti présidentiel que sont l'UPR, la CFD/B, le RPC, le RDB et ... l'ADF/RDA.

L'opposition vraie, qui se résume à l'UPS, l'UNIR/MS, au PDS et au PAREN, sait donc à quoi s'attendre dans la prochaine Assemblée.

Mais avant le verdict final du Conseil constitutionnel et la validation des mandats, nombre d'électeurs, à travers nos provinces, dissimulent encore difficilement leurs frustrations.

A tort ou à raison, on estime, par exemple, que des candidats malheureux tels Siméon Sawadogo du Bam et Franceline Oubda du Kourittenga seraient plus utiles à l'Assemblée.

Mais que veux-tu, cher cousin, la voix du peuple peut être celle de Dieu, mais pas celle des chefs.

Qu'ils prennent donc leur mal en patience, 2012, c'est déjà demain et nul ne sait ce que nous réserve l'avenir.

En tous les cas, bon gré mal gré, les heureux élus, à ce qu'on dit, commenceront à jouir de leur mandat le 6 juin, c'est-à-dire un mois après les élections.

Mais déjà, l'un des dossiers auxquels ils seront confrontés semble être celui du statut du personnel de l'Assemblée.

Ça commence à grogner, en effet, dans les rangs, et de sources concordantes  j'ai ouï-dire que des actions d'éclat  seraient à l'étude afin que l'Autorité ouvre l'œil et le bon sur ses travailleurs contractuels de l'hémicycle, qui ne demandent qu'à être alignés sur la grille de la Fonction publique.

 

Mais jusqu'où iront-ils ?

Car, cher cousin, les mesures consécutives à la marche inédite du Syndicat autonome du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) du 10 avril dernier sont encore fraîches dans les mémoires.

D'ailleurs, me revient-il, depuis la fatwa du Conseil des ministres, qui a prononcé la fermeture sans autre forme de procès, de l'Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI), des dissensions seraient nées au sein de l'équipe dirigeante du SAMAE.

Ainsi, quatre membres du bureau, bien que solidaires des revendications des travailleurs, ne se reconnaîtraient plus dans les propos tenus, les agissements et la conduite de certains membres du bureau, qui sortiraient, selon eux, du cadre ordinaire d'une lutte syndicale.

Ces quatre premières démissions sonneraient-elles le glas de cette organisation qui avait pourtant suscité beaucoup d'espoir au sein des travailleurs du ministère des Affaires étrangères ?

En attendant d'en savoir davantage, cher cousin, l'on  apprend que les pourparlers entre l'administration et le SAMAE avaient déjà permis des avancées notables quant à la satisfaction d'un certain nombre de préoccupations du département.

Maintenant, vrai ou faux ?

Vas-y le savoir !

Voilà une situation qui me rappelle cet adage bien du village, qui nous enseigne que quand une pierre tombe du ciel, chacun protège sa tête.

 

Alors que les acteurs de la scène politique sortent de leur campagne, cher cousin, à vous maintenant d'entrer pleinement dans la vôtre, la vraie.

Je veux parler de la campagne agricole, qui a commencé à bénéficier des premières pluies en ce mois de mai finissant.

L'heure n'est donc plus au repos et aux ballades à travers les marchés environnants, il faut se mettre d'ores et déjà au travail.

Car  a-t-on coutume de dire, la terre, elle au moins ne ment pas, et chacun récolte toujours ce qu'il a semé.

Le Programme saaga n'a-t-il d'ailleurs pas repris ses opérations ce 15 mai dans la région du Centre ?

En attendant de pouvoir passer un de ces jours vous donner un coup de main dans vos travaux champêtres, je vous prie d'accepter tous mes encouragements et, surtout, bonne campagne agricole à tous.

 

Nous n'allons pas  quitter le village avant de déplorer le malheur qui frappe Kouboungué dans la Sissili depuis que des abeilles y ont fait un mort en fin avril ; un enfant d'une douzaine d'années qui est monté sur un baobab à la recherche de jeunes feuilles pour la sauce.

Pris à partie par les abeilles, il perdit naturellement l'équilibre. Par suite de sa chute de l'arbre, il se fractura une jambe, d'où l'impossibilité pour lui de se sauver.

Il sera découvert plus tard, par un passant, dans un état comateux.

Transporté au village, ses parents n'auront d'yeux que pour constater son décès.

C'est le lieu, ici, cher cousin, d'attirer l'attention  des enfants sur les dangers qu'ils encourent en brousse surtout pendant la saison pluvieuse.

Je m'en voudrais de ne pas faire une piqûre de rappel aux parents afin qu'ils ne laissent point les enfants à eux-mêmes.

 

Dans ma dernière lettre, cher cousin, je t'annonçais la mort cruelle du Dr Siaka Diarra, ce valeureux président de l'Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (ABPAM), pour qui je prêchais des obsèques grandioses.

Le Dr Siaka Diarra fait partie des 114 victimes du crash du Boeing de Kenya Airways survenu dans la nuit du 4 au 5 mai à Douala, au Cameroun.

Après cette catastrophe, ceux qui ont été aux côtés du Dr Diarra se résolvent à dire aujourd'hui qu'il volait vers la mort.

Il semble d'ailleurs qu'il avait même perdu son billet d'avion ; a fait des pieds et des mains pour s'en trouver un autre ; vu ces circonstances, certains auraient même tenté de le dissuader de voyager, en vain.

Finalement il embarquera, après d'ailleurs moult altercations avec des agents de l'aéroport de Ouagadougou.

La suite, c'est celle que nous  connaissons aujourd'hui.

Si dans ma dernière lettre, je t'ai dit que son épouse et son petit frère Issa Diarra se sont envolés pour Douala afin de reconnaître sa dépouille et de la ramener au Faso, il me revient aujourd'hui qu'un membre du bureau de l'ABPAM se serait joint à  eux dans cette mission macabre.

Et pour te prouver que c'est un grand qui s'en est ainsi allé, de sources avisées, je peux te dire que le président du Faso, Blaise Compaoré, a été l'un des tout premiers à présenter ses condoléances à l'ABPAM après l'annonce de la triste nouvelle.

 

Un malheur n'arrive jamais seul, dit-on, cher cousin, et c'est ainsi que je m'en vais t'annoncer cet autre drame, survenu le week-end dernier sur l'axe Komsilga-Bassemyam à la sortie sud de la capitale.

De retour de funérailles à Komsilga, un jeune banquier et son ami ivoirien ont, en effet, fait tonneau.

Si tous les deux sont morts sur le coup, il me revient que la troisième personne  à bord de leur véhicule s'en est sortie, elle, indemne.

A voir l'état des pistes intervillages, surtout en saison pluvieuse, chacun de nous devrait faire preuve de prudence, et rouler à une allure raisonnable pour arriver à bon port.

Car, sait-on jamais !

 

Bref, c'est sur cette triste note que je m'en vais t'ouvrir le carnet secret de Tipoko l'Intrigante :

 

Il y a de plus en plus de Burkinabè dans la fonction publique internationale et dans les grandes multinationales. Une rencontre amicale organisée à l’occasion d’un dîner offert par l’ambassadeur du Burkina à Paris et son épouse le 30 avril dernier a permis de le constater.

L’on a noté, ainsi, que plusieurs dizaines de nos compatriotes  sont présents dans de grandes organisations intergouvernementales ou de grandes entreprises établies dans la capitale française. Si la Francophonie accueille visiblement le plus grand «bataillon», on rencontre aussi nos compatriotes dans d’autres institutions comme l’OCDE/Club du Sahel, à France Télécom, dans de grandes banques, à l’Imprimerie nationale de France, etc. Ils sont aussi nombreux à être établis en France et à enseigner dans des établissements secondaires et supérieurs français. Autant de ressources intellectuelles disposées à participer à l’effort de développement du Faso, d’une manière ou d’une autre.

 

Les bouchers de Dapélogo sont partis en grève  depuis le lundi 14 mai, jour de marché de la localité. Tous  ayant été unanimes pour faire grève, aucun morceau de viande n'a été constaté ce jour-là,  vu que tous les bouchers ont décidé de ne plus abattre d'animal le jour du marché, et ce jusqu'à nouvel ordre, en guise de protestation contre l'infirmier vétérinaire, qui leur imposerait des conditions difficiles pour l'inspection de leur viande.

En attendant, les bouchers souhaitent l'intervention rapide des autorités administratives en vue de trouver une solution acceptable par tous.

Nous attendons de voir.

 

Après la fièvre des élections, les populations de Silly célèbrent à partir de ce vendredi après-midi les rites des masques. Ces rites, qui se déroulent tous les 3 ans à Silly (province de la Sissili), commémorent l'avènement du masque dans la société Nuna de Silly. La fête va durer 3 jours pleins, ponctués de danse de toutes les catégories de masques. C'est un grand monde qui est attendu à Silly pour la fête rituelle du masque. Bonne fête de masques aux Benao, Yaro, Nignan et Ziba de Silly.

 

L'Eglise catholique célèbre ce 20 mai la 41e Journée mondiale des communications sociales sous le thème "Les enfants et les moyens de communication sociale : un défi pour l'éducation". A cette occasion, je t'invite à visiter le site Internet de l'Eglise du Burkina à l'adresse www.egliseduburkina.org.

Créée depuis février 2005 à l'initiative du responsable de la communication de la Conférence épiscopale, l'abbé Lambert Konaté, et avec la collaboration de nos confrères du portail Lefaso.net., il permet de découvrir les différents diocèses du Burkina, leurs premiers responsables et bien d'autres informations pratiques sur la communauté catholique de notre pays.

 

Ce samedi 19 mai à partir de 10h00 auront lieu, au Palais royal de Dimassa, les obsèques coutumières de Naaba Koanga.

Pour mémoire, Naaba Koanga, chef de Kaya, a été rappelé à Dieu le samedi 5 mai dernier à la clinique Notre Dame de la Paix à Ouagadougou, par suite d'une courte maladie.

Ils seront nombreux, ceux et celles qui, du Burkina entier, déferleront ce week-end donc sur le Sanmatenga pour présenter leurs condoléances à sa Majesté le Dima de Bousma, au Naaba Sigri de Kaya, au grand Baloum du Sanmatenga, et  rendre hommage à l'illustre défunt.

 

Rendez-vous les vendredi 25 et samedi 26 mai 2007 à Ouahigouya, où l'Amicale des anciens élèves du lycée Yadéga organise ses Journées culturelles et sportives.

Au programme une matinée cinématographique ; un match de football entre les anciens du Yadéga et leurs rivaux du Yamwaya ; une kermesse ; entre autres, sans oublier,  pour finir en beauté, une soirée dansante le samedi 26 mai au bar de l'Amitié.

 

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé.

 

 

L’Observateur Paalga du 18 mai 2007

 



18/05/2007
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