L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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"Faire bénéficier à notre pays les avantages liés aux économies d'échelle"

Alain Roger Coéfé

"Faire bénéficier à notre pays les avantages liés

 aux économies d'échelle"

 

Homme d'affaires averti, Alain Roger Coéfé, président du Conseil d'administration de la Maison de l'entreprise du Burkina, parle donc avec autorité.

Son séjour en République populaire de Chine aux côtés du FASIB est par conséquent digne d'intérêt. Retour aux sources avec cet ancien ministre du Commerce qui y était déjà en 1984.

 

Depuis quelques années, la foire de Canton est devenue pour vous une tradition.

Quelles sont vos principales motivations ?

 

• Pour nous, il s'agit essentiellement de trouver de nouvelles opportunités pour développer les affaires au Burkina Faso, et amener les opérateurs économiques burkinabè à travailler avec la Chine populaire.

Comme vous le savez, la Chine est devenue l'usine du monde car, tout ce qui se consomme, ce qui se produit pratiquement sur cette planète-là, pour la plus grande partie de la population mondiale, est fabriqué en Chine.

Donc, il est important pour nous d'être présents, et surtout de bénéficier des économies d'échelle, puisque ça nous permet d'avoir les marchandises que nous avons l'habitude de consommer en passant par l'Europe aux environs de 30 à 50% moins chères.

Donc, tant sur la qualité que sur le prix, nous avons des avantages indéniables. Et en plus de cela, nous pouvons développer des relations économiques, culturelles, amicales et fraternelles entre le peuple burkinabè et le peuple chinois.

 

Président du Conseil d'administration de la Maison de l'Entreprise du Burkina, cette année, vous êtes à Pékin, dans le même navire que le Forum d'amitié sino-burkinabè (FASIB). Est-ce à dire que vous partagez les mêmes objectifs ?

 

Oui, certainement ! L'objectif essentiel est d'améliorer le bien-être du peuple burkinabè. Et je pense que les objectifs du FASIB vont également dans ce sens-là.

Nous, c'est le volet économique qui nous intéresse.

C'est-à-dire, tout mettre en œuvre pour que nous puissions participer au commerce mondial, au commerce avec la Chine et faire bénéficier à notre pays et à notre peuple des avantages liés à ces économies d'échelle dont je parlais tantôt, qui permettent d'avoir le meilleur rapport qualité-prix pour les produits que nous importons.

Il faut savoir que, dans le monde, pour les produits de grande masse, il convient de dire que plus de la moitié de ce qui est consommé dans le monde est fabriqué en Chine. C'est donc important que nous soyons là.

 

Mais quel est, aujourd'hui, le volume des échanges commerciaux entre le Burkina et la Chine ?

 

Je n'ai pas les chiffres en tête,  mais puisque vous posez la question alors que je ne suis pas préparé pour répondre, ce que je sais, c'est que le commerce avec la Chine va en s'intensifiant. L'essentiel du coton burkinabè va en Chine.

Certains disent 70%, et d'autres plus. Les produits de première nécessité que vous voyez au pays, tout ce qui est textile, hygiène, habillement, matériaux de construction, etc., commence à venir de Chine.

Ça veut dire que le commerce avec la Chine va en s'accroissant comme cela se fait pour l'ensemble du monde entier. Notre pays n'étant pas hors du globe, forcément, notre commerce avec la Chine va aller en se développant.

 

 Ce constat vous conforte-t-il à dire que les hommes d'affaires chinois sont les bienvenus en terre burkinabè?

 

• En tout cas, comme le dit si bien un adage de chez nous, si tu ne peux rien contre le voleur, il faut l'accompagner. Donc je pense que nous devons accompagner le mouvement et essayer d'en tirer les bénéfices.

 

Si ce n'est un secret, ils sont combien les hommes d'affaires chinois installés au Burkina Faso ?

 

Il y a quelque  un millier de Chinois qui se sont installés au Burkina Faso, qui travaillent dans le commerce général, l'électronique, l'agriculture, dans beaucoup d'autres domaines.

Je pense que cela va aller aussi en s'accroissant.

Il revient au Burkina Faso de créer les conditions pour accueillir ces nouveaux immigrants, ces nouveaux investisseurs et essayer de tirer partie de cette situation, en mettant en place les meilleures conditions possibles pour le développement des relations commerciales entre la Chine et le Burkina Faso.

 

Mais ils sont nombreux déjà les Burkinabè qui redoutent l'invasion des hommes d'affaires chinois. Seriez-vous du même avis ?

 

• Oui ! L'invasion est là, mais il faut faire avec. Je pense que c'est un combat d'arrière-garde !

Il faut s'organiser simplement; travailler, puisque là nous avons un mouvement qui est mondial. Il faut donc appréhender les forces et les faiblesses de ce grand mouvement et voir comment nous pouvons nous y insérer, et tirer notre épingle du jeu, c'est tout !

 

Entretien réalisé  à Pékin par

Bernard Zangré

L’Observateur Paalga du 25 octobre 2007



24/10/2007
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