L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Crise au lycée municipal de Pô

Crise au lycée municipal de Pô

Statut, gestion et rémunération des profs en débat à la mairie

Depuis 2005, l'administration du lycée municipal de Pô et le corps professoral sont à couteaux tirés pour des problèmes de rémunération et de gestion. Plusieurs rencontres impliquant les autorités de la place ont été initiées pour juguler cette crise. Mais jusque-là, rien n'y fit. La situation des problèmes demeure et va même de mal en pis.

La gestion de l'établissement est désormais le fait de la mairie, concernant son budget, le maire Koubizara a créé une commission et a proposé d'organiser une Assemblée générale (AG) afin de résoudre le problème. Après plusieurs reports, c'est le 8 mai dernier que cette AG s'est tenue. Elle a regroupé le maire et ses adjoints, les agents des services techniques de la ville de Pô, et des représentants de la direction régionale de l'enseignement secondaire, supérieur et ceux de la Direction régionale du travail et de la sécurité sociale du Centre-Sud/Nahouri et bien d'autres invités. Les enseignants, eux, n'y ont pas pris part. Ils protestaient contre une injustice à leur égard.

Après avoir constaté l'absence des enseignants à la rencontre, il a été décidé après concertations, de les y convier, sans distinction, motif de leur absence à l'AG. La séance a pour ce faire été interrompue pendant près d'une heure ; le temps d'aller convaincre ces derniers à se joindre aux autres. Mais, ce fut peine perdue. Le lycée s'était vidé de son monde. Le maire, apparemment très emporté après être entré en contact téléphonique avec le délégué du personnel du lycée pour faire venir ses collègues, décide de la poursuite des travaux. Mais bien avant, une dame, Mme Bamogo, trésorière adjointe de l'APE du lycée demande à parler : "M. le maire, qu'on me dise comment appeler cette journée. Est-ce une journée de grève ? Est-ce une fuite de responsabilité des enseignants ? C'est quoi cette journée enfin ? Trop c'est trop. Même l'intendant m'a dit qu'ils sont en retard sur les programmes. Alors, je propose qu'au sortir de cette AG, des décisions fermes soient prises à l'encontre de tels agissements. Que les profs qui trouvent que les choses les arrangent restent, et que ceux qui trouvent le contraire s'en aillent. Il y a trop d'établissements..." a-t-elle déclaré. Séance tenante, le maire réagit en ces termes : "Des mesures disciplinaires vont être prises pour cette journée de grève sauvage et les responsabilités seront situées. Car on ne peut plus supporter cela. A l'issue de cette AG, des recommandations, des dispositions strictes seront prises pour gérer le lycée. Le proviseur est donc invité à me fournir un rapport que je transmettrai au ministre (MESSRS), car c'est l'avenir des enfants qui est en jeu..." Après ces propos, l'ordre du jour est annoncé. Mme Tarnagda, Secrétaire général de la mairie, porte-parole de la commission créée dans le cadre de cette affaire, procède à la lecture du rapport de 6 mois environ de leurs démarches les ayant conduits à Ouaga et à Manga.

Retour à la case départ

"Les profs ont souhaité conserver leur statut de permanents. Mais au vu de certaines difficultés que traverse le lycée, nous proposons que la mairie puisse prendre les profs en vacation. Toutefois, la dernière proposition revient à la mairie, libre de choisir le statut de ses profs ; pourvu que cela se fasse sur des bases légales..." dixit, conclusions du rapport de la Commission signé par MM Léon Copia, Saïdou Fofana et Mme Tarnagda. Mais, les apports de certains techniciens en la matière, ont fini par amener le maire et ses émissaires à surseoir à un tel projet jugé inopportun pour le moment. Après plusieurs explications, il a été décidé du maintien du statut de ces enseignants en l'état. Par ailleurs, leurs contrats seront conçus à partir de la situation individuelle de chacun d'eux. Leurs salaires au lieu d'être imposés seront négociés "sous le contrôle de l'inspection du travail" ont précisé les émissaires de la DR du Travail et de la Sécurité sociale venus de Manga. Et le maire et sa suite de préciser que cela se ferait selon les possibilités budgétaires de la mairie. M. Bambara, professeur à Manga, l'un des représentants de la DR du MESSRS du Centre-Sud, dans la même lancée que le maire et ses collaborateurs, ajoutera qu'"il y a les textes et ce qui est faisable." Vous direz à ces profs : "voilà ce que vous proposez ; c'est à prendre ou à laisser."

Par Nouffou ZONGA (Collaborateur)

Le Pays du 16 mai 2008



15/05/2008
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