L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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A propos de la dissolution de la commune de Gounghin

Le PDP/PS

A propos de la dissolution de la commune de Gounghin

 

La gestion du pouvoir dans le cadre de la décentralisation qui doit se faire dans l'intérêt des populations achoppe sur des considérations partisanes. Le Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS) qui revient sur la dissolution de la commune rurale de Gounghin, dans la province du Kourittenga pense qu'il y a problème dans l'interprétation et de mise en œuvre des textes.

 

Au nom du renforcement de la démocratie, le pouvoir de la IVe république a "décrété" la décentralisation intégrale qui doit «consacrer (article 2 de la loi d'orientation de la décentralisation) le droit des collectivités territoriales à s'administrer librement et à gérer des affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base et de renforcer la gouvernance locale». Voilà qui est bien écrit. Dans la pratique, que révèle la réalité ?

L'élection des conseillers municipaux a eu lieu le 26 avril 2006 sur toute l'étendue du territoire national. Dans la commune rurale de Gounghin, (province du Kourittenga) quatre vingt sept conseillers ont été élus et les résultats par parti sont les suivants:  UPR = 03, PDP/PS = 39, CDP = 45.

Le 1er juin 2006 a été retenu pour la mise en place de l'organe dirigeant du conseil municipal de la commune rurale composé: du Maire, des adjoints et des commissions spécialisées. Deux partis (PDP/PS et CDP ont présenté des candidats. Sandwidi K. Ferdinand (PDP/PS) remporte le poste de maire par 45 voix contre 42 pour Tougma Siméon, candidat CDP. L'élection se poursuit normalement avec le résultat suivant : 1er adjoint : CDP ; 2e adjoint : PDP/PS ; tous les trois présidents de commissions sont CDP. Les choses semblaient aller dans le bon sens. Un délai d'une semaine fût accordé par le préfet pour la cérémonie d'installation. Celle-ci eu lieu le 25 juin 2006 avec comme mention spéciale : le boycott de la cérémonie par les conseillers CDP. L'orage annonciateur d'une cohabitation laborieuse est en formation comme l'attestent les péripéties suivantes :

19 juillet 2006

Première réunion du bureau. Le maire et le 2e adjoint seuls, sont présents. Les autres membres, tous CDP boycottent la réunion.

30 septembre 2006

 La première session du Conseil municipal est boycottée par l'ensemble des conseillers du CDP.

5 et 6 octobre 2006

Tenue de la session du conseil municipal avec 44 conseillers présents contre 43 absents. Présents : PDP/PS : 39 ; UPR : 02 ; CDP : 03.

Le 06 octobre 2006, des jeunes armés de haches, de bâtons et de coupe-coupe investissent les lieux de la session en s'en prenant aux premiers conseillers arrivés. La police alertée, réagit tardivement et timidement. Le renfort venu de Koupèla ne fait pas mieux. Personne n'est inquiétée. Malgré les plaintes déposées par les conseillers blessés, aucun fauteur de troubles n'est interpellé.

8 et 9 novembre 2006

Ateliers de formation des élus locaux. Les conseillers CDP boycottent.

10 mars 2007

Tenue de la première session ordinaire de l'année 2007 avec 44 conseillers présents. Une milice organisée, agresse et tente de soustraire de force le conseiller Hervé Waongo pour que le quorum ne soit pas atteint. Les miliciens déchirent les habits de Hervé Waongo et le dépouillent de son argent. La police alertée ne bouge pas. Le renfort venu de Koupèla se contente de faire la ronde dans la ville. Une plainte est déposée à Tenkodogo. Elle est restée sans suite.

14 juin 2007

Faute de quorum, la session n'a pas eu lieu. Ce jour, deux conseillers CDP venus pour la session sont chassés à la porte de la salle de réunions par des militants CDP sous les yeux de la police.

20 juin 2007

Le maire adresse un rapport au Haut-commissaire pour l'informer de l'échec de la session.

 Juillet 2007

Mission de médiation du MATD.

 20 février 2008

Dissolution du Conseil municipal par le Conseil des ministres.

Voilà tracée à gros traits la vie mouvementée du Conseil municipal de Gounghin qui dénote une attitude laxiste et partisane de l'administration dont les premiers responsables se comportent comme des valets locaux au service du CDP. Un tel comportement est contraire aux exigences de la démocratie et de la république qui ont pour mission de semer l'unité et la concorde partout dans le pays et en prenant appui sur l'observation stricte des lois et règlements par tous sans exclusive : nul n'est au dessus de la loi.

La leçon qui peut être tirée de cette cabale contre le maire de Gounghin est que :

- le CDP est parvenu trop tôt au pouvoir démocratique dont il refuse ou ignore les valeurs cardinales pour ne faire qu'à sa tête ;

- le CDP ne comprend pas que le Burkina Faso est la patrie commune de tous les burkinabé et que par conséquent les habitants de ce pays ont les mêmes droits et les mêmes devoirs: protection par l'état et obligation de s'acquitter du devoir citoyen pour tous ;

- le CDP ne tient pas compte du fait que l'unité nationale a comme base et fondement l'unité et la concorde au niveau des cellules de base et que la politique de deux poids deux mesures sape les bases de la démocratie et renvoie la république dans la jungle des apatrides.

 

L'option des conseillers CDP a été consciente

 

Pour le PDP/PS, les principes généraux de l'organisation du territoire sont dans l'ensemble acceptables. Là où le bât blesse c'est l'interprétation et la mise en œuvre des textes d'application dans la ligne de l'intérêt des populations dans leurs environnements.

Sur la base des réalités locales, à Gounghin, des conseillers CDP, au regard du poids de la charge et de sa gravité, du souci d'efficacité et de l'intérêt général, ont joint leurs voix à celles de l'UPR et du PDP/PS pour le choix des membres du bureau du conseil et particulièrement celui du maire. L'option des conseillers CDP a été consciente et libre conformément aux réglementations en vigueur. Mais voilà que dans une hystérie indescriptible, sans ménagement, comme des fous furieux, des militants CDP visiblement instrumentalisés et encouragés, se lancent dans une espèce de pogrome en toute illégalité mais surtout en toute impunité contre les conseillers qui ont eu le courage et l'honnêteté de se conformer à leur conscience pour s'acquitter de leurs mandats.

Que signifie donc «le droit des collectivités territoriales à s'administrer librement...» contenu dans la constitution ? Comment l'Etat peut-il garantir l'unité et la solidarité nationales s'il tolère, voire encourage la transgression de la loi et l'impunité des actes barbares et illégaux ?

Le PDP/PS dénonce et condamne tous les mouvements de bas étages et tous les actes contraires à la loi. Il exige du pouvoir de la IVe république, le respect du serment prêté par le Président du Faso lors de son investiture, c'est-à-dire «...de préserver, de respecter, de faire respecter et de défendre la constitution et les lois, de tout mettre en oeuvre pour garantir la justice à tous les habitants du Burkina Faso».

Le PDP/PS exige que tous les fauteurs de troubles soient poursuivis et punis à la hauteur des fautes commises conformément aux lois de la république.

Le PDP/PS en même temps qu'il proclame sa solidarité avec les camarades en lutte pour une vraie décentralisation, lance un appel aux militants pour une mobilisation à la hauteur des enjeux de l'élection partielle qui aura lieu bientôt. La victoire est notre objectif. Tous en ordre de bataille, nous gagnerons cette élection pour le bonheur de la population de Gounghin.

 

PDP/PS          Espoir !

PDP/PS          Espoir !

PDP/PS          Victoire !

 

Ouagadougou, le 12 mars 2008

 

Pour le Secrétariat exécutif national,

Le Secrétaire national à la Communication

 

Hassane Wérémé

L’Observateur Paalga du 13 mars 2008



12/03/2008
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