L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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24 heures pour traquer une bête noire

Police spéciale des universités

24 heures pour traquer une bête noire

 

Amphithéâtres fermés, étudiants en petits groupes devisant ou sonnant le tocsin dans les différents établissements de l’Université de Ouagadougou. Telle était l’ambiance hier matin, au campus de Zogona où les pensionnaires, suite à l’appel de l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB), ont décidé d’observer une journée de protestation contre l’installation d’une police spéciale des universités (PSU). En effet, le conseil d’administration de l’Université de Ouagadougou devait, hier, adopter son budget 2007, dans lequel une rubrique est consacrée à l’équipement du service de sécurité universitaire (SSU).

 

Si les grèves à l’Université de Ouagadougou ont toujours été émaillées d’affrontements suivis de courses poursuites entre étudiants et forces de l’ordre, hier matin, c’était le calme plat. Une sérénité, du reste, apparente puisque les amphis étaient, pour la plupart, fermés ou vides, leurs occupants préférant squatter sous les arbres et autres endroits, en guise de protestation, dit-on, contre l’installation  du service de sécurité universitaire (SSU) que les étudiants appellent «police spéciale des universités (PSU)».

 

En effet, à l’Unité de formation et de recherche en sciences juridiques et politiques (UFR/SJP), aux environs de 8 heures, un groupe d’étudiants, notamment ceux de l’ANEB, tentaient de rassembler leurs camarades qui rôdaient autour des salles vides, au moyen de sifflets. Dès que le groupe s’agrandit, des animateurs haranguent la foule en distillant des slogans hostiles au pouvoir et à l’endroit des autorités universitaires qui persisteraient dans leur logique d’imposer une police aux étudiants.

 

Pour Olivier Yelkouni, délégué général de la corporation ANEB de l’UFR/SJP, sa structure ainsi que des conseils de gestion avaient déjà rejeté les projets de texte sur la mise en place d’une police universitaire, mais en retour, les autorités ont pris un décret en 2006 pour l’instituer.

 

«Aujourd’hui (15 février 2007), le conseil d’administration de l’U.O. s'est réuni pour adopter le budget 2007 où figure une rubrique pour l’équipement de cette police pour un montant de 20 millions de nos francs. C’est vraiment insultant, car nos préoccupations à l’heure actuelle demeurent l’acquisition d’amphithéâtres. Par exemple, rien que pour notre UFR/SJP, plus de 5000 étudiants, toutes promotions confondues prennent des cours dans le pavillon F. Voici une question à résoudre plutôt que de donner aux étudiants une police. Il nous faut également des chambres pour nous loger. Aujourd’hui, la rubrique pour l’équipement est à hauteur de 20 millions. Nous n’allons pas nous laisser faire. Côté positif, c'est surtout face à l’insécurité au niveau de la forêt. La sécurité est nationale et il serait absurde de faire de l’université un havre de paix tandis que partout ailleurs, dans le pays, il n’y a pas de sécurité. Nos préoccupations d’abord : ce sont des amphis, des chambres pour nous loger, des bourses, des aides, etc.».

 

Interrogé quant au rôle positif de cette police, véritable bête noire des étudiants, qui pourrait réduire les agressions contre ces derniers au niveau de la forêt, Olivier Yelkouni rétorquera qu’il est aberrant de sécuriser l’Université et ses alentours alors que tout le pays vit une insécurité qui continue d’endeuiller des populations. Selon lui, ce problème est national, et mérite une solution au niveau national mais non local.

 

Quant à Bachirou Koné, étudiant en sociologie, chargé du piquet de grève en compagnie d’autres camarades du côté des amphis libyens, il fera remarquer que le mouvement de protestation est un succès, car toutes les salles sont fermées et aucune tentative de boycott n’a été enregistrée. «Notre mission consiste à veiller à ce que la grève soit suivie et également à expliquer le bien-fondé du mouvement aux étudiants », a-t-il indiqué.

 

Du côté de la présidence de l’Université, il était difficile de trouver un interlocuteur pour réagir sur la protestation des étudiants. Le chargé de communication de la présidence de l’Université, Jean-Baptiste Ilboudo, a justifié l’absence d’un répondant à cause de la tenue du conseil d’administration.

 

Cyr Payim Ouédraogo

Extrait de L’Observateur Paalga du 16 février 2007



15/02/2007
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