L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Cette opposition qui déserte le terrain (Elections en Afrique)

Elections en Afrique

Cette opposition qui déserte le terrain

 

Hier, c'était le Kenya. Aujourd'hui, le Zimbabwe.

En effet, après l'explosion de la violence qui avait mis le Kenya à feu et à sang en janvier et février derniers, il est en train de se jouer au Zimbabwe l'une des péripéties les plus décisives de son histoire.

Et à Harare, l'équation semble à bien d'égards se résumer à ces deux cas de figure : ça passe ou ça casse. Dans tous les cas, peu d'observateurs avertis de la scène politique au pays de Josua Nkomo et de Ian  Smith s'attendent à une autre éventualité.

Et plus que jamais, au Zimbabwe comme à l'étranger, on craint que ce délai de plus de trois semaines avant un deuxième tour ne favorise l'apparition de violences entre les forces de sécurité et les milices proMugabe d'une part et les militants du MDC de l'autre.

Et véritablement, des affrontements fratricides à la kenyanne ne sont pas à exclure, car même Kofi Annan, l'ancien patron de l'ONU, dit redouter que les retards dans l'annonce des résultats ne finissent par dégénérer en violences.

Certes, c'est peut-être par pure surenchère que Morgan Tsvangirai dit à qui veut l'entendre qu'il a franchi le seuil des 50% lors de ces consultations électorales, mais rien qu'arriver à mettre en doute la machine électorale de la ZANU/PF est en soi une victoire.

Dans les pays de tradition démocratique du Nord, la stabilité politique est si bien établie qu'elle s'enracine paradoxalement dans l'alternance politique.

En Afrique par contre, l'instabilité politique et géopolitique présente le risque qu'on y voie se cristalliser un consensus conservateur qui conduirait à privilégier la stabilité politique au détriment de l'alternance démocratique ; c'est-à-dire à soutenir des régimes dont le caractère démocratique peut être sujet à caution.

Et il ne fait l'ombre d'aucun doute que ces régimes utilisent toutes les voies et arguties possibles et imaginables pour se maintenir au pouvoir, quitte à tyranniser voire à rendre inaudible toute opposition. Etre de l'opposition reste donc un sacerdoce.

C'est pour tout cela que nous saluons à sa juste valeur toutes ces formations politiques de l'opposition qui ne font pas dans le raccourci pour conquérir le pouvoir d'Etat.

En effet, si malgré ces conditions presque intenables humainement parlant, le MDC au Zimbabwe, le Mouvement Orange au Kenya, et nous en oublions, sont arrivés à mettre en ballottage les pouvoirs en place, c'est que ces oppositions savent ce qu'elles veulent et se sont donné les moyens de réussir.

Dommage qu'une partie non négligeable des oppositions en Afrique se veuille  conviviale et attende ou suscite le moindre appel du pied pour aller tranquillement à la soupe. A la limite, c'est des pseudo-opposition, car ayant renoncé depuis longtemps à mouiller le maillot sur le terrain.

Ayant abandonné l'arène, elles ne manquent cependant pas de subterfuges pour inonder la presse de déclarations intempestives et  d'incantations hors de saison.

Et pourtant, c'est connu, seuls le terrain, aller aux urnes et engranger des voix restent jusque-là l'unique recette du succès en politique.

 

Boureima Diallo



07/04/2008
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