L'Heure du Temps (Blog d'Information sur le Burkina Faso)

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Heureusement qu'il nous reste la Guigui

Heureusement qu'il nous reste la Guigui

 

Megd’! Malgré cette canicule qui décime particulièrement les personnes âgées, personne ne semble se préoccuper du sort de nos pépés et nos mémés. Dans ce pays de misère et dans cette ville de megd poussiéreuse et chaude, c’est du chacun pour soi et la mort pour tous. C’est tant pis pour les vieillards qui n’ont pas les moyens de survivre au frais. Megd’alors !

Le Faso, ce n’est pas la France. Là-bas, au moins, on a la possibilité de demander des comptes au ministre en charge de la Santé des papys et des mamys. Ici, on s’en fout. Ils peuvent mourir par milliers, cela ne fera ni chaud ni froid au gouvernement. D’ailleurs, depuis quelques semaines, ils ont d’autres chats à fouetter. Megd’! Notre santé, cela leur importe peu. Ces milliers de personnes qui ont payé de leur vie, cette année encore, le tribut de la méningite ne sont pas mieux loties que les vieux et les vieilles. Ce qui me fait le plus mal dans ce foutu bled, c’est que personne n’ose lever le petit doigt pour dire un megd’ massue et franc à tous ces gars qui laissent les gens mourir, comme ça. MEGD’ALORS!


Le pire, ce sont ces politiciens qui nous pompent l’air, alors qu’ils ne font rien pour nous sauver de la misère ambiante. Il y a cinq ans, j’espérais encore que des élections pouvaient changer quelque chose dans ce pays. Les yeux pleins de lumière, je me suis laissé berner - comme plusieurs autres gaous - que la démocratie allait nous aider à améliorer nos pauvres vies. Que nenni! Les choses sont allées de mal en pis. Pire, parce que tous les produits de première nécessité sont hors de prix, je sirote de moins en moins de la bibine. Pour plusieurs d’entre nous, la vie est devenue un luxe dans ce pays. Megd’!


Si ce n’est pas le virus H5N1 de la grippe aviaire qui te coupe l’appétit, c’est le méningocoque qui te casse le coup, ou la canicule qui arrache ton grand-père ou ta grand-mère à ton affection. Sous cette chaleur impitoyable d’avril, il est de plus en plus difficile de rêver. Ce n’est pratiquement pas possible puisque, pour rêver, il faut dormir. Avec des murs qui dégagent 50° le soir et à l’ombre comme le font ceux de ma cabane dans un non-loti perdu de Simonville, c’est l’enfer sur terre. Que l’on ne s’étonne pas de ne pas me voir aux urnes le 6 mai! Rien ne prouve d’ailleurs que je serai toujours vivant jusqu’à ce fameux jour du scrutin législatif. Megd’alors.

Journal du Jeudi 813 du 19 au 25 avril 2007



25/04/2007
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