L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Harcèlement sexuel en milieu scolaire

Harcèlement sexuel en milieu scolaire

Pugsada mobilise ses partenaires autour du sujet

 

C’est une lapalissade que d’affirmer que le harcèlement sexuel est un phénomène réel dans nos établissements d’enseignement. Consciente de  cela, l’Association d’Appui et de d’Eveil Pugsada  (ADEP) a organisé un atelier régional à Koudougou les jeudi 22 et vendredi 23 mars 2007 sur la question, à l’intention d’une quarantaine d’enseignants et d’acteurs de la société civile. Les travaux ont été conduits par la coordinatrice de  l’ADEP, Mme Lougué/Kaboré Hortense.

 

Sixième du genre,  cet atelier de Koudougou avait pour but de favoriser les échanges sur la problématique du harcèlement sexuel des filles et de définir des stratégies de prévention et de lutte contre cette pratique en milieu scolaire. Outre les participants, la cérémonie d’ouverture de cet atelier a été faite en présence du directeur régional de l’enseignement secondaire (DRES-CO), de la directrice régionale  de la Promotion de la femme et de la représentante du ministre de la Promotion de la femme, Mme Traoré Scholastique. De même, le partenaire financier et technique de l’ADEP, à savoir l’ONG Diakonia, y était représenté par sa chargée de porgramme, Mme Elisabeth Lyfors, qui a livré un message aux paricipants.

Au cours de cette cérémonie, la coordonnatrice de l’ADEP, Mme Lougué/Kaboré  Hortense, a confié  que l’une des missions de son association est de contribuer à créer les conditions sociales, économiques et culturelles favorables  à un véritable épanouissement de la jeune fille, épouse et mère de demain. Leur stratégie est basée sur une dynamique de prévention des conséquences néfastes, à travers l’information  et la sensibilisation. Sans ambages, Mme Lougué a affirmé que le phénomène du harcèlement sexuel en milieu scolaire est une réalité malgré le faible niveau de données statistiques en la matière. Face à cette réalité, cette rencontre s’est avérée une opportunité pour mener la concertation à même d’apporter une contribution de qualité aux stratégies de lutte à engager.

Dans son allocution d’ouverture, la conseillère technique du MPF, Mme Traoré Scholastique, a rappelé la volonté du gouvernement  d'encourager les actions entreprises par les acteurs de la société civile dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles en vue d’une jouissance des droits fondamentaux à l’éducation, à la sécurité, à l’intégrité physique et à la santé. Mme Traoré Scholastique a fait remarquer que le harcèlement sexuel est d’autant plus dangereux qu’il est facteur de déscolarisation, d’échec et d’abandons scolaires. Il est à l’origine de grossesses précoces et non désirées, d’avortements clandestins, d’abandons d’enfants, de traumatismes physiques et psychologiques.

A la clôture  de l’atelier, intervenue dans l’après-midi du vendredi  23 mars après la lecture et l’amendement du rapport de synthèse, la coordonnatrice de l’ADEP, Mme Lougué Hortense,  qui s’est  réjouie des résultats et conclusions pertinentes de la rencontre, a dit la reconnaissance de son association aux partenaires  qui les accompagnent dans leurs actions  de protection de la jeune  fille (Pugsada), notamment Diakonia et les ministres en charge de la Promotion des droits humains, de la Promotion de la femme, de l’Action sociale et des Enseignements.

 

Deux questions à Mme Lougué/Kaboré Hortense

 

Quelle synthèse pouvez-vous faire des discussions et des échanges qui ont ponctué ces deux jours de travaux ?

 

Quant à la réalité du phénomène, il n’y a pas  eu de débat. Les enseignants ont reconnu que le harcèlement sexuel existe en milieu scolaire. Les causes sont internes, et externes. Parmi les causes externes, il y a les mass medias qui influencent négativement le comportement des jeunes. Parmi les causes internes, nous avons évoqué les tenues indécentes des jeunes filles, la jeunesse de certains enseignants, qui n’arrivent pas à se maîtriser et se laissent aller au péché de la chair, le manque de responsabilité des parents qui laissent les enfants faire ce qu’ils veulent, l’ignorance par l’enseignant de la déontologie et de l’éthique du métier.

Les enseignants ont surtout proposé des stratégies intéressantes pour  maîtriser le phénomène. Ils recommandent, entre autres, qu’on continue à sensibiliser et à responsabiliser tous les acteurs de l’éducation. Ils ont reconnu la nécessité d’inscrire dans les programmes des écoles professionnelles l’enseignement de la déontologie et de l’éthique du métier et d’insérer l’instruction civique, l’instruction morale et l’éducation sexuelle dans nos établissements. Il y a eu également la proposition de renforcer la création des clubs scolaires conformément aux conclusions de l’expérience pilote menée par l’Association Pugsada, pour éduquer et responsabiliser davantage la jeune fille. Enfin, il a été proposé de légiférer pour combler le vide juridique en matière de harcèlement sexuel en milieu scolaire. Mais avant ces textes, nous devons commencer et renforcer la sensibilisation.

 

L’idéal de voir ce phénomène éradiqué dans nos établissements d’enseignement sera-t-il une réalité un jour ? Vous y croyez ? 

 

Eradiquer le harcèlement sera peut-être une utopie. Il y a beaucoup de maux. On lutte pour les réduire. Eradiquer ce phénomène constitue notre rêve, notre souhait. Mais pour rester objectif, on ne parle pas d’éradication, mais de véritables changements de comportement à travers un réel travail de sensibilisation. Nous pensons que le phénomène va crecendo, compliqué par l’absence de statistiques. Mais notre action a permis de briser le silence, d’éveiller les consciences et d’aboutir de plus en plus à des dénonciations, à des plaintes de jeunes filles. L’une de nos actions futures, c’est de mener une étude sur le terrain pour nous convaincre de la réalité de ce phénomène et disposer de données statistiques afin d’intensifier nos actions à même de réduire le phénomène du harcèlement sexuel. 

 

Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga du 30 mars 2007



30/03/2007
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