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Examens scolaires : A l’assaut du mythique bachot

Examens scolaires

A l'assaut du mythique bachot

 

Après le CEP et le BEPC, c'est parti pour le baccalauréat. Hier matin, les 36 652 candidats ont pris d'assaut leurs centres d'examen respectifs et se sont lancés à la conquête de ce premier diplôme universitaire. Pour avoir une idée de l'ambiance qui régnait dans les centres d'examen à Ouagadougou, nous y avons dépêché deux équipes : la première a suivi le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique dans sa tournée. La seconde est allée visiter deux centres d'examen sis au lycée Newton et au lycée Bambata.

 

Pour consulter les épreuves cliquer sur  Français pour le Français et sur Philo pour la Philosophie

 

La première destination du ministre Joseph Paré a été le Collège protestant au quartier Tanghin. Les candidats sont déjà en salle. Assisté du président du centre d'examen, Félix Yaméogo, et de quelques-uns de ses collaborateurs, l'illustre visiteur procède aussitôt à l'ouverture de l'enveloppe contenant la première épreuve.  Après quelques mises en garde contre toute tentative de fraude, le ministre Paré a prodigué ses encouragements aux candidats dont les cœurs battaient certainement la chamade. Cette étape expédiée, il a abordé la particularité de cette session du baccalauréat avec les journalistes présents. "Nous expérimentons le nouveau système du baccalauréat", a-t-il d'abord fait remarquer. Selon cette nouvelle formule, les candidats composent au premier tour dans toutes les matières.  Ceux qui auront la moyenne à l'issue de ce premier round seront déclarés admis, tandis que ceux qui obtiendront une moyenne de 8,50/20 au moins iront au second tour. A propos de rumeur sur un cas de fraude qu'un journaliste a soulevé, le ministre Joseph Paré dira qu'il s'agissait plutôt d'un individu qui prétendait détenir des épreuves. Et de rassurer  que grâce au concours des forces de sécurité on a mis le grappin sur le quidam et qu'il serait hors d'état de nuire. On a donc senti seulement l'odeur du pétrole.

 

Cap sur le lycée de la Jeunesse et sur le grand Zinda

 

Le lycée de la Jeunesse qui est situé à Dassasgho (au secteur 28) est la deuxième étape de la tournée du ministre Joseph Paré. Là-bas également, les candidats des jurys 102 (séries C & D) et 103 (série D) sont en salle et c'est le même scénario pour le professeur Joseph Paré qui a visité quelques salles d'examen, a prévenu les candidats pour ce qui concerne les éventuelles tentatives de fraudes et enfin les a  encouragés. Les impressions du président du centre, le Dr Daouda Kouma, sur le déroulement de l'examen : "Jusqu'à présent nous n'avons pas rencontré des problèmes particuliers et nous souhaitons ne même pas en rencontrer". Après ces souhaits, il a rejoint la salle d'examen à pas pressés pour la distribution des épreuves aux candidats.

Situé au quartier Paspanga, le lycée Zinda est un centre d'examen qui compte 4 jurys (72, 73, 74, 75). Au secrétariat de ce centre,  le ministre Joseph Paré prendra le pouls du déroulement du baccalauréat. Des surveillants venus prêter main forte en cas d'absence échangent brièvement avec le chef du département des Enseignements secondaire et supérieur. Avant de quitter les lieux, il a visité une salle où composaient deux candidats spéciaux. Il s'agit de deux malvoyants, une fille (série A4) plongée dans l'épreuve de philosophie et un garçon (série D) qui planchait sur celle de français.

 

Ambiance au Newton et au Bambata

 

La particularité du centre d'examen sis dans l'enceinte du lycée Newton de Ouagadougou, c'est qu'il est composé, pour plus de la moitié, de candidats libres. En effet, ils sont 259 candidats libres sur les 505 candidats à emprunter, depuis hier matin, les rues grouillantes de la zone commerciale pour rejoindre ce lieu situé à proximité des Editions Sidwaya. Infirmier de profession, Mathias Kambou est venu de son poste d'affectation, Toma, pour tenter sa chance au Bac A4. De même que Lassane Kaboré, reprographe au ministère de l'Administration territoriale qui, après avoir courtisé en vain le Bac D, fait maintenant les yeux doux au bac littéraire. Il y a aussi Habibou Kaboré, résidant au secteur 28, qui projette de faire dans la communication d'entreprise une fois admise. Leur autre point commun est qu'ils sont tous des candidats libres. Dans l'épreuve de philosophie, leur choix a porté sur  le 1er ou le 2e sujet. Comme par coïncidence, ils ont évité soigneusement le commentaire composé, généralement la terreur des candidats. C'est vrai que la formule « Dégagez l'intérêt philosophique du texte suivant à partir de son étude ordonnée » rebute plus d'un. Côté organisation, tout se passait comme sur des roulettes hier dans la matinée. Aucun grabuge, aucun candidat refoulé et aucun soupçon de fraude. Sur la présence ou non du fameux « pétrole », Mahamadou Sawadogo, responsable du centre, répond sans ambages : « On n'a même pas senti son odeur ».

Presque la même ambiance régnait du côté de Bilbalogo, au lycée Bambata plus précisément. En d'autres termes, tout baignait. Foi de Mme Marie Madeleine Diébré, proviseur dudit établissement et par ailleurs président d'un centre d'examen qui accueille près de 1000 candidats à la recherche du Bac A4 ou D. Seulement le matin, des candidats qui n'avaient pas pris soin de venir la veille connaître la salle où ils devaient composer peinaient à se retrouver. D'autres par contre avaient oublié leur pièce d'identité ou leur fiche d'inscription. Ces petits incidents passés, une douce quiétude s'est installée dans le centre d'examen. Une ambiance qui, à écouter Mme Diébré, tranchait avec celle des autres jours. « Il fallait tout préparer : éviter que des candidats de la même classe ne se retrouvent côte à côte, apprêter les listes, trouver les surveillants et les dispatcher comme il faut ... ». Hier dans la matinée, aux environs de 11 heures, des candidats qui avaient fini de composer l'épreuve de philo (série A4) ou de français (série D) devisaient sagement dans la cour, attendant certainement leurs amis ; à l'instar de Laurent Metomane Méda qui passe pour la première fois le bac (série A4) et attend maintenant l'épreuve de l'après-midi qui est l'anglais. Sur le rebord du petit mur entourant le parking, est aussi assise Mme Salomé Kamboulé. Sa fille qui se prénomme Roseline, et  fréquente le lycée mixte de Gounghin, est en salle. « Je suis venue pour l'encourager », nous a dit avec un sourire cette dame travaillant dans un service de  l'Action sociale.

 

Issa K. Barry

Agnan Kayorgo

L'Observateur Paalga du 4 juillet 2007



04/07/2007
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