L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

L'Heure     du     Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

Déguerpissement dans les quartiers périphériques : L'A4 de cœur avec la dépression des habitants

Déguerpissement dans les quartiers périphériques

L'A4 de cœur avec la dépression des habitants

 

Dans un contexte d'abandon du monopole de la terre par l'Etat, l'association "Action pour les arbres ; les animaux et l'agriculture (A4) s'insurge contre les déguerpissements des habitants de la périphérie de Ouagadougou. C'est ce qui ressort de la déclaration suivante :

 

Depuis l'installation de la saison pluvieuse, des résidants à Nongremassom et à Boulmiougou sont déguerpis manu militari au motif qu'ils sont des installés anarchiques.

D'autres habitants de la périphérie sont menacés de déguerpissements, au profit de nantis du système, d'ambitieux ou d'insouciants conseillers municipaux.

L'Association "Action pour les arbres, les animaux et l'agriculture (A4)" s'insurge contre cette délocalisation - dépossession des habitants, à qui on nie le droit du sol pour en faire des sans-terre sur leur propre terre, dans leur village, dans leur pays.

Cet état de fait est inacceptable, au moment où après des échanges et face aux pression de tous ordres, le gouvernement de la IVe République a non seulement abandonné le monopole de la terre en mai dernier, mais aussi, incité depuis décembre 2006 à l'établissement de titres fonciers.

Pire, la mesure du MATD en 2005 mettant une borne aux opérations de lotissement est bafouée par des pouvoirs locaux gloutons qui au lieu de s'atteler à viabiliser les nombreuses zones loties (routes, ouvrages, infrastructures communautaires, etc.) préfèrent se sucrer dans la terre.

L'association A4 reste solidaire avec ces déguerpis qui, une fois les élections passées, sont pressés comme des citrons par les élus CDP.

Notre association interpelle les maires à toujours privilégier  la concertation et la transparence dans les opérations. Elle les invite aussi à solutionner d'abord les problèmes des résidants et des exploitants avant d'exercer une quelconque autorité sur les populations  qui n'ont que la terre comme richesse, ce qui suppose une enquête préalable commodo  et incommodo avant les opérations. En outre, elle invite les conseils municipaux à surseoir auxdites opérations, en attendant le vote de la loi sur la réforme agraire et foncière. Au mieux, il est impensable de déguerpir des résidants pendant l'hivernage et avant la fin de l'opération d'attribution de titres fonciers,  sous quelque motif que ce soit.

 

Quand les ruraux s'appauvrissent

 

L'association A4 voudrait rappeler aux conseils municipaux que le développement local ne passe pas forcément par le lotissement, qui appauvrit les ruraux. Cela est confirmé par les récentes enquêtes (sur les conditions des ménages et celle sur la population).

La question de logement peut se résoudre par les constructions à niveau, aussi bien par les ménages que par les conseils eux-mêmes. Cela aura l'avantage de temporiser l'extension de la ville, source à terme de catastrophe écologique, économique et sociale et même énergétique si le résidant dans 10 ans, avec la crise du pétrole en vue, ne peut guère se rendre tous les jours au service, en parcourant un aller simple de 20 à 30 km parce qu'il doit payer le litre d'essence à 1000 F ; à moins qu'on envisage un rationnement du carburant parce qu'il est en voie de tarissement.

Enfin, il est bon que les élus de l'opposition véritable ou patriotes sincères ne se laissent pas embarquer par de telles opérations qui spolient les masses. Cité Azimo ou pas, le droit à la terre doit être tangible et permettre d'éviter que l'histoire ne juge les puissants du jour, ou que l'Etat ne soit amené à l'avenir à dédommager des déguerpis par la faute de spéculateurs fonciers.

Alors, que le Comité d'éthique, la Haute autorité de lutte contre la corruption, le Conseil d'Etat et le Comité des religieux et coutumiers pour la paix s'impliquent pour la sédentarisation des occupants de la terre en milieu urbain comme rural.

La terre à ceux qui la mettent en valeur.

Le droit à la propriété, une nécessité pour tous !

 

Pour A4

Le chargé de l'information

Ouédraogo Hamidou

 

Vu par le président

El hadj Kaboré Mamadou

L’Observateur Paalga du 23 août 2007



23/08/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 998 autres membres