L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Grilles de lecture de la commémoration 15-Octobre

Commémoration 15-Octobre

Grilles de lecture

 

Abondante que cette littérature qui se déverse dans notre rédaction depuis quelques jours au sujet de cet historique 15-Octobre et des deux commémorations auxquelles il donne lieu : les "20 ans de renaissance démocratique" avec Blaise Compaoré et le 20e anniversaire de la disparition tragique de Thomas Sankara.

Des écrits de toutes teneurs émanent tantôt de personnes connus du grand public tels Me Prosper Farama, Christian Koné, Mamadou Kabré, tantôt de simples anonymes. Chacun y va, comme on dit, de son faïns et de sa grille de lecture, de ses commentaires et de ses critiques. Florilège.

 

"Une erreur morale grave"

 

La semaine dernière, j'ai ressenti de fortes émotions en lisant votre éditorial consacré aux tracasseries du pouvoir pour empêcher les sankaristes de commémorer en toute quiétude le 20e anniversaire de l'assassinat du Président Thomas Sankara. A travers cet éditorial, votre journal s'est élevé contre ces pratiques déshonorantes. 

Je voudrais vous féliciter chaleureusement pour la prise de position de votre quotidien qui s'inscrit ainsi dans la ligne de générosité et de liberté qui incarnent notre peuple. Votre journal, qui a vécu des "vertes et des pas mûres" dans l'histoire récente de notre pays, a su s'élever au-dessus de tout pour atteindre un esprit de grandeur inaltérable que porte le Burkina Faso dans son fondement. Je vous remercie pour cette courageuse prise de position.

Puis récemment encore, à travers votre quotidien, j'ai pu lire la lettre ouverte du "Dr Hien au docteur honoris causa" : une analyse d'une concision de vérités ! Je voudrais dire au Dr Hien que la cause qu'il défend avec toute la ferveur de son âme, je la partage avec lui, et sûrement comme des milliers de Burkinabè. Merci au Dr Hien dont le "papier" mérite respect  et considération.

 

Où sont passés nos chefs religieux ?

 

Je voudrais ainsi conclure.

J'avais toujours pensé que le pouvoir du Président Compaoré s'est établi solidement et n'avait pas besoin de ces "célébrations" de type festif pour se faire valoir. Sur ce point, les zélateurs du pouvoir n'ont pas fait preuve d'imagination féconde au profit du Burkina. Il y a tant d'autres défis qui attendent d'être relevés !

En célébrant le 15 octobre les 20 ans de son pouvoir, le régime Compaoré mesure-t-il toute la douleur provoquée au sein d'une frange de la population ? Il ne faut jamais célébrer des festivités en guise de commémoration le jour anniversaire de la mort d'un homme. Comment d'ailleurs peut-on organiser des festivités en guise de commémoration de son avènement le jour de la mort d'un homme ? Mais où sont donc passés nos chefs religieux ?

Cette célébration des 20 ans du pouvoir le 15 octobre est une erreur morale grave et remet en cause l'esprit de la Journée de pardon.

Et pourtant, l'histoire ne manque pas d'enseignements. Feu le Président Gnansingbé Eyadéma vint aux affaires au Togo après l'assassinat du premier président Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963. Cette journée du 13 janvier devint "problématique". Le pouvoir célébrait ce jour-là une sorte de "fête nationale" pendant que de nombreux citoyens allaient se recueillir sur la tombe du président assassiné. Et, pour que le fête fût belle tout à fait, le pouvoir versait à tous les salariés un "treizième mois" ! Ainsi, le fossé de haine s'est profondément creusé au sein de la société nationale togolaise. Pour combler ce fossé aujourd'hui, vous voyez que le Togo s'est transporté au Burkina pour que le Président Compaoré l'aide à le combler. Et pendant ce temps, au Burkina même, les zélateurs du pouvoir trompent le Président pour qu'il assène le premier coup de pioche le 15 octobre qui ouvrira tout doucement l'autre fossé au sein de la société burkinabè...

Je pleure dans mon cœur, car dans mon pays, il y a encore des gens qui se réjouissent le jour consacré au souvenir des morts. Non ! Jamais je ne me réjouirai de la mort d'autrui !

Mais, les dés étant  jetés, pourvu que les évêques de mon Eglise (très catholique), ne m'offrent plus le spectacle affligeant en déambulant à l'avant-scène de cette manifestation !

 

N'Djaména, le 13 octobre 2007

L’Observateur Paalga du 16 octobre 2007

 

 

Sawadogo Yambangba Alfred auteur de : "Portrait de Sankara", "La polygamie en question", etc.

Adresse permanente : 06 B.P. 90 82 Ouagadougou, Burkina Faso



16/10/2007
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