L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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3 morts sur la Nationale 2 (Accident de la circulation)

Accident de la circulation

3 morts sur la Nationale 2

Dans la soirée du lundi 28 juillet 2008, un car de transport en commun de la Société de transport Nord-Faso (STNF), qui a quitté Ouahigouya à 17 heures pour la capitale, est entré en collision avec un camion Benz quelque temps après son départ à la lisière de Niessega, un village de la commune de Gourcy, dans le Zondoma. Bilan : 3 morts, et des dizaines de blessés au moment où nous tracions ces lignes.

Jamais Boubacar Traoré, informaticien au secteur n°8 de Ouahigouya, n’aurait imaginé qu’en allant à Ouaga, il se retrouverait au CHR de Ouahigouya, le bras fracturé.

Il en est de même pour ce bébé, le front sauvagement écorché, qui regardait les yeux embués de larmes. Pareil pour sa mère, étalée sur une civière, les jambes plâtrées, le visage et les pieds dégoulinant toujours de sang, et pour laquelle un chirurgien s’affairait à trouver une salle.

Ces pauvres personnes, à l’instar de plusieurs autres, venaient de vivre un voyage cauchemardesque. C’est en voulant effectuer le dépassement d’une bâchée que le car est entré en collision avec un camion Benz.

Tous les occupants de ce camion auraient perdu la vie sur-le-champ. Une fin d’espoir aussi pour de nombreux jeunes qui comptaient prendre part au concours de recrutement de la Police. Plusieurs autres sont des commerçants qui devaient se ravitailler en marchandises.

Ils sont des dizaines à avoir été évacués au service de chirurgie au Centre hospitalier régional de Ouahigouya. Ayant eu la chance de s’en sortir avec moins de blessures par rapport à d’autres, certains ont été internés au centre médical de Gourcy.

A Ouahigouya, jusque tard dans la nuit, des blessés continuaient d’arriver. A la porte du CHR, une foule immense s’est rapidement formée. Certains voulant voir leurs parents, d’autres pour vérifier l’information et s’enquérir de l’identité des victimes. On s’acharnait sur les vigiles qui filtraient les entrées.

« Il faut éviter les présences inutiles à l’intérieur », lance un administratif de l’hôpital à leur endroit. « Pitié pour nous, pauvres parents. Nous avons appris la nouvelle. Il faut qu’on sache comment se portent nos gens » rétorquent certains visiteurs. C’est l’incompréhension.

A l’intérieur, c’est la même ambiance. Tous devant le grand bâtiment de la chirurgie, ils luttaient avec le vigile posté à la porte du bâtiment de la chirurgie pour la circonstance. Pendant que certains négociaient le passage, d’autres se montraient acerbes.

Le vigile tenait bon, ne laissant passer que les sapeurs-pompiers et les infirmiers. Dans la salle, c’est des va-et-vient incessants. Deux médecins et près d’une dizaine d’infirmiers s’affairent à sauver ou à caser des victimes. Quelques parents, qui ont pu franchir le passage, sont priés de rebrousser chemin et d’attendre.

« Permettez-nous de nous occuper des malades », lançait de temps à autre, le docteur Rasmané Sawadogo. Dans la salle de soins, on s’interpelle ou on se passe des dossiers. L’odeur du plâtre se mélange à celle du sang chaud. Des taches rouges se voyaient çà et là sur le sol. Des gémissements fusaient de partout dans les salles.

« Il faut qu’on interne certains dans les salles des autres services. Toutes les salles sont déjà occupées » déclare le major Paul Ouédraogo l’air abattu par tant de travail. Les gens arrivaient toujours sur civière.

« Nous ne pouvons pas encore faire de bilan ; il y a des cas graves. Nous parons au plus pressé pour le moment. Il nous manque surtout du sang pour un blessé ; son rhésus est assez rare, du A négatif », confie le docteur Mahamoudou Sawadogo entre un va-et-vient. En radiologie, Emmanuel Kaboré dit Blek avoue n’avoir jamats vécu une telle affluence ces temps-ci. Au laboratoire, on s’affaire à trouver du sang pour les plus ‘’chanceux’’.

Au dehors, malgré la fraîcheur et les moustiques, la foule ne fait que s’agrandir. De leurs bouches fusent toutes sortes de commentaires. Un car de la même société a dérapé, lors un croisement le dimanche 27 juillet dans la soirée. Dans sa course, il a déraciné un arbre et s’est stabilisé grâce à la boue.

En tout cas, c’est l’occasion d’inviter les usagers de la route à la prudence et au respect des règles de conduite. Afin d’éviter les comptabilités macabres du genre, il faut que les contrôles se multiplient et que des sanctions plus dissuasives soient vraiment prises à l’encontre de ces chauffeurs de car qui s’érigent en maîtres du volant.

Il n’est pas rare en effet de constater les surcharges, les vitesses folles et absurdes sur la Nationale n°2. Concernant des cars de transport en commun, on ne peut vraiment s’empêcher de se poser des questions sur l’utilité des brigades routières.

Emery Albert Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 30 juillet 2008



30/07/2008
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