L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Dites, si c’était vrai ?

Dites, si c’était vrai ?

 

Dans l’hebdo du 22 septembre est paru un article intitulé "santé publique : lettre ouverte aux professionnels du médicament" qui appelle tous les responsables concernés à lutter contre les médicaments de la rue en proposant une offre de médicaments de proximité (à inventer).

Cet article, écrit par Luc Nana, a été relayé par lefaso.net et y a reçu deux commentaires

http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=23592

Dans le deuxième commentaire publié sous le pseudo "kanzim", nous lisons ceci :

"…Pour toujours apporter une contribution, j’ajouterai ceci : le Président du Faso doit s’impliquer personnellement pour un arrêt total de la circulation des médicaments prohibés : qu’il frappe autour de lui, dans les sphères commerçantes, ministérielles, sécuritaires et hélas, sanitaires : c’est là que se trouvent les auteurs et les complices de l’entrée et de la vente des médicaments prohibés au Burkina. Allez seulement en pharmacie demander de la pâte dentifrice F... Bi fluorée : les mêmes traficotés, contrefaits, périmés et entrés dans des conteneurs entiers au Burkina et qu’on retrouve chez les tabliers seront ceux qui vous seront vendus par les pharmaciens. J’ai obtenu dans le passé, des fonds pour une étude sur la filière mafieuse des médicaments prohibés au Burkina. J’ai dû retourner ces fonds, parce qu’il n’y avait pas que la loi du silence autour de la problématique : quelqu’un m’a demandé si j’avais de la famille : oui lui ai-je répondu : "Alors ayez au moins l’intelligence de rester en vie pour vous occuper de vos enfants et de votre femme". A peu près la même mise en garde fraternelle qui m’a été faite, quand en son temps, j’ai voulu m’intéresser à l’origine et à la qualité du ciment utilisé pour les nombreux grands ouvrages en chantier à l’époque : du ciment CPA 45 vendu dans un pays voisin était budgétisé dans les offres, et effectivement commandé. Mais on retrouvait ce ciment dans des magasins de particuliers et vendu très chèrement. Le ciment local était utilisé pour les grands ouvrages. Il en est ainsi et exactement des médicaments prohibés."

Il y a donc péril en la demeure. Et c’est très grave. Il faut arrêter de faire comme si on ne voyait rien : L’ampleur du phénomène est telle, et tellement visible, et pas seulement dans le Burkina profond, en pleine rue de Ouaga qu’il n’est pas possible que de grandes complicités n’existent pas au plus haut niveau de l’Etat.

Et si le silence et la peur viennent s’ajouter, qui va oser enquêter sur les tenants et les aboutissants de cette situation ?

Oui, je relaye cet appel au président du Faso pour qu’il soit fait quelque chose pour remédier à cette situation et que cesse cette hypocrisie colossale.

Et c’est urgent : qu’on arrête de se moquer de nous !

Concernant ce commentaire de "kanzim", je dirais également que ce ne sont pas les mêmes raisons qui font s’écrouler les ponts au Burkina et aux Etats-Unis…

Aux Etats-Unis, depuis longtemps, l’Etat a réduit la pression fiscale sur les plus riches et n’est plus capable d’entretenir aucun "patrimoine commun", aucun "bien commun", aucun "service public" digne de ce nom. Grâce à l’ultralibéralisme, tout est privatisé et les pauvres marginalisés. Et si les lignes électriques lâchent, ou si les ponts s’écroulent, c’est parce que l’Etat n’est plus capable de (ou ne veut plus) les entretenir et ne joue plus son rôle au service du bien commun….et ne veut plus le jouer. Aux Etats-Unis, l’impôt finance la guerre pour protéger les intérêts des compagnies pétrolières, il ne finance pas l’entretien des ponts ni des lignes électriques, encore moins les œuvres sociales ni la solidarité !

Au Burkina, si les ponts s’écroulent, ce n’est pas de "vieillesse" ni par manque d’entretien, c’est tout simplement parce qu’ils ont été mal faits, mal étudiés, que les doses de ciment et les quantités de fer sont insuffisantes, que la qualité des matériaux est en deçà des devis, que le béton n’a pas été assez arrosé… et que l’impunité permet à ceux qui les font de cette façon de s’enrichir sans inquiétude. J’ai surveillé moi-même assez de chantiers pour le savoir. Là aussi, il y aurait encore beaucoup à dire, mais là aussi le silence et la peur jettent une ombre tragique sur l’avenir de notre pays.

 

Koudougou, le 27 septembre 2007

Père Jacques LACOUR

(BP 332 Koudougou)

jacqueslacourbf@yahoo.fr

Le Pays du 2 octobre 2007



02/10/2007
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