L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Dernier discours de’ Bush sur l’état de l’Union : Le regard de Paramanga E. Yonli

Dernier discours de’ Bush sur l’état de l’Union

Le regard de Paramanga E. Yonli

 

La Voix de l’Amérique, c’est aussi de la télévision. Le service francophone pour l’Afrique propose tous les jeudis, un rendez-vous radio-télévisé intitulé Washington Forum, une table ronde reunissant journalistes, experts, leaders politiques et économiques autour des principaux sujets de l’actualité africaine, américaine et internationale. Jeudi dernier (31 janvier 2008), Washington Forum qui était animé par notre compatriote Samuel Kiendrebeogo de la Voix de l'Amérique a réuni dans le studio 48 de la VOA, Son Excellence Paramanga Ernest Yonli, ambassadeur du Burkina Faso auprès des Etats-Unis d'Amérique, le Docteur Emilio Viano, professeur de sciences politiques à American University à Washington, et au téléphone depuis Charlottsville en Virginie, James Ceaser, également professeur de sciences politiques.

Sujet débattu : le dernier discours sur l'état de l'Union du président américain George Bush prononcé le 29 janvier 2008 au Capitol.

Durant une trentaine de minutes, les invités ont analysé trois points essentiels du discours portant sur l'économie, la guerre antiterroriste, l'héritage d'un président en fin de mandat.

Nous vous proposons l'analyse de l'ambassadeur Yonli sur ces points.

 

L'approche économique de George Bush dans cette situation de crise

 

Son Excellence Paramanga Ernest Yonli : Sur cette question j'ai retenu 3 éléments :

1/- Le président Bush a reconnu de façon claire qu'il y a une menace sur l'économie et qu'il y a des incertitudes dans la gestion du pays,

2/- Il a relevé qu'il est nécessaire, effectivement, de prendre des mesures d'urgence pour empêcher que les risques de crise économiques et sociales ne se transforment en une crise réelle,

3/- Je pense qu'il a bien fait de rappeler son programme d'urgence d’un montant de 150 milliards de dollars qui vise à relancer la machine économique, toute chose qui montre que même si c'est un président en fin de mandat, il a conscience que les Américains souffrent, qu'ils sont inquiets et qu'il faut leur redonner confiance.

 

L'Afrique se sent-elle concernée par la crise économique ?

 

Au-delà de l'Afrique, c'est l'ensemble de l'humanité et des autres continents qui ont intérêt à se préoccuper de la crise ou de la menace de crise économique aux Etats-Unis. Nous sommes dans un processus de mondialisation renforcée qui veut dire tout simplement l'ouverture des frontières et la suppression progressive des barrières. Sur le plan des relations et des échanges commerciaux, je dirais que si l'Amérique qui est une grande économie mondiale est touchée de façon profonde, forcément, par le jeu des échanges commerciaux, tous les pays vont être atteints, et particulièrement ceux qui ont une relation économique et commerciale forte avec les Etats-Unis. Et à mon avis, tous les continents doivent se préoccuper de cette menace de crise économique.

 

La guerre anti-terroriste ?

 

Dans son discours, le président américain a bien voulu insister sur les progrès obtenus dans la sécurisation de l'Irak, ce qui est quelque chose de remarquable parce que l'opinion nationale et internationale n'ont pas les mêmes observations et les mêmes constats. Cette nouvelle attitude du président est corroborée par le fait qu'il accepte finalement le retour d'un contingent de vingt mille hommes.

Par ailleurs, il a dit que cette démarche va continuer s’il y a des progrès plus visibles sur le terrain, ce qui est positif. George Bush va plus loin, en annonçant qu'il faut donner une plus grande place aux communautés et aux autorités irakiennes pour la concertation avec les forces étrangères, y compris américaines, afin de donner plus de chance à une sécurisation durable de l’Irak. Je note que c'est plus réaliste par rapport à ces discours antérieurs sur l'Irak.

 

L'aide au développement ?

 

Au nom des Africains, permettez-moi de saluer l'action du président Bush sur cette question, car il a eu des initiatives audacieuses qui ont montré sa volonté et son engagement à soutenir les pays pauvres, notamment en Afrique. Le premier aspect qu'il faut souligner, c'est qu'il s'est véritablement attaqué à la lutte contre la pauvreté à travers des objectifs bien ciblés : l'amélioration des conditions de l'éducation, notamment celle des groupes vulnérables comme les femmes, ceci à travers l'alphabétisation, mais aussi les jeunes filles, programme dont mon pays est bénéficaire au même tire que d'autres pays africains. Le second aspect concerne la lutte contre le sida. Vous n'ignorez pas que l'Afrique en souffre, et là également il faut se féliciter de ce que le président américain ait pris une initiative que je dirais autonome, qui a consisté à avoir un programme sur la lutte contre cette pandémie.

Je suis ravi d'entendre qu'il souhaite que le Congrès s'associe à lui pour donner encore plus de moyens à ce programme. De façon globale, je pense que ça a été un discours dans la ligne de l'action de George Bush en faveur de l'aide au développement.

Il y a quelque chose qui m'a paru intéressant et novateur, à savoir que dans le domaine de l'aide humanitaire, il a déclaré qu'il souhaitait apporter et renforcer la lutte contre la faim mais, cette fois-ci, en achetant les céréales sur place dans les pays bénéficiaires , ce qui va contribuer à soutenir le développement de l'agriculture. Je partage cette vision et j'appelle les autres pays donateurs à aller dans ce sens.

 

Que retenir de l'héritage du président en fin de mandat ?

 

Le président George Bush va laisser l'image d'un président guerrier, il ne faut pas le cacher, même si dans le déploiement continu des forces en Afghanistan, et dans sa guerre contre le terrorisme, il a toujours souligné que c'était la guerre pour la liberté et pour la démocratie. Mais pour nous les Africains, c'est l'image d'un président qui s'est préoccupé de l'aide au développement à travers des initiatives audacieuses.

 

Source : Ambassade du Burkina à Washington

Le Pays du 7 février 2008



06/02/2008
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