L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Crise à Réo : Evariste Bassolé en veut au maire

Crise à Réo

Evariste Bassolé en veut au maire

Prévue à 10 h, c’est finalement à 11h que la rencontre initiée par le responsable des chefs coutumiers, André Bagnini Bassolé, a eu lieu ce dimanche 19 août 2007. L’objectif était de trouver une solution à la crise sociopolitique née au lendemain du démarrage des activés liées à l’ exploitation du zinc de Perkoa. Cette rencontre qui s’ est déroulée dans la cour royale a enregistré l’absence des éminentes personnalités du Sanguié, notamment celles mises en cause dans cette affaire : le maire de Réo, Mathieu Bayala, et Rosalie Bassolé présidente de la fondation Nantou Mining et épouse du ministre Djibril Bassolé des Affaires étrangères.

Dans la ville, chacun y allait de son commentaire. Pour certains, cette crise n’est ni plus ni moins qu’ une machination politique. D’autres par contre se gardent de tout propos. A 10h, c’était toujours le calme plat. Quelques vieux sortaient pour un tête-à-tête, mais sans laisser filtrer quoi que ce soit. C’est autour de 11h que le P-DG de Forafrique Burkina, Evariste Bassolé, fit son entrée. Ce dernier a été accueilli avec tous les honneurs. Il ne restait plus que 10 minutes pour que les choses sérieuses commencent. C’est le chef coutumier de Réo, André Bagnini Bassolé, qui a d’ abord pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tous avant d’entrer dans le vif du sujet. Il a déploré l’absence des invités, en l'occurrence le maire Mathieu Bayala, qui, selon ses dires, leur aurait signifié qu’ils n'avaient pas l’autorisation de réunir les gens. Le responsable des chefs coutumiers, André Bagnini Bassolé, s’est dit outré de cette attitude à son égard. Car, dit-il, les chefs ont toujours rassemblé des gens quand la situation l’exige. Pour lui, la coutume n’a pas besoin de papier pour réunir des gens autour d’un sujet d'une telle importance, l’objectif étant de trouver une solution à la crise que connaît le Sanguié . Le chef a laissé entendre que le maire devait, après son installation, travailler, avec l’ensemble de la population et non avec quelques individus de son bord politique. Chose qu’ il lui aurait même dite à son installation. Il a ajouté qu’ au regard de la composition du bureau de la fondation Nantou dont le maire est membre, cet aspect n’a pas été respecté parce que tous les filles et fils du Sanguié n’ ont pas été pris en compte.

Le chef dit être touché par ce manque d’union des filles et fils de la localité. Après le chef, la parole fut donnée à qui voulait la prendre. C’ est ainsi qu’Evariste Bassolé s’est adressé longuement à l’assistance. Les autres intervenants, à savoir les vieux, les jeunes et l’imam, ont aussi déploré l’absence des invités de la capitale. Si les jeunes ont déclaré le maire persona non grata, l’imam, lui, estime qu’ il n’ est pas judicieux d’ exclure un fils du village. Les intervenants, pour la plupart, ont regretté le fait qu’ il n’y ait pas eu de concertation entre les fils de la Région pour éviter ce malaise.

C’est après ces différentes interventions qu’Evariste Bassolé est revenu dans les détails avec les hommes de médias. Pour lui, cette rencontre avait pour but de dialoguer avec le maire Mathieu Bayala en vue de trouver une issue à la crise qui l’oppose à ses conseillers. M. Bassolé dit être surpris de l’attitude du maire car il aurait souhaité qu’il soit présent et s’exprime devant les sages. "Je pense qu’il n’a plus sa place au sein de l’organe communal. Comment voulez-vous qu’on règle des problèmes avec une personne qui ne respecte personne , qui fait tout à sa tête", martèle-t-il, avant d'ajouter que son insuccès à certains postes de responsabilité était dû à son comportement, celui qui consiste à ne jamais écouter les autres, en croyant tout connaître. Pour M. Bassolé, le maire n’écoute personne, même lui, qui l’a imposé à la tête de la mairie, selon ses propres termes. Les griefs formulés contre le maire Mathieu Bayala sont énormes : non-déclaration des agents à la Caisse nationale de sécurité sociale, non-paiement d’arriérés de salaires des professeurs vacataires du lycée communal, paiement des agents en dessous du SMIG, etc. Selon toujours M. Bassolé, avec la rentrée qui s’annonce, si les enseignants n'entrent pas en possession de leurs arriérés de 5 mois, l’année scolaire pourrait connaître des troubles. Il faut donc, relève-t-il, prendre une décision ferme pour éviter cette gestion malsaine. L’inspection d’Etat sera à Réo d’ici mercredi ou jeudi, selon M. Bassolé, pour s’imprégner de la situation.

De l’avis de M. Bassolé, le maire est en train de soudoyer certains conseillers pour empêcher sa destitution. S’agissant de la fondation Nantou Mining, Evariste dit n’avoir rien contre : "La fondation Nantou est légale, elle a son récépissé, c’est le maire qui a fait des amalgames parce qu’il n’a pas impliqué les conseillers dans la gestion des fonds alloués à la commune. Il a même attribué une parcelle à cette même fondation. La commune ne bénéficie de rien, tout va à la fondation Nantou, des villas louées par la fondation ont été relouées à des sommes faramineuses." Evariste a fait savoir que le maire aurait tenu deux conseils à son domicile en excluant les conseillers qui ne sont pas de son bord politique. Une manière de mieux gérer seul les affaires de la commune. "Il doit tenir un conseil dans les plus brefs délais pour qu’ on tire les choses au clair. S’il ne le fait pas, c’est la rue qui va le destituer", a souligné M. Bassolé, qui poursuit : "Avec le système à la Sarkozy, d’ici 4 ans, tout le monde votera le CDP. Je le dis et je le répète à qui veut l’entendre." Pour certains habitants de Réo, comme Jean B. Bassolé, le constat est clair, tous les vigiles recrutés sont du bord politique du maire Mathieu Bayala (RDF), car il fait partie du sous-groupe RDF sous le couvert du CDP. A en croire M. Bassolé, la fondation Nantou aurait loué une villa dans la cité à 45 000 F CFA, et l'aurait relouée à 6 fois plus cher après réfection. Selon lui, la mine a déjà des retombées négatives dans la commune, car les enchères sont montées d’un cran. Achille Bationo, chef adjoint de programme à la radio communale, La Voix du Sanguié, est l’un des salariés impayés depuis le mois d’avril 2007, soit 5 mois d’arriérés. Aux dires de celui-ci, c’est à partir de janvier 2007 que la radio a été placée sous la tutelle de la mairie qui devrait désormais les prendre en charge, c’est-à-dire assurer leur traitement d’un montant mensuel de 10 000 F CFA. Les deux premiers mois de l’année, personne n’a perçu un kopeck. C’est en mars-avril qu’ ils ont perçu leur dû. mais depuis cette date, plus rien. Ces jeunes au nombre de 4 disent avoir saisi les responsables communaux sur la question, mais qu'ils sont restés muets comme des carpes jusqu’à présent. Ils affirment avoir même arrêté d’émettre pendant quelques jours. Mais suite à la situation qui prévaut actuellement à la mairie, ils ont décidé de reprendre pour éviter d’être pris à partie. Jean Bado, natif du Sanguié, dit n’avoir rien compris dans le recrutement surtout des vigiles. Ce dernier dit avoir fait la formation militaire, par conséquent, il devrait avoir plus de chance d’être retenu comme gardien. Mais cela ne fut pas le cas. C’est avec amertume que celui-ci observe cette crise qui, si elle n’est pas vite circonscrite, pourrait déboucher sur une revendication sociale plus accrue. Par rapport à cette rencontre, des inquiétudes pourraient se poser. En effet, la majorité de ceux qui devraient être impliqués étaient absents. Alors pourquoi cette rencontre malgré le quorum non atteint ? Ne pouvait- elle pas être reportée afin de permettre à tous les protagonistes d’être présents ? Surtout si l’objectif visé était de laver le linge sale en famille ?

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays du 21 août 2007



21/08/2007
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