L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Jean-Pierre Palm et mon agresseur se contredisent"

Drissa Traoré, dit Saboteur (ex-entraîneur des Etalons)

"Jean-Pierre Palm et mon agresseur se contredisent"

L'ex-entraîneur des Etalons, Drissa Traoré, dit Saboteur, a animé hier 8 novembre 2002 un point de presse suite à l'intervention du ministre Jean-Pierre Palm des Sports et des Loisirs sur sa tentative d'agression. Nous vous proposons sa déclaration.

"Je tiens à rétablir la vérité face au peuple en précisant que le mercredi 31 octobre 2007 au stade du 4-Août, en présence de témoins, j'étais en train de suivre un match lors du tournoi UEMOA. A ma gauche, était assis Jean-Baptiste Ilboudo, dit Zagalo, et à droite il y avait un certain Bancé dont je ne connais pas le prénom que j'ai connu comme fonctionnaire du Trésor mais je pense qu'il est à l'INJEPS si je ne me trompe pas. Devant moi, il y a avait d'autres supporters dont Zakaria Yanogo, dirigeant à l'ASFA-Y. A la mi-temps, un monsieur habillé en rouge s'est présenté et a demandé où se trouve Saboteur. Je l'ai vu mais je n'ai pas répondu. Les personnes qui étaient avec Zakaria ont dit : "Le voici derrière". C'est ainsi que le monsieur est venu à ma hauteur, s'est présenté comme étant un journaliste togolais et souhaitait avoir une interview avec moi. Il m'a remis sa carte de visite devant témoins et je lui ai demandé s'il voulait que je fasse l'interview automatiquement ou après et il m'a fait savoir qu'il m'appellerait. Effectivement, l'intéressé m'a téléphoné le lendemain lorsque j'étais à la maison et m'a demandé de venir à l'hôtel Palm Beach annexe. Compte tenu du fait que c'était une télévision étrangère, je me suis habillé et j'ai mis ma cravate et ma veste. Pour l'honneur de notre pays, si on dit que c'est tel entraîneur, il faut que je me présente bien. A l'hôtel, j'ai trouvé le secrétaire général adjoint du comité transitoire de la FBF, Bernard Ouédraogo, dit Kébékébé, qui est le président des anciens internationaux. Le journaliste m'a interviewé sur plusieurs points tels que la participation des pays africains à la dernière coupe du monde, le tournoi de l'UEMOA, la CAN 2008, la formation des entraîneurs, ...

A l'issue de l'entretien, j'ai proposé de leur offrir un pot à l'hôtel Palm beach et ils m'ont fait savoir qu'ils logeaient à l'hôtel Zaka. C'est là-bas que je leur ai offert le pot et nous nous sommes séparés. Après je suis allé au stade. A la fin des matchs, j'échangeais avec des amis quand, à la hauteur de ma voiture, un individu s'avance vers moi et commence à me menacer en présence de mon adjoint Zagalo. Il a voulu m'agresser. Si je n'avais pas gardé mon calme, on se serait empoignés. Je lui ai demandé s'il me connaissait et il a répondu oui en me faisant savoir que je suis venu à l'hôtel Zaka donner des informations sur l'équipe du Burkina à l'équipe togolaise. J'ai une fois de plus demandé : "Est-ce que vous me connaissez bien ?" Il a dit qu'il s'en foutait et a commencé à m'insulter, s'approchant de moi et voulant m'agresser. Les gens qui étaient à côté sont accourus et m'ont fait savoir que ce n'était pas la peine de répondre à ce monsieur. Je suis parti avec mon adjoint chercher la police et il avait mis quelqu'un pour me suivre, ce qu'il a confirmé sur Ouaga FM (Saboteur nous fera écouter effectivement cette partie d'un appareil qu'il a fait venir, ndlr). Lorsque je suis venu avec la police, j'ai demandé où se trouvait le monsieur et on m'a dit qu'il se trouvait à la buvette et a dit qu'il partait voir le ministre. Entre-temps, il sortait de la buvette et arrivé à sa hauteur, j'ai dit aux policiers que c'était ce monsieur. Dès qu'il a vu la police, il a démarré et est retourné à la buvette. Les policiers l'ont pourchassé mais j'ai constaté que personne ne sortait et je suis entré dans la buvette où j'ai croisé le ministre. Il m'a demandé ce qui se passait et je lui ai donné des explications. Il m'a dit que ce n'était pas la peine de l'interpeller parce que c'était le vice-président de l'UNSE et que si je le voulais, je pouvais porter plainte vu que mon intégrité physique était menacée. Il fallait que cette personne soit neutralisée pour savoir ce qu'elle voulait de moi. A mon grand étonnement, je constate qu'on raconte dans la presse certaines choses que je trouve inexactes.

S'agissant du ministre Jean-Pierre Palm, je dirai qu'il est ministre de tous les Burkinabè. C'est un ministre de la République. Il n'était plus dans son rôle lorsqu'il s'est interposé contre l'interpellation du sieur Lassina Traoré qui avait tenté de m'agresser à la sortie du stade. Il a, de ce fait, pris partie pour un Burkinabè contre un autre et il a même faussé le fonctionnement normal des institutions de la République. Après avoir attiré l'attention de l'opinion publique nationale sur le danger qui plane sur une personne en raison de l'attitude partielle du ministre Jean-Pierre Palm, j'ai été surpris de lire et d'entendre que non seulement il fut mon chef, il pouvait me plier physiquement s'il le veut et que l'Etat lui donne cette force de me plier s'il le veut. De mémoire de Burkinabè, c'est la première fois que j'entends un ministre de la République qui ose tenir de tels propos très graves de conséquences. Etant donné que ce sont des personnalités honorables et respectables qui l'ont placé où il est dans les fonctions qu'il occupe, je reste convaincu qu'elles sont mieux placées que moi pour apprécier une telle conduite. Pour ma part je pense, comme les Burkinabè dans leur ensemble, que le ministre n'a pas tenu des propos responsables. Dans L'Observateur Paalga du mardi dernier en page 34, le ministre déclare n'avoir vu Lassina ni avant, ni après le match. Cette version est contradictoire avec celle de mon agresseur et je m'en vais vous le prouver. A la radio Ouaga FM, dans l'interview du lundi 5 novembre 2007, mon agresseur a déclaré sans détour m'avoir fait suivre par un individu depuis le stade. Cela veut dire que les menaces étaient permanentes contre moi. Lorsque cette personne lui a annoncé que j'étais à la police, il a informé le ministre qui est arrivé sur les lieux (confère la cassette...). Pourtant, le ministre a affirmé avoir été sur les lieux par hasard. Qui dit la vérité ? Je laisse le ministre et mon agresseur à leurs propos contradictoires.

En conclusion, que les gens évitent de chercher des boucs émissaires pour camoufler les échecs répétés de notre football. J'en veux pour preuve notre élimination sur tapis vert contre le Ghana, la participation médiocre de nos cadets au Togo, la participation médiocre de nos juniors au Congo, l'élimination des seniors à la CAN 2008 et, près de nous, le tournoi de l'UEMOA où nous avons été éliminés."

Propos recueillis par Antoine BATTIONO

Le Pays du 9 novembre 2007



09/11/2007
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