L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Et l’on reparle du manganèse de Tambao

Exploitation minière

Et l’on reparle du manganèse de Tambao

Mettre le manganèse burkinabè sur le marché dans un délai de deux ans. C’est le défi que le Dr Wolf Martinick, président de la société minière britannique Weatherly International PLC, entendait relever si le gouvernement lui accordait un permis d’exploitation. Il nous a réaffirmé cette conviction au cours de l’entretien ci-après que nous avons eu avec lui le 6 juin 2008 à Ouagadougou.

A quelle occasion séjournez-vous au Burkina ?

Mon séjour au Burkina se situe dans le cadre de l’exploitation du manganèse de Tambao. Ma société est en train de développer, en partenariat avec Wadi Al Rawda Industrial Investments des Emirats Arabes Unis, un projet à cet effet. Comme vous devez le savoir, le gisement a fait l’objet d’une étude de préfaisabilité. Au regard des conclusions qui se sont révélées positives, nous avons estimé qu’il fallait aller de l’avant. Aussi travaillons-nous actuellement pour une étude de faisabilité bancable complète à même de donner plus de détails sur le projet. Je rappelle que cette étude a fait l’objet d’un protocole d’une durée de 18 mois et dont le délai arrive à expiration en fin septembre 2008.

A celle-ci doit être jointe une étude d’impact sur l’environnement. Cette semaine, nous irons sur le terrain, dans la région du Sahel, pour des consultations publiques. Il s’agira pour nous d’informer les autorités locales et les populations afin de recueillir leurs avis et propositions pour la résolution de leurs problèmes. En ce qui concerne surtout les questions de l’eau, des emplois, de l’éducation et de la santé, nous pensons pouvoir y apporter une grande contribution. Notre souci est que tout se déroule de façon correcte et conforme aux normes nationales et internationales.

Pouvez-vous nous présenter votre société ?

Weatherly est une société minière installée à Londres. Elle exploite des gisements de cuivre dont une raffinerie en Namibie où elle emploie 1200 personnes. Nous sommes également présents en Zambie et au Burkina Faso. La compagnie a travaillé dans beaucoup de projets de manganèse en Australie dont les gisements ont beaucoup de similitudes avec Tambao, surtout l’éloignement du site de la mer.

Comment l’exploitation du gisement de manganèse de Tambao peut-elle être possible du moment où elle dépend de la construction du tronçon ferroviaire de Kaya-Tambao ?

Le problème de transport est effectivement une réalité, en raison de l’éloignement, voire de l’enclavement du site. C’est ce qui explique d’ailleurs que le gisement est inexploité jusqu’à présent. Mais là-dessus, nous préconisons des solutions transitoires pour commencer l’exploitation en attendant que le gouvernement construise le tronçon ferroviaire. Nous proposons le transport du manganèse par voie routière, du site à la gare ferroviaire de Kaya, puis par le rail jusqu’à Abidjan.

Avant donc le prolongement du rail, nous escomptons transporter 400 000 tonnes de manganèse par an de Tambao à Kaya et un million de tonnes par an une fois le chemin de fer construit jusqu’à Tambao. Nous nous engageons à faire les réparations nécessaires sur le tronçon du réseau ferroviaire Ouaga-Kaya, qui a subi des dégradations compte tenu du fait qu’il n’est pas exploité, et a en assurer l’entretien.

Le démarrage de l’exploitation de la mine devrait également faciliter la tâche du gouvernement à convaincre les bailleurs de fonds à délier le cordon de la bourse pour le prolongement du réseau ferroviaire de Kaya à Tambao. Ma société est d’ailleurs disposée à porter son concours au gouvernement burkinabè, dans le cadre de la recherche des financements à cet effet.

Quelle importance le manganèse de Tambao revêt-il pour vous ?

Estimé à plus de 19 millions de tonnes, le manganèse de Tambao est l’un des plus importants gisements connus dans le monde. Le minerai, avec une très bonne teneur intéressante variant entre 52 et 54%, ne contient pas beaucoup d’impuretés. Nous sommes beaucoup impressionnés par ce projet qui, s’il voyait le jour, va contribuer au développement non seulement de cette région du nord-est du Burkina mais aussi l’ensemble du pays. Cela va stimuler la création d’autres entreprises, surtout de services dans cette région de Tambao, bref toutes sortes d’opportunités d’affaires.

A quel stade êtes-vous sur l’étude ?

A ce stade, nous sommes en train de recueillir les préoccupations des populations locales. Pour ce qui concerne l’eau, les emplois, l’éducation et la santé, nous pensons pouvoir y apporter une grande contribution. Mais en attendant, les consultations publiques se poursuivent. Cela nous permettra de voir les préoccupations des populations et leurs propositions pour résoudre les problèmes y relatifs. Nous espérons pouvoir avoir l’approbation du gouvernement pour aller de l’avant et ouvrir des bureaux à Ouaga et peut-être sur le site dès que nous aurons l’accord du gouvernement.

Quelles peuvent être les retombées au profit des populations locales ?

S’agissant de la question des emplois, à moins que nous ne trouvions les qualifications dont nous avons besoin, nous comptons employer des Burkinabè, la priorité étant réservée aux populations de la localité. En attendant la fin de l’étude, nous avons une prévision d’au moins 120 emplois de permanents sans compter les postes indirects. Nous voulons d’ailleurs mettre l’accent sur la formation, de façon à former le plus de gens possible sur place et pouvoir les utiliser pour l’exploitation de la mine. Nous allons nous intégrer aux populations locales, surtout que le projet aura une durée d’environ deux décennies.

Entretien réalisé par 

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga du 9 juin 2008

N.B : Cet entretien a été fait en anglais et sa réalisation a été possible grâce à l’ingénieur géologue François O. Ouédraogo, qui nous a servi d’interprète

 



09/06/2008
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